‹ De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue [microform]Chapitre 78 sur 196 · CHAPITRE II, § II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II, § II

giens aux Carlovingiens, etdesCarlovingiens aux Capétiens. IL — Le droit de déposition que l'Eglise possède manifestement doit-il s'exercer contre Henri III? Oui, pour dix causes, pour dix crimes patents.

1. — Henri III est parjure. Or, les parjures sont incapables de gouverner, et on lésa toujours déposés. (Accusation, puis impossibilité de régner quand on est coupable du crime indiqué , enfin exemples historiques , telle est la méthode syllogistique, uniforme, que Boucher reprend à chaque ordre de faits nouveau. Il suffit d'indiquer ce procédé.)

2. — Il est assassin et parricide , quod innoxii principes cœsiy quod propinqui, quod per assassinos. Il n'y avait pas à ce crime le moindre prétexte, pas même l'ambition du Balafré : Guisius ambitionis expers (1).

3. — Il est meurtrier - sacrilège , car il a tué l'évêque Louis.

k, — Il est fauteur d'hérésie. On se rappelle les édits de pacification , le secours qu'il a donné aux Réformés de Flandre , la désignation du roi de Navarre comme son successeur, le serment qu'il a gardé , fides servata (2), à cet hérétique.

5. — Il est schismatique. C'est une usurpation sur les droits de l'Église , sur les droits du peuple, de se servir comme il le fait de la formule : « Tel est notre bon plaisir, » et de dire : « mon état, mon royaume, mon clergé, ma noblesse, mes sujets, » au lieu de c( notre état, etc. »

6. — Il est simoniaque. N'a-t-on pas levé par ses ordres des impôts sur les sacrements? N'y a-t-il pas eu un tarif: quinze sous pour les mariages , dix sous pour le baptême des enfants mâles, cinq sous pour celui des filles, et cinq sous pour les enterrements?

nistres responsables quand il ajoute : « Regni non régis ministri in Gallia » (p. ii).

(1) Pag. 87.

(2) Pag. 126.

7. — Il est sacrilège. Ne s*est-on pas emparé en son nom des biens du cardinal de Pellevé? Boucher ajoute, à propos des couvents et des religieuses (1), des détails que le P. Sanchez, ou tout autre casuiste de même espèce, eût à peine insérés. Malgré le vers de Boileau, on ne peut citer même en latin.

8. — Il est magicien. Les sortilèges qu'il a essayés sur d'Épernon , à l'aide d'un serpent , sont avérés. De plus , on a trouvé des chiffres, des caractères inconnus, des noms horribles tracés par lui dans des cercles ; on a découvert des croix entourées de satyres (2).

9. — Il est impie. Qui l'a jamais vu se découvrir devant l'hostie? Qui ne sait que ses affreux mignons ont été enterrés dans l'église Saint-Paul?

10. — EnGn il est anathême. Le pontife ne l'a pas absous. IIÏ. — Le peuple doit exercer son droit de déposition

contre Henri III , quand même le saint-père lui pardonnerait (3). Ainsi la pénitence peut lui rendre le royaume du ciel, elle ne peut lui rendre son royaume de France. Il y a à cela huit raisons.

1. — Il est perfide. Les Turcs eux-mêmes n'ajouteraient point foi au récit exorbitant que Boucher en pourrait faire.

2. — Il a lésé la majesté de la république ; il a lésé les trois ordres en dissipant le trésor. L'appui des princes étrangers ne le sauvera pas.

3. — Il est tyran et ennemi de la patrie. Or, il est permis de tuer un tyran. C'est le droit, c'est le devoir de chacun en particulier, du premier venu. L'histoire a absous et enregistré avec honneur les noms des régicides (4),

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