IV. —On ne doit pas attendre la formule du jugement
(i) V. les détails, p. 364. — Voir aussi p. 335. — Boucher ose avancer que la haine de Henri III contre le cardinal Louis de Guise n'avait d'autre fondement que les refus qu'il en avait essuyés dans sa jeunesse. « Ce conte, (dit Voltaire qui avait beaucoup vu quoi qu'on en dise) ressemble à toutes les autres calomnies dont le livre de Boucher est rempli.» (Not. sur la Henriade, ch. i, n. 4.)
(2) Pag. 316.
par les États , la déposition régulière. Il y a urgence. La Ligue n*est pas offensive , elle n'est que défensive. Après avoir inséré tout au long le serment de l'Union et la bulle de Sixte-Quint, Boucher, abandonnant la forme didactique qu'il avait suivie jusque-là , procède par apostrophes , par tirades, et parodie la forme des Catilinaires. Tantôt c'est à Henri III lui-même qu'il s'adresse , ce monstre plus hideux que les cyclopes, pejor cyclopibus; tantôt c'est aux chrétiens pour qu'ils fuient l'excommunié ; au clergé , à la noblesse , au tiers-état , pour qu'ils se retirent de cette faction ; aux magistrats surtout, pour qu'ils n'imitent pas les vils conseillers du parlement restés fidèles au tyran, gloriœ animalia^ puhlicorum exitiorum ventres.
Mais tout à coup Boucher s'interrompt. « Voilà , s'écriet-il , que tandis que nous écrivons, tandis que la chaire , les conseils publics, l'organisation de l'armée prennent nos moments et interrompent nos méditations , voilà qu'une nouvelle se répand, mirabilis simulac terribilis. Un jeune moine, un autre Aod , plus courageux qu'Aod , et vraiment inspiré par le Christ, par la charité (1), a renouvelé l'œuvre de Judith sur Holopherne , l'œuvre de David sur Goliath. Jacques Clément n'a fait sans doute que mettre en pratique une doctrine devenue générale (2) ; mais son courage, ce dessein si glorieusement achevé, et qu'il avait révélé à l'avance à quelques-uns (à Boucher peut-être), qiiod nonnuUis ipse revelaverat, tout cela mérite la reconnaissance et a répandu la joie, une joie sainte , dans le cœur des gens de bien (3). Gloire à Dieu! la paix est rendue à l'Église , à la patrie , par la mort de cette bête féroce , truculentissimœ bestiœ. » Et Boucher ajoute , avec une féroce et puérile hilarité : Clément lui a
(1) ... Aller Aiod , imo etiam fortior (p. i51).— Ultore Christo (p. i52). — ... Per summam charitatem (p. 453).
(2) ... Quod aliis plerisque in ore erat cîedendos tyrannos (p. 450).
(3) ... Incredibilis bonorum omnium gaudio et exultatione [ibib.).