PART DE L’OUVRIER
A chacun eeluu fia farce et son activité.
Nous avons démontré comment on peut donner satisfaction à Ja tête du corps social, c’est-à-dire, à Yinuenlew, en le rendant propriétaire de ses œuvres, de quelque nature ou qualité qu’elles soient ; nous avons également expliqué comment 1 industrie et le commerce pouvaient être moralises, par le moyen des marques obligatoires.
Voyons maintenant quel bénéfice résultera de tout ceci, pour la masse des travailleurs et même des individus sans profession, qui ne trouvent pas un emploi constant et régulier de leur force musculaire, de leur activité.
N’est-il pas vrai que la concurrence des bras entre eux, cause de 1 abaissement des salaires, disparaîtrait bientôt si
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Ton donnait aux hommes intelligents la possibilité de s'affranchir et le droit de sortir de la classe manouvrière, pour entrer dans celle des inventeurs, des fabricants, des marchands ou des propriétaires, en leur garantissant la possession des fruits de leur génie, de leur talent, de leur adresse et de leur probité?
Or, cette garantie donnée au travail, augmentant considérablement la production manufacturière et les transactions commerciales, nécessiterait bientôt le concours de tous les bras disponibles, y compris ceux des femmes, des enfants, des vieillards*
C’est assez dire que tout le monde trouverait du travail, si le travail était, non pas encouragé, mais seulement protégé par la loi. Le travail est le fonds qui manque le moins .
Mais ce qui manque au travail, c’est la sécurité, c’est la certitude qu’on ne verra pas son industrie, montée sur un petit capital, écrasée par un capital plus fort.
Soyez persuadés, que sî cette garantie existait, il ne resterait plus une seule intelligence en jachère, plus un seul bras inoccupé, dans les mêmes contrées ou il n’y a pas cinq individus sur cent qui remplissent complètement leur journée, pas dix sur cent qui travaillent un demi-jour, et pas vingt sur cent qui tassent le quart de ce qu’ils pourraient faire.
En résumé, posez le grand principe : Chacun doit être propriétaire et responsable de ses œuvres* et par suite proportionnellement et inégalement rémunéré, et traduisezde en lois :
Faites que les mille et une inventions de l’industrie deviennent la chose de ceux qui les font.
Faîtes que la clientèle et Y achalandage puissent rester la propriété de ceux qui les forment.
Faites qu'un livre, qu'un tableau, qu'un opéra, qu'une recette, qu'une méthode, appartiennent à ceux qui les conçoivent, qu’ils puissent leur donner une forme ou une valeur commerciale ou marchande quelconque.
Permettez enfin à ceux qui défrichent l'un ou Vautre coin des jachères commerciales de s'enclore chacun chez soi et de travailler chacun pour soi.
L'oisiveté n'aura plus d'excuse. Tous les hommes capables auront acquis le droit et la possibilité de s'asseoir au festin de la vie.
N'hésitez pas u créer des milliers et des millions de monopoles de Vespèce de ceux que nous indiquons. Ceux-là ne sont pas plus dangereux que les monopoles de la propriété foncière, parce qu'ils rVempèchent pas plus le voisin de faire une meilleure invention, que vous ne pouvez l'empécher de bâtir une maison plus belle ou plus commode que la vôtre. Les anciens privilèges acquis à prix d'argent pétri liaient, l'industrie, étouffaient le génie des recherches et s opposaient à tout progrès ; les nouveaux n'exciteront qu'une noble et incessante émulation entre les travailleurs* Il Faut tâcher, par tous les moyens possibles, de concilier l'ordre avec la liberté ; mais on n'y saurait parvenir qiVà l'aide de lois et règlements, destinés a assurer h chaque citoyen la jouissance des droits communs .
Il ne faut pas permettre une lutte inique contre le génie, le talent et la probité: la société doit empêcher que le plus riche écrase le plus savant et le dépouille d'une propriété intellectuelle qu'il a créée.