‹ De la démocratie industrielleChapitre 7 sur 31 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

rihsus de ««le.

La fabrication des étoffe s dè soie est, sans contredit, celle qui fait le plus d'honneur à notre pays. Des concurrents ont pu, en Suisse et dans les provinces Rhénanes, à l'aide de prix de main-d'œuvre moins élevés, lutter pour les tissus unis, maïs pour les tissus brochés une supériorité réelle et in cou Lestée nous est toujours restée.

Cette magnifique industrie qui acquiert à des prix élevés toute la soie dont la production enrichit le midi de la France et qui lui tient ouvert un débouché au moins égal, vu la quantité de soie qu'elle acquiert à l'étranger, produit une valeur de 250,000,000 de lr. avec 100,000,000 ft\ de soie. Sur cette quantité 00 h 80,000,000 Fr* sont consommés en France et le reste est exporté*

Tout le monde connaît F organisation de l'industrie de la soie si essenliêlleme nt démocratique. On sait queles métiers, m nombre de -45,000 dans l'arrondissement de Lyon, de 50,000 dans celui de Saint-Etienne, ceux-ci spécialement consacrés aux rubans, en nombre considérable quoique moindre à Nîmes, a Avignon, etc*, appartiennent à des chefs d'ateliers qui en possèdent deux ou trois et que les grands établissements n'ont jamais pu soutenir la concurrence des

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petits ateliers. Chaque article ou plutôt chaque division d article exigeant u ne pratique spéciale, forme T objet de la fabrication d'un grand nombre de fabricants qui rivalisent avec une ardeur et une habileté extrêmes pour obtenir les meilleurs résultats. Il serait impossible d'analyser les mille progrès de détail qui s'accomplissent chaque jour au milieu de cette population intelligente et laborieuse, de décrire avec quelle rapidité se produit le progrès continu qui assure la supériorité de notre fabrication. Sans parler de l'admirable invention de Jacquarl qui a tant accru la fabrication des étoffes façonnées, que de découvertes importantes depuis quelques années 1 Le battant brocheur, le métier pour faire les peluches en double, etc., et tant d'autres sont venus montrer combien était fertile celte émulation entre un nombre aussi grand de producteurs travaillant tous avec le stimulant de l'intérêt personnel. lît quant à l'art du dessin, quelle fécondité admirable de création due à ces élèves de l'école de La Martinière, où vont les chercher, pour utiliser leur goût, des fabricants qui ont dü bien des fois à leur seul talent comme dessinateurs d'arriver h la tête de la fabrique lyonnaise.

Certes, si l'organisation d'une industrie doit être prise pour modèle par un pays, c'est bien celle de la fabrication qui jouit partout d'une supériorité incontestée, car c'est bien certainement celle qui utilise le mieux toutes ses ressources industrielles. À ce titre, l'organisation démocratique de l'industrie lyonnaise nous paraît un modèle à suivre, et la confirmation directe des idées que nous avons émises en commençant.

Nous savons bien que malheureusement le travailleur Lyonnais ne retire pas toujours tout le bénéfice que devrait

lui procurer son travail, à cause de la pression qu exerce sur lui le commerçant, mais ceci tient à une vicieuse organisation du commerce et non du travail industriel

Tissus de laine.

Autrefois la draperie française avait une très-grande réputation, et si celle-ci est toujours méritée, la concurrence étrangère n'eu est pas moins venue réduire nos exportalions.

Le droit élevé qui gène l'importation des laines étrangères paraît la cause principale de ce fâcheux résultat.

L’industrie des laines nous offre deux vérifications bien remarquables du principe que nous cherchons à établir dans ce travail.

Deux villes voisines de la Normandie, Elbeuf et bouviers sont à la tête de la fabrication des draps; presque égales en 1817, les productions de ces deux villes ont marché d'une manière toute différente, et celle d'Elbeuf est aujourd'hui quadruple de celle de bouviers. D'où peut venir une semblable variation? de l'organisation démocratique de la fabrique à Elbeuf et pas d'autre cause*

Tandis qu'à Louviers des établissements complets réunissent la filature, la teinturerie tissage, les apprêts, etc,, à Elbeuf il ne se rencontre que peu de fabriques de ce genre, tandis qu'il existe un nombre considérable d'établissements faisant une seule de ces opérations et même souvent une division de ces opérations.

De là, une émulation inouïe pour faire plus rapidement

plus simplement, ïi meilleur marché chaque opération; de là enfin, supériorité et progrès de là fabrique d’Elbeuf.

Si la fabrication de draps a pu, grâce à Y activité d'Elbeuf et des petites fabriques du Midi, organisées sur des bases analogues, conserver un débouché important, c'est surtout dans la création de nouveaux produits que l'organisation, démocratique a montré sa force.

Lorsqu'il y a quelques armées la grande mesure d'une union douanière entre la France et la Belgique fut proposée, les représentants de T industrie des draps se récrièrent en disant qu'Elbeuf serait tué par Verviers.

Verviers est en effet le centre d'une fabrique de draps d'une très-grande importance.

Moins gênée par les droits de douane sur la matière première, ayant la houille, le fer, la main-d'muvre à meilleur marché qu en France, la fabrique belge est dans une position extrêmement avantageuse. Joignez à cela que cette fabrique, déjà prospère sous l'empire, ayant à cette époque un débouché considérable pour ses produits, a réalisé des bénéfices considérables; tout le monde connaît la richesse des familles Simôofs, Biolley, qui sont à la tête de celle industrie.

Mais depuis l'époque où, pour la première fois, il fut question d'union douanière entre la France et la Belgique, une fabrication nouvelle est survenue, c'est l'article dit nouveauté, qui pour nombre d’emplois est venu se substituer au drap. Résultat de combinaisons extrêmement variées clans le tissage, la teinture, l'emploi de matières premières diverses, cet article était éminemment propre à utiliser la fécondité d'invention de nos fabriques d’Elbeuf, de Roubaix, etc. Aussi la fabrication de ees articles a-t-elle pris

un développement considérable et les grands établissements de Verriers sont-ils impuissants à soutenir la lutte contre ces produits qui varient sans cesse* A peine ia fabrication d'irn de ces articles y est-elle organisée, que déjà des articles plus nouveaux sortent des ateliers français et font abandonner les anciens*

Aussi quand dernièrement de nouveaux projets d 1 union douanière ont été discutés en Belgique, a-t-on vu Yerviers effrayé d'une union fort désirée quelques années auparavant et redoutant une concurrence dont on avait espéré alors avoir assez bon marché.

Si de Vindustrie dés draps et du travail de la laine cardée, nous passons au travail de la laine longue, de la laine peignée, nous arrivons à une industrie qui a pris en France de magnifiques développements et qui fait le plus grand honneur h F intelligence de nos fabricants. Faire en laine toutes sortes d'étoffes légères était un des plus beaux problèmes à résoudre, et on peut dire que la France Va admirablement résolu. Mais si la filature permettant la fabricacation des mérinos et étoffes semblables avait un débouché propre, quelle assistance a trouvé celte industrie dans l'emploi Intelligent de ses produits mélangés avec le coton, de la soie, servant h fabriquer des châles, mille étoffes variées, notamment la mousseline-laine imprimée. Lalainelongue est devenue une de& bases capitales de notre industrie, une de celles à la prospérité de laquelle nous devons veiller le plus attentivement; et certes ce n’est pas son moindre élément de succès que le travail intelligent des nombreux fabricants de Lyon, de Reims, de Roubaix, etc*

Colons fmiirlm^.

La filature du coton est aujourd'hui une des plus belles industries de la France. Le nombre et l'importance des établissements qui filent le coton ne sauraient être niés, et cependant nous aurions grand-peme h lutter avec l'Angleterre, si la prohibition tombait. Mais il n'm est plus ainsi quand le tissu de coton a été imprimé.

C'est donc à nos nombreux dessinateurs, teinturiers, à nos nombreuses fabriques d'impression que nous dévoua surtout le débouché important, que la filature ne saurait trouver seule. Nous en reparlerons plus loin.

Notons seulement ici, les bazins piqués, et articles divers, qui s'exportent grâce aux petits ateliers de Roubaix ; la mousseline fabriquée à Tarare (avec des fils anglais le plus souvent) dans des ateliers semblables à ceux de Lyon, et on en conclura que notre supériorité n'est pas encore ici dans l'industrie automatique.

B«LUte«.

Malgré la découverte de la filature du lin h la mécanique qui tend h déplacer la production des fils et toiles fie chanvre et de lin, il est un article de la production duquel la Flandre a su garder le monopole et qui donne lieu à une exportation importante. Ce sont les batistes Lissées avec des fils d'une finesse et d une régularité admirable, que ne peut créer le travail mécanique et que produisent si admirablement nos paysannes de la Flandre,

DEMOCRATIE ISDUSTUIELLt.

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