‹ De la démocratie industrielleChapitre 8 sur 31 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

Industries cliïmlque».

L'importance, le brillant avenir réservé en France aux industries qui reposent sur les sciences chimiques n’a pas encore été assez apprécié à sa juste valeur, La dlftusion des connaissances qui existe dans notre pays (où la chimie a véritablement pris naissance), le rôle assez restreint du capital dans la fabrication de produits qui n 'exigent en géné^ ral pour être créés que des établissements tormés de quelques fourneaux et quelques hangars, ce qui permet presque toujours à celui qui fait la découverte d'en récolter les profits ; l'appui mutuel que se prêtent les usines de ce genre en se multipliant, une fabrique nouvelle utilisant souvent les résidus de Tusine voisine, telles sont les causes qui nous font considérer les industries chimiques comme d'une extrême valeur pour notre pays.

Bien des personnes, à force d'entendre parler de forces motrices, de machine h vapeur, s’imaginent h. tort que sur celles-ci repose toute fabrication.

En effet l'industrie ne se propose pas seulement de modifier la forme des corps comme le fait l’industrie mécanique, elle se propose encore souvent de diangerleur nature môme, c’est le but de l'industrie chimique. Etsi une découverte moderne pouvait être mise en parallèle avec la machine à vapeur, nous ne croyons pas quon pût en trouver une plus importante que celle de la fabrication de l'acide sulfurique dans les chambres de plomb, qui en permettant de pro-

3C démocratie industrielle.

(luire cet acide à bas prix, a mis à la disposition de V industrie une source précieuse de force chimique*

Passons en revue quelques-unes de 110 s principales industries chimiques.

L'acide sulfurique et la soude sont les deux principaux produits créés parle progrès des sciences chimiqués. Fournissant un acide etun alcali puissants, ils servent d'éléments pour la création d’une foule d’autres produits. La fabrication de la soude notamment dont l'absence par suite delà cessation du commerce extérieur fut un instant bien durement sentie pendant les guerres de la révolution, est un des plus beaux legs de celle glorieuse époque. Provoqués par l’appel des comités révolutionnaires à extraire la soude du sel marin, les chimistes proposèrent divers procédés. L'adoption de celui de Leblanc après de nombreux essais lit naître une industrie, qui non-seulement nous a affranchis d’une importation annuelle de 8 ou 10 millions, mais encore nous a permis une exportation importante de divers produits dans lesquels entre la soude, bien que sa préparation se fasse aujourd’hui dans tous les pays. Lite nouvelle découverte due au savant M. Ballard permet d extraire directement le sulfate de soude des marais salants et est appelée à conservera la France sa supériorité dans cette production*

La fabrication des savons a pris une grande împortance en France par suite du bon marché de la Soude; on sait à quel degré de prospérité, à quel nombre considérable d'établissements de ce genre a atteint la Fabrique marseillaise, qui trouve aujourd’hui une concurrence dans la savonnerie parisienne créée surtout pour utiliser les résidus de la fabrication des bougies stéariques, dont

DÉMOCRATIE LSDUSTIUELLE.

3a découverte est due à M. Chevreul, qui a doté notre pays d’une industrie extrêmement profitable.

La parfumerie est devenue une annexe importante de la savonnerie* tant par la variété des produits que par le goût avec lequel on sait les disposer pour la vente»

Les amidonnenes , les fëcuteries, la fabrication de la colle jhrlc f du noir d'os, du phosphore, etc-, ont un grand développement et fournissent d'importants produits.

La tannerie est une des industries les plus rebelles aux progrès que la chimie tente d'apporter aux anciennes méthodes. Cependant des essais nombreux n’ont pas été sans fournir de précieux résultats, et tout fait prévoir le jour où l'opération du tannage des peaux sera basée sur des procédés méthodiques et expédiLifs,

La papeterie est une industrie dont la prospérité est assurée par L'abondance de la matière première, grâce à h grande consommation du linge de chanvre et de lin en France. Il s’est accompli dans cette industrie une concentration due à rmvention des machines à papier continu, qui ont fait remplacer par un petit nombre de grands établissements, les nombreuses papeteries à la forme qui dans certains pays se trouvaient dans chaque village situé sur un cours d'eau* La réalisation de ce progrès, regrettable au point de vue de T intérêt d'un grand nombre de petits fabricants, était inévitable ; il en est nécessairement ainsi lorsqu'une fabrication simple devient possible par un ensemble entièrement automatique.

C'est surtout sous le rapport des procédés chimiques que ht papeterie française est remarquable; le blanchiment au chlore ; la colle de résine, etc., sont desuwenhons françaises. Les couleurs forment un important article d’exportation,

jjg DÉMOCRATIE INDUSTIUKLLE,

Lw glam cûuitks sont fabriquées en France, avec une véritablc supériorité, dans les beaux établissements de Saint- Gobain et Cirey. Nous verrons plus loin que nos grandes cristalleries, malgré la beauté de leurs produits, ne peuvent lutter à l'étranger avec les petits établissements de ta Bohême*

Page 1