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Les solutions sont renfermées dans de petits flacons contenant une once (285',34).
. Pour faire tomber la goutte de sang dans l’eau salée, Roy se sert d’une seringue à injections hypodermiques dont l’aiguille a été modifiée de façon à pénétrer un peu dans l’intérieur du corps de pompe. I remplit la seringue d’une des solutions d’eau salée, aspire ensuite une goutte de sang, et observe alors ce qui se passe. Si la goutte reste immobile, la densité est trouvée, sinon on recommence avec une autre solution jusqu’à ce que l'on arrive au résultat voulu.
Les solutions que Roy propose pourraient paraître en bien petit nombre et surtout ne pas avoir des densités assez faibles, mais il convient de faire remarquer que cet auteur n’a étudié que les variations physiologiques de la densité du sang.
Lloyd Jones à fait à cette méthode une critique qui me paraît juste. Dans l'aiguille de la seringue il reste un peu de liquide une fois que cette seringue est pleine, et quand le sang est aspiré à son tour, il n’est plus seul, mais on a un mélange de sang et de liquide, par conséquent le résultat est faussé. |
Schmaltz a critiqué encore plus en détail la méthode de Roy. Ilse demande s’il est possible de déterminer par cette méthode la densité d’un liquide où il y a des éléments corpusculaires en suspension. Gette objection n’a, je crois, aucune valeur, la goutte de sang forme un tout, qui a sa densité propre, et se comporte de la sorte dans Ja solution saline. Ge n’est qu’au bout d’un moment qu’elle se divise et qu’alors les éléments corpusculaires peuvent se séparer.
Une autre objection de Schmaltz me parait plus juste.
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Il reproche à la méthode d’être longue et compliquée, d'exiger chaque fois plusieurs échantillons de sang. C’est très vrai, aussi cette méthode n’a-t-elle guère été employée en clinique, où les méthodes longues et difficiles ont peu de chances de succès. Enfin c’est la première méthode originale que nous trouvions, c’est elle qui à inspiré les autres, et, bien que Schmaltz et Peiper la trouvent longue et compliquée, elle me paraît infiniment plus pratique que celle proposée par ces auteurs eux-mêmes.
Récemment un auteur anglais W. Hunter, dans ses recherches faites au laboratoire de pathologie de Cambridge
sur la transfusion péritonéale de sang, a employé la
méthode de Roy pour voir les variations de la densité du sang 1.
Drocele de Lloyd Jones.
Un élève de Roy, E. LLoyp Jones? , Demonstrator of pathology à l'Université de Cambridge, a étudié d’une façon très complète la densité du sang à l'état physiolo-
A method of raising the specific gravity of the blood (Journ. of phys., 1890).
* On the variations in the specific gravity of the blood in health (Journ. of physiology, 1887). — Proceedings of theabernethian Society, 20 oct. 1887 (St. Bartholomew's Hosp. Rep., 1888, p. 314.) — The Hæmobarometer {British med. Journ., 1888, 1). — On some blood changes met with in renal diseases (Practitioner, XL, 1889). — Note on some properties of sodium silico fluoride (Brit. med. Journ., 1890). — Further observations on the specific gravity of the blood in health‘and disease (Journ. of Physiology, 18). — Annual Meeting of the British medical Association, held in Bournemouth, July, 1891.
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gique, puis à l’état pathologique. Il a publié sur ce sujet une série de travaux dont j'aurai souvent à parler dans cette thèse. Pour faire ses recherches Lloyd Jones a employé la méthode de Roy, la méthode initiale que j’ai décrite tout à l'heure, mais il l’a notablement perfectionnée. Voici quelle est sa technique.
Les solutions sont formées d’eau et de glycérine. Pour empêcher les fermentations, Lloyd Jones y ajoutait d’abord du thymol ou du bichlorure de mercure. Quand on veut employer ce dernier sel, il recommande de maintenir les solutions pendant vingt-quatre heures dans une étuve à 40 degrés, puis de les filtrer. Plus tard, l’auteur anglais a substitué au bichlorure de mercure qui décomposait la glycériue dans de certaines conditions, le silico-fluoride de sodium (hydro-fluo- silicate de soude). Il faut pour cela des solutions neutres ou légèrement acides ; dans les solutions alcalines le silico -fluoride de sodium est sans effet. Les solutions se conservent très bien. Les solutions sont faites à 15 degrés et leur densité est prise aves un aréomètre. |
Lloyd Jones prépare de 20 à 25 solutions dont les densités sont de 1027 à 1075. Il conseille les densités : 1030 - 1033-1036-1039-1042- 1045-1048- 1050 - 1052-1054- 1056 - 1058 - 1060 -1062-1064-1066-1069- 1072. Les solutions sont renfermées dans de petites bouteilles de verre d'environ 1 once (28£",34), bien bouchées avec des bouchons en caoutchouc. ‘Fous ces flacons sont placés dans une case en cuir rendant le transport facile.
Il a de plus de petites éprouvettes capables de contenir 1 drachme de liquide (3:",888).
Le sang est obtenu par la piqûre du doigt à l'aide d’une
aiguille à suture bien pointue. Il fait la piqûre au doigt, près de l’ongle, au milieu de la face dorsale. Il recommande de ponctionner vivement et assez profondément pour ne pas avoir à recommencer. Il faut éviter de faire une ligature arrêtant la circulation, éviter de presser le doigt. Cependant une pression rapide quand la piqûre est bien faite ne change pas le résultat. Il est préférable de choisir toujours le même endroit, le doigt du milieu par exemple.
Une fois la goutte obtenue, Lloyd Jones la fait pénétrer par aspiration dans une petite pipette en verre. Il faut que cette pipette ait des dimensions convenables, ne soit ni trop grande ni trop petite. À sa grosse extrémité est adapté un tube de caoutchouc se plaçant à la bouche et permettant d’aspirer la quantité voulue de sang. Il faut avoir une colonne de 6 centimètres de long en moyenne. La partie effilée de la pipette n’est pas rectiligne, elle est coudée à angle droit tout à fait à la pointe.
Cela fait, on porte la pipette dans une des solutions préalablement versée dans une des petites éprouvettes de verre et on fait tomber une goutte de sang en soufflant délicatement dans le tube de caoutchouc. On doit, de suite, bien observer le chemin que prend le courant sanguin, car plus tard, on voit la goutte ou une de ses parties tomber au fond. Il est probable qu’au bout de quelques instants les globules se séparent et tombent. On cherche alors, comme dans la méthode de Roy, par une série plus ou moins longue de tâtonnements, une solution dans laquelle la goutte reste bien en équilibre. On connaît alors la den sité du sang.
La colonne de sang renfermée dans la pipette peut servir pour plusieurs essais, à condition qu'il n’entre pas
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de la solution glycérinée dans l’intérieur, mais en dehors de cela la pipette doit être changée chaque fois que l’on prend un nouvel échantillon de sang.
La coudure de la pipette capillaire est destinée à combattre la tendance que le sang aurait suivant les cas à monter ou à descendre par suite de l’inertie.
Lloyd Jones fait remarquer qu’il est inutile de tenir les solutions à une température constante 60 degrés F, (15 degrés centigrades). La température, en effet, ne change pas les résultats, ou dans des proportions tout à fait négligeables comme l’ont montré des expériences faites sur ce sujet. La goutte de sang a presque de suite la même température que le mélange, et par conséquent, la température du sang et du mélange étant la même, les densités des deux liquides varieront ensemble et le résultat ne sera pas modifié.
Telle est la manière de procéder de Lloyd Jones, on peut accroître encore la sensibilité de la méthode, en augmentant le nombre des solutions. À l’ensemble de son outillage, l’auteur anglais a donné le nom d’hémobaromètre, il l’a fait construire par Hawksley, 357, Oxford street.
Cette méthode réalise un progrès énorme sur la précédente, elle ne souffre pas de grosses objections. Aussi, c’est elle que j'ai employée en lui faisant subir quelques légers changements.
Jaksch trouve cette méthode peu pratique‘, mais il la
1 Ueber Diagnose und Therapie der Erkrankungen des Blutes (Prager medicinische Wochenschrift, 1890).
ne pu
recommande cependant. Il conseille des solutions allant de 1033 à 1068.
Hammerschlag lui reproche d'exiger beaucoup de sang. Une goutte un peu grosse suffit en général, il n’y a pas besoin de dix à vingt gouttes comme le dit cet auteur. Hammerschlag prétend aussi que la goutte de sang doit se mêler à la glycérine et que le résultat est faussé. Cela peut arriver ; mais, je le dirai tout à l’heure, en allant vite on se débarrasse de cette cause d'erreur.
Sciolla a abandonné cette méthode prétendant qu’elle w’avait pas de certitude, qu’elle ne pouvait donner la densité d’un corps comme le sang qui est non pas un liquide, mais un mélange de liquide et de parties solides. C’est un peu de la théorie pure, ce me semble.
Quoi qu’il en soit, c’est la méthode qui me paraît la plus clinique, la plus rapide. Surtout il faut y être habitué pour aller vite. On prévoit en effet, comme le conseille Lloyd Jones, ce que va être la densité cherchée, et l’on évite bien des tâtonnements avec un peu d’expérience.
À là clinique médicale de Jaksch, à Prague, Devoro a aussi étudié la densité du sang. Il a fait 169 examens sur cinquante-cinq malades {, La méthode qu'il a employée est celle de Lloyd Jones avec de légères modifications.
Il prépare une solution de glycérine à 25 pour 100, qui a une densité de 1063 à 1064. Puis il verse 80 à 100 centimétres cubes de cette solution dans vingt tubes dont le diamètre est de 1 centimètre. Puis, par une série de
1! Prager Vierteljahrssehrift, 1889, Bd. 11, S. 175. — Ueber die Dichte des Blutes unter pathologischen Verhältnissen (Zeitschr. f. Heilkunde, Ba. 11, 1890),