DIAGNOSTIC
Ce chapitre sera court. Car les grands caractères qui ont permis à Duhring d'isoler sa dermatose confondue avant lui dans le groape des affections huileuses de la peau se retrouvent ici avec toute leur netteté. Nous ne ferions que répéter la description que nous en avons tracée, puisque, dans tous les cas emharrassants, c'est la marche de la maladie qui précise le diagnostic. Nous avons vu que, dans la peau, dans le liquide des vésicules et des bulles, on trouve des cellules à protoplasme granuleux qui fixent les couleurs d'aniline acides. Elles existent aussi dans le sang en nombre beaucoup plus considérable que chez l'individu sain. Si nos résultats sont confirmés (et nous appelons l'attention des observateurs sur ce point), la recherche des éosinophiles aurait une importance capitale pour le diagnostic.
Duhring avait englobé, dans sa dermatose, une affection pustuleuse delà peau à laquelle Hébra avait, en 1872, donné le nom d'Impétigo herpetiformis. Il est revenu plus tard sur cette question (I) et admet la séparation enti-e ces deux types morbides, à la condition que la définition précisée par Kaposi en 1887 soit acceptée. Voici cette définition :
(1) Duhring. Ame7\ J. of med. Scie7ices, ±890.
« L'impétigo lierpetiforme est caractérisé par des pustules miliaires superficielles qui ne changent pas depuis le début jusqu'à la fin, toujours groupées en cercles. De nouvelles lésions apparaissent par poussées successives sur la bordure des anciennes pustules^ devenues croûteuses. Elles reposent sur une base enflammée tandis que le centre guérit. Et de plus, la maladie se voit seulement chez les femmes enceintes ou en état puerpéral. Elle est accompagnée de frissons, de fièvre marquée, d'un état général grave. Elle est presque invariablement mortelle ».
Cette discussion n a plus qu'un intérêt historique et quoique Fimpetigo herpetiforme ait été observé chez l'homme, il ne semble pas que la confusion soit possible.