‹ De la dermatose de Duhring au cours de la grossesseChapitre 9 sur 14 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Cette dermatose ne menace pas directement la vie. Les cas mortels constituent une infime minorité : aussi malgré la violence des symptômes nerveux et malgré l'étendue des désordres cutanés, on est autorisé à porter un pronostic immédiat favorable. Mais pour l'avenir des réserves très sérieuses s'imposent. Tout d'abord il est à craindre qu'une nouvelle grossesse ne provoque l'éclosion d'accidents qui, l'observation le démontre, s'exagéreront à chaque récidive. Et puis il est bon de se rappeler que née à l'occasion de la grossesse, l'éruption peut persister en dehors d'elle, comme le témoignent les cas deDuhring, de Elliot et deNoyes. Le rein était insuffisant avantl'accou- €hement ou pendant la période puerpérale : il peut l'être encore après pendant un temps indéterminé. Ainsi s'explique l'allure chronique que peut revêtir l'atFection. Mais €es faits sont exceptionnels et d'ordinaire, la dermatose de Duhring gravidique disparaît dans les premiers mois qui suivent la délivrance.

Un autre point un peu négligé par les auteurs est à envisager?

La vie de l'enfant est-elle compromise par l'état de santé de la mère ?

La malade de Milton^ à sa troisième attaque avait ac-

couché prématurément au 6« mois d'un enfant mort-né. Les autres observations antérieures à 1888 ne contiennent pas toutes des renseignements précis sur le sort de l'enfant. Cependant, souvent la mère est arrivée au terme de sa grossesse et l'enfant était bien portant.

Nos observations sont moins rassurantes.

L'accouchement prématuré n'est pas rare : ainsi dans le cas de Sherwell, la malade accouche prématurément au 7« mois à sa seconde attaque et l'enfant vécut 3 jours. Dans l'observation d'Elliot, il y eut également accouchement prématuré au 7« mois.

Dans la seconde observation de Mackenzie, l'enfant était mort-né .

La malade du Docteur Coignet accouche prématurément chaque fois au huitième et au sixième mois. Les enfants étaient macérés.

Dans notre observation, à sa seconde poussée, la mère accouche au huitième mois d'un enfant macéré.

Et quand la femme accouche à terme, l'enfant était souvent chétif et a succombé rapidement.

La survie a été de 4 jours dans le cas de Duhring; de 7 jours dans celui de M. Bar, de 3 semaines dans celui du Docteur Melot. Il esta remarquer que l'éruption qui débute au cours de la gestation est particulièrement nuisible à l'enfant et que ses chances de vie diminuent surtout à chacune des récidives de ratfection.

Aussi nous conclurons en disant que le pronostic en ce qui concerne l'enfant, s'aggrave à mesure que les grossesses se multiplient (1).

(1) Cette polv-léLhalité des enfants n'est pas en contradiction avec notre théorie de l'aiito-intoxicalion ; au contraire.

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