‹ De la dermatose de Duhring au cours de la grossesseChapitre 12 sur 14 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Cas de John Wood. — A case of post partum pemphigus. (The Lancet, 10 mars 1888).

Primipare, trois jours après un accouchement très simple éprouve un,prurit intolérable et des fourmillements. Aussitôt apparaît sur les mains, et les pieds une éruption papuleuse qui devient vésiculeuse en quelques heures ; les vésicules se fusionnent et forment des bulles.

Le lendemain les bulles envahissent les avant-bras et les jambes, elles étaient très tendues, très douloureuses et contenaient un liquide clair qui devenait légèrement opalescent. Autour d'elles la peau était érythémateuse et une vive rougeur recouvrait le visage, le cou et la poitrine.

Plusieurs bulles se développèrent sur le menton. Aux extrémités les bulles atteignaient en quelques heures le volume d'un œuf de pigeon ; il était nécessaire de les crever pour empêcher leur accroissement. Elles suintaient ensuite abondamment pendant quelques jours, puis se cicatrisaient.

Le thermomètre au dixième jour de l'érupiion marquait 103°, c'est alors qu'eut lieu la défervescence. Toutes les parties 'atteintes desquamèrent et quelques petits furoncles apparurent sur les pieds et sur les mains .

Dix jours après, le tégument était détergé, la malade put se lever, mais elle était bien affaiblie. La durée de cette première poussée fut donc de trois semaines environ. Le répit ne fut pas long. Bientôt le prurit et les fourmillements apparaissent de

nouveau au niveau des pieds et des mains. L'éruption suivit et fut beaucoup plus grave que la première fois.

L'érythème était intense, les bulles devinrent rapidement confluenles et successivement elles couvrirent les membres supérieurs et inférieurs, leur contenu était fétide et par places purulent. Les bras avaient triplé de volume. Depuis l'épaule jusqu'au bout des doigts, la peau était ulcérée et suintante au niveau des bulles les plus anciennes et il s'en formait incessamment de nouvelles. Les jambes et les pieds olîraient le même aspect. La muqueuse du nez fut également affectée et aussi tout l'intérieurde l'ombilic.

Les troubles généraux étaient très marqués. La température du soir variait entre 102 à 103^^ (une fois 104o); il y avait une rémission matinale de 1 à 2^ Le pouls était faible, accéléré (plus de 100 pulsations).

Souvent vers midi la malade était prise de frissons et tout le tégument devenait rouge et chaud.

Vers le soir, la peau était toujours plus colorée et sur les jambes, la poitrine et le dos il se formait des plaques ortiées de couleur rouge sombre.

A noter : anorexie et constipation.

Cette dernière attaque atteint son maximum à la 4^ semaine, puis déclina. Les bulles apparaissaient en plus petit nombre (2 à 3 par jour); les plus anciennes se cicatrisaient. Après la disparition de l'érythème^ la peau devint sèche, écailleuse, presque eczémateuse autour du cou.

On administra l'arsenic à la dose de iO gouttes par jour.

La convalescence fut traînante. La malade perdit ses cheveux et des plaques d'anesthésie cutanée furent observées au niveau de la plante des pieds.

Cas de E. Noyés. — Australian médical journal, 1889.

Femme de 36 ans. Il y a deux ans, un mois après sou accouchement la malade remarqua une petite plaque rouge sur le

talon droit et éprouva à ce niveau des fourmillements et une vive cuisson, en quelques heures une plilyctène séreuse s'élait formée.

Le môme jour, les mômes phénomènes avaient apparu sur l'index de la main droite. De là, les plaques érythémateuses et les bulles envahirent le dos de la main et le bras. En une semaine tout le corps fut couvert.

Les symptômes subjectifs: cuissons, fourmillements, prurit étaient très intenses. Et depuis, la maladie n'a jamais disparu. Elle a eu une poussée très aiguë trois semaines après une fausse couche qui survint il y a 12 mois.

État ciclael. — Petites plaques érythémateuses à type ortié disséminées sur la surface cutanée; elles restent telles jusqu'à leur disparition ou deviennent le siège de poussées huileuses. Les bulles sont petites et se développent toujours sur une surface érythémateuse. Le prurit est très marqué et très persistant; il est surtout intense au niveau des plaques érythémateuses avant qu'elles n'aient atteint leur complet développement.

Cas deBlasgko. — Annales de Dermatologie, 1889, p. 591).

Femme 2,5 ans, mariée depuis 5 ans qui devint pour la première fois malade à la suite d'une deuxième couche il y a •i ans 1 -2. Il survint alors subitement 12 à 15 jours après la délivrance, sur les bras, la poitrine, l'abdomen, la face, plus tard aussi.sur les cuisses; de nombreuses taches très-prurigineuses, dont les dimensions variaient de celles d'une tête d'épingle à celles d'une lentille. Il existait aussi des vésicules en groupes. De plus, notamment dans les périodes tardives de la maladie, des pustules volumineuses.

Cette affection dura alors environ deux mois et guérit spontanément.

La cruérison s'est maintenue jusqu'au printemps de cette année^où, à la suite d'une fausse-couche, elle fut prise d'hémor-

rhagies qui nécessitèrent le raclage de la cavité utérine. Trois jours après, même éruption que la première fois, accompagnée d'un violent prurit. Croyant avoir affaire à la gale, on lit des frictions avec le styrax qui aggravèrent la maladie : tuméfaction notable de la face et des bras . Cet état fut combattu par une médication émolliente. Gomme la première fois : taches érythémateuses, papules, vésicules et quelques pustules; de plus quelques grosses bulles isolées; en outre, quelques taches pigmenlaires sur les parties qui avaient été le siège du précécédent exanthème. L'éruption était surtout localisée à la surface de flexion des bras, à la poitrine et à Tabdomen; puis de nombreuses vésicules apparurent subitement et d'une manière symétrique sur les deux bras ; ce fut la dernière poussée. Gomme traitement : solution de Fowler.

Gas de Sherwel. — Case of impétigo herpetiformis Journal of cutaneous Diseases, 1889.

Mme K..., 32 ans, mariée à 19 ans. A eu cinq enfants et plusieurs fausses couches.

De ces cinq enfants, un seul a survécu et est bien portant, les autres ont succombé au croup ou à différentes maladies de la première enfance. Elle-même n'avait jamais eu aucun exanthème.

En avril 1884, une semaine après la naissance de l'enfant qui est actuellement vivant apparut sur les bras et les jambes une éruption de vésicules et de petites bulles qui reposaient sur une base légèrement surélevée, enflammée et irritée. Rapidement leur contenu devint purulent; le prurit et les cuissons furent intenses et la malade eut de la fièvre et un malaise général. Sa santé se rétablit en peu de temps et devint parfaite jusqu'en 1887, date à laquelle elle fit un avortement de cinq mois. Aucune éruption n'a été alors notée.

Au l«i- septembre 1888, au 3^ mois de sa grossesse, elle souffre de troubles nerveux et de troubles gastriques et au

octobre elle remarque que les mêmes lésions se développent et sont accompagnées des mômes symptômes objectifs et subjectifs, plus prononcés que la fois.

Le Docteur Risch qui la vit pensa à un cas de gale, étant donné le nombre des excoriations et des petites pustules impétigineuses mais il ne put trouver l'acare.

L'éruption couvrit les membres et quelques parties du tronc, notamment les régions inguinales. Sur les parties les plus malades il se formait des croûtes assez semblables à celles de l'eczéma impétigineux et la peau était pigmentée par le sang venu des surfaces excoriées.

Le traitement institué fut très doux.

Poudres de camphre,

— de talc,

— d'oxyde de zinc.

Acide salycylique à l'intérieur et en quelques jours les lésions diminuèrent.

Bientôt apparut une éruption beaucoup plus intense et presque tout le corps fut rapidement envahi. Elle eut des désordres nerveux assez marqués : tremblements du corps et des membres presque continuels, parésie des membres inférieurs.

On remplace les poudres par des lotions d'acide cyanhydrique dilué.

En deux semaines, grande amélioration qui persista jusqu'à la 3" semaine de novembre. A cette date elle était enceinte de 5 mois.

Je la vis le 28 novemdre 1888 avec le Docteur Risch.

Elle était très souffrante, se plaignait de frissons et de tremblements continuels, le pouls était affaibli et la température dépassait de 2 à 3 degrés la température normale .

L'éruption était impétigineuse : différente de l'éruption de la dermatiteherpétiforme et semblait s'étendre par ondulations, excentriquementsur une surface érythémateuse. Sur quelques parties du corps, sur les régions inguinales, sur les cuisses, entre les seins, étaient des croûtes noires.

Kéraption se composait de petites pustules et bulles remplies de liquide puriforme. Elles étaient disposées en lignes ondulées et je fis le diagnostic d'impétigo-herpétifornie et je portai un pronostic grave.

Je recommandai de continuer les lotions et je prescrivis une onction adoucissante et j'ordonnai l'usage de la quinine la noix vomique de l'arsenic

de l'acide nitro-muriatique et accessoirement du mercure à petites doses.

Ce traitement' amena du soulagemement en quelques jours.

Je visitai la malade le 4 décembre. La plupart des lésions caractéristiques avaient alors disparu. Il existait une desquamation furfuracée à grosses squasmes, un ecthyma généralisé avec épaississement de l'épiderme qui était pigmenté.

Le prurit était bien diminué : les lignes ondulées qui marquaient le siège occupé par les anciennes lésions étaient cependant encore très manifestes. Jusqu'au 23 décembre, laguérison fit des progrès. Elle accoucha prématurément d'un enfant non viable, de H à 7 mois, qui vécut trois jours.

Depuis, elle a éprouvé de légères exacerbations ou rechutes assez nombreuses jusque au 15 janvier 1889. Petite poussée en mars, puis guérison complète qui était parfaite en avril 1889.

Nous traduisons cette observation presque mot pour mot car elle est sujette à contestations. Sherwell l'a publiée comme exemple d'impétigo-herpétifornie, mais Wickham, dans les Annales de dermatologie de 1890, fait remarquer avec raison qu'elle a tous les caractères de l'herpès gestationis, et nous adoiJtons cette opinion.

Cas de Charles W.Allen. — Dermatitis mulliformis ges- /ationis (Journal of Cutaneous and venereal Diseases, 1 889.)

M. M. anglaise 26 ans. Première grossesse remonte à 5 ans,

terminée parla naissance d'nn enfant bien vivantqui est mort plus tard de la diphtérie.

Dans l'intervalle à fait six avortenients entre le troisième et le quatrième mois. Pas de syphilis héréditaire ni acquise. Pas d'éruption antérieure. Etaitdonc enceinte pour la huitième fois lorsque un mois avant l'accouchement rupture des membranes et perte abondante de liquide. Ce fait alarma la malade qui craignait de mettre au monde un enfant mort.

Une semaine avant la délivrance apparaîtjuste au-dessus de l'ombilic une large bulle et tout autour, en demi-cercle, d'un seul côté, im grand nombre de petites vésicules se développent.

Plusieurs jours auparavant toute cette région de l'abdomen avait été le siège de vives démangeaisons.

Presque en même temps d'autres vésicules se forment entre les doigts, sur les orteils, sur la face dorsale des pieds et à la surface des cuisses.

Aussitôt après la naissance de Tenfant l'éruption s'aggrava considérablement. Sur la face antérieure des cuisses on remarqua : plaques érythémateusestrès prurigineuses, douloureuses au toucher, qui furent couvertes en quelques jours de petites vésicules et de petites bulles.

Les vésicules étaient grosses comme une tète d'épingle ou un pois, elles étaient rouges, aplaties et luisantes à leur sommet. Dans l'intervalle des plaques, sur la peau saine, on voyait des vésiculettes groupées par deux ou par trois. Au niveau des malléoles, nombreuses bulles rondes, tendues, devenues pustuleuses, et sur la face plantaire dupied droit existait un groupe de vésicules.

Tout le bras droit, de l'épaule au poignet (face antérieure) était parsemé de bulles rondes ou ovales ayant les dimensions d'un pois ou d'un petit œuf de poule. Elles contenaient un liquide citrin de réaction alcaline. Sur plusieurs points elles s'étaient rompues, laissant à leur place des surfaces dénudées. Le J3ras était très douloureux et semblait avoir été brûlé sur

une large étendue. Enfin, sur le menton, il existait un groupe de pustules situé sur une base enflammée .

Le dos était respecté ainsi que les muqueuses. La malade était déprimée et désespérée.

Langue flasque couverte d'un enduit blanchâtre. Diarrhée. Céphalalgie .

Température élevée depuis le début atteignant 102" dans l'aisselle, Lochieb' peu abondantes.

Le traitement local fut simple. On enveloppa les régions atteintes après les avoir frictionnées avec la pommade suivante :

Poudre oxyde de zinc Sous-nitrate de bismuth Amidon

Teinture de benjoin Acide carbolique Pétrole

A l'intérieur. Solution de Fowler de 6 à 8 gouttes par jour.

19 aviil. — Nouvelles bulles sur la face interne des cuisses ■et sur la face postérieure du bras droit.

Le bras gauche indemne jusque Là présente une poussée de bulles tendues, rondes, grosses comme des fèves, respectant une bande cicatricielle qui occupe le pli du coude. Sur la lèvre supérieure existe une bulle unique très large. Le menton est guéri.

20 avril. — Une étroite bande érythémateuse a fait son apparition sur un des côtés de l'abdomen. Elle s'étend de la ligne médiane à la ligne axillaire et elle est parsemée de vésicules •oblongues, isolées, distribuées comme dans le zona. En un point elles se sont réunies et par confluence ont produit une seule bulle. Quelques bulles nouvelles autour des malléoles. Sur le dos du pied les lésions desséchées sont devenues croùteuses.

Les deux bras sont recouverts de plaques érythémateuses et ces plaques semblent formées d'une agrégation de petites vé-

sicules qui ont perdu leur liquide et dont le sommet est plat et brillant. Elles sont très prurigineuses et le prurit précède leur apparition de même qu'il précède aussi chaque formation de bulles.

Sur l'aréole du sein gauche existe une bulle oblongue à contenu purulent et sur le sommet du mamelon droit sont deux vésicules qui le rendent douloureux au toucher.

L'enfant ne prend pas le sein : il reçoit le lait artificiellement recueilli.

21 avril. — Tout le côté droit de la face et une partie du cou sont d'une couleur scarlatiniforme et ont un aspect infiltré, mais la rougeur disparut en quelques jours. Une vingtaine de bulles furent piquées avec ioin et le liquide qui s'écoulait offrait toutes les colorations (eau de roche, jaunâtre, rose, purpurique). Température atteint 101° dans l'aisselle.

23 avril. — Grande amélioration, seulement quelques nouvelles bulles sur les poignets : toutes les autres lésions sont en voie de guérison.

Température 98 5/8.

l^i' mai. — On cesse liqueur de Fowler qui est remplacée par une mixture tonique contenant de la strychnine.

3 mai. — Quelques nouvelles vésicules sur les bras. Lésions furonculeuses sur la portion supérieure des bray et dans l'aisselle.

Quelques bulles se sont formées sur la plaque cicatricielle du bras gauche.

7 mai. — Plusieurs bulles sur les bras. Groupe de petites vésicules au centre de la paume de la main droite. On administre à nouveau la liqueur de Fowler à la dose de 5 gouttes.

11 mai. — Il apparaît encore de petites vésicules sur les bras et le dos des mains . Nouveaux furoncles dans l'aisselle et sur la poitrine.

21 mai. — Les bulles les plus récentes sont aplaties, peu tendues, petites. La sécrétion est résorbée dans leur intérieur et des croûtes jaunâtres semblables à celles de l'impétigo les remplacent.

Les régions guéries sont desquamantes ainsi que la paume des mains. On voit encore des vésicules en groupes arrondis sur la face plantaire, sur les bords des pieds et sur le cou de pied.

l»'"juin. — Tout traitement est suspendu et la malade va beaucoup mieux.

20 juin. — Les pigmentations rouges qui marquaient la place de lésions s'adoucissent et prennent une teinte brune.

11 juillet. — Tout le tégument est détergé. Les bras sont couverts de taches pigmentées brunâtres qui représentent les anciennes bulles cicatrisées.

La guérison est complète et définitive.

Cas de J. C. White. — Dermatitis gestationis. — Tlie liistorij of a récurrent dermatosis. — Boston M. and. S. Journal, 1889.

Jeune femme de 22 ans accouchée en juillet 1886 de son premier enfant.

Première Attaque. — Trois semaines plus tard apparaît sur la poitrine une fine éruption que son médecin appelle eczéma.

Trois jours après elle fait une promenade aux bords de la mer, mange quelques coquillage, et le lendemain toute sa peau devient rouge et quelques plaques ortiées se développent accompagnées d'un vif prurit.

Voici la description de l'éruption telle que me l'a transmise le D'" Whittier : Sur la partie supérieure de la poitrine respectant les seins : érythème prononcé avec élévations papuleuses et plaques ortiées variant en longueur et en largeur, de quelques lignes à un pouce.

En 6 semaines toute la surface du tégument fut envahie à l'exception de la lace et du cuir chevelu.

Sur la ceinture et les organes génitaux, sur la face interne

•des cuisses et sur les avani-ljras rougeur très vive et nombreuses papules et vésicules suintantes et desquamantes.

Quelques légers troubles généraux, fièvre peu marquée et surtout prurit et sensations douloureuses presqueintolérables. On pense à une urticaire liée à la parturition et à une alimentation irritante et aggravée par les démangeaisons.

Novembre 1886. Le Docteur While voit la malade neuf semaines après son accouchement. La face présentait l'aspect d'un eczéma subaigu (c'est-à-dire papules, excoriations.écailles avec rougeur diffuse et infiltration considérable). Le tégument présentait des lésions d'urticaire chronique, des surfaces d'érythème fugace et des plaques ortiées disséminées.

En deux à trois semaines de traitement local adoucissant, la peau fut détergée.

Deuxième attaque. Six mois après sa guérison, en pleine santé, nouvelle éruption. Elle avait mangé du porc rôti et 24 heures plus tard, troubles intestinaux et urticaire rouge, généralisée qui dura peu et se termina par une desquamation abondante.

Troisième attaque. En 1888, au deuxième mois de sa seconde grossesse, ayant mangé une salade de homard elle est reprise en 24 heures de troubles gastriques et d'une urticaire généralisée. Elle se plaignait de frissons et de vives démangeaisons.

Quatre jours plus tard, sur quelques plaques ortiées se développèrent des bulles qui se réunissaient par places pour former des ampoules considérables. Après rupture des bulles on voyait des surfaces dénudées et suintantes.

L'érythème desiiuama et en deux semaines tous les symptômes cutanés avaient disparu.

Quatrième attaque. —La guérison se maintint pendant toute la grossesse, mais une semaine avant la naissance de l'enfant (!«'■ novembre 1888) sans aucune imprudence d'alimentation, la peau devint rouge et présenta ça et là de petites bulles séreuses

très prurigineuses : cet état dura peu et la peau avait son aspect normal au moment de l'accouchement.

12 novembre. — Trois jours après la délivrance la sécrétion lactée s'arrête. Un prurit violent apparaît à la nuque et gagne tout le corps. Peau rouge, irritée, frissons et vomissements.

13 novembre. — Larges bulles se forment sur la peau du dos et à leur suite on voit des surfaces ulcérées, saignantes très douloureuses.

15 novembre. — Petites vésicules sur les épaules et liyperhémie généralisée de la peau. Lochies de couleur brune, mais nullement mauvaises.

Température = 101" à 104°.

16 novembre. — Elle entre àl'Hôpital général de Massachusetts. Toute la peau était rouge, luisante, tendue, comme échaudée. Quelques bulles pas bien grosses s'étaient formées, mais il n'y avait pas de vésicules. Les parties supérieures du dos présentaient des surfaces dénudées, suintantes.

La malade était faible — pouls 120. — Respiration 30. — Température 103°.

Traitement. — Enveloppement avec larges compresses sur lesquelles on étendit de l'axonge mélangée avec de l'eau de rose. On ajoutait un peu d'acide borique, au niveau des surfaces dénudées.

Le 19 novembre. — L'érythème diminue. — bulles nouvelles séro-purulentes sur le tronc et les membres.

Le 21 novembre. — Eschare sacrée par pression du décubitus et ulcération superficielle. — On voit de petites pustules sur le dos des mains, sur les avant-bras et sur le bas des jambes. L'état général s'amende, la malade reprend des forces et de l'appétit.

Du 22 au 28. — A noter poussées furonculeuses sur le sein gauche, sur une joue — et pustules disséminées sur les membres. — Cicatrisation des plaies du dos et de l'escharre sacrée.

La malade peut quitter son lit. Elle sort de l'hôpital dans les-

premiers jours de DécemlDre - tout le tégument desquamait et le prurit persistait. Peu à peu la peau reprit sa couleur normale — il y avait seulement une légère rougeur au niveau des anciennes lésions et trois grosses phlyctènes sur le poignet droit, et le 21 décembre le tégument était sain.

Le 7 janvier. — Poussée d'urticaire avec papules entourées d'un cercle rouge correspondant au retour des règles. — Pas d'autres phénomènes généraux. — Santé parfaite. En 24 heures l'urticaire disparaît.

Cas du Docteur Coignet. — Lyon médical, 1892.

V.,30 ans, mariée à 23 ans, a eu 5 enfants, 2 vivants, 2 morts, l'un à 5 ans du croup, l'autre à 2 ans 1/2.

Depuis 5 à 6 ans, poussées annuelles de psoriasis limité aux coudes et genoux.

En 1887, eczéma pustuleux.

En janvier 1888, au quatrième mois d'une grossesse, apparaît une bulle à la jambe droite et tout autour se développa une éruption humide.

Elle entre à l'hôpital un mois plus tard, on voyait alors sur les jambes une éruption ayant les caractères de l'eczéma impétigineux et sur les cuisses de vastes plaques ayant à- leur centre de petites vésicules entourées d'une zone rouge. Sur le ventre l'éruption était plus sèche et commençait à desquamer.

Température 39''5.

Huit jours plus tard, éruption pustuleuse de la face. La malade avorté d'un enfant macéré. Dès le lendemain la peau commence à desquamer et trois semaines plus tard guérison.

En 1889, au sixième mois d'une nouvelle grossesse,une bulle apparaît sur la partie inférieure de la jambe gauche, elle revient à l'hôpital. Elle avait des frissons, une fièvre élevée et une anorexie absolue. Toute la surface du corps est recouverte d'une éruption scarlatiniforme, criblée de petites vésicules et desquamante. Au-dessous des lambeaux épidermiques

détachés le derme est à nn, il est sec. L'état général s'aggrave bientôt.

La malade est prise de douleurs articulaires et de douleurs abdominales, l'éruption s'étend, la desquamation est très abondante. Avortement.

L'amélioration est rapide mais de courte durée. La température remonte bientôt, le placenta qui était resté dans l'utérus n'est pas expulsé.

L'affaiblissement fait des progrès, puis la malade meurt.

Cas de Georges Elliot. — Américan journal oftJie médical Sciences. — Novembre 1892.

F.. . 85 ans, me consulte en juillet 1890. La maladie de peau a commencé au troisième mois de sa troisième grossesse apparaissant d'abord sur les pieds puis se généralisant. Au cinquième mois elle eut de gros chagrins et l'éruption s'aggrava, elle accoucha prématurément au septième mois. L'accouchement tut suivi d'une amélioration moraentanée mais quelques semaines plus tard il y eut une rechute et depuis, les poussées se sont succédées, les périodes éruptives alternant avec les périodes de calme.

Au début l'éruption fut surtout érythémateuse et vésiculeuse, mais en avril 1890 la maladie prit un caractère très grave et sur tout le corps apparurent des bulles généralisées. A cette époque, l'affection durait depuis deux ans et cependant la santé restait bonne. Quand je vis la malade, les phénomènes éruptifs étaient en voie de régression. Les lésions,qui occupaient surtout les extrémités, étaient très prurigineuses, composées de papules, de petites vésicules et de bulles disséminées. On voyait sur le tégument de nombreuses croûtes et des taches pigmentées correspondant aux anciennes lésions.

J'ai traité la malade jusqu'en septembre 1890.

L'éruption s'est reproduite plusieurs fois, aucun traitement ne l'a modifiée.

En décembre 1890 il y eut une amélioration marquée dans, son état de santé et quand je revis la malade en mars 1892 le tégument était complètement normal, sauf quelques taches pigmentées.

Cas du docteur Boeck. — Rapporté dans Journal of cutaneous and venereal diseases, 1893.

L'auteur décrit un cas de cette maladie che;^ une femme de 28 ans, chez qui, deux jours après l'accouchement, une éruption apparut sur les paumes des mains et les plantes des pieds, accompagnée de prurit violent.

Pendant sa troisième grossesse, il observa au cinquième mois et pendant huit semaines après la délivrance, une éruption composée de vésicules, de grosses bulles, de papules et de plaques érythémateuses. Cette éruption était absolument symétrique et affectait les extrémités des quatre membres et le tronc.

A la quatrième grossesse, au quatrième mois, une légère éruption apparut sur les avant-bras.

A la cinquième grossesse, elle réapparut au troisième mois, et persista quatre à cinq mois après l'accouchement. L'attaque fut cette fois plus violente, plus douloureuse et fut accompagnée de pustules.

Cas de Magkenzie. — Dermatitis herpetiformis. British journal of Dennatology, 1893.

I.— ,T. S. P. 32 ans, entre à l'hôpital de Londres le 12 août 1880.

Au cinquième mois de la deuxième grossesse, éruption qui persiste, en dépit de tout traitement, jusqu'après son accouchement et disparait deux mois après la délivrance et n'a j amais reparu depuis.

Actuellement enceinte de o mois 1/2. Depuis sept semaines se développe une éruption qui a débuté sur les pieds, a gagné

— Bi-

les mains et qui gradiiellement s'est étendue aux jambes, à l'abdomen, à la poitrine et en dernier lieu au dos.

Tout d'abord seformaientde petites plaques rouge-brun, plus foncées à la circonférence qu'au centre, à bords légèrement surélevés et nullement squameuses.

Peu de temps après apparaissent sur ces plaques des vésicules remplies d'un liquide clair. Les unes éclataient, les autres se desséchaient et étaient remplacées par une croùtelle.

Entre les vésicules la peau était irrégulière, semée de nodosités sous-cutanées, comme criblée de grains de plomb. Ces nodosités devinrent bulleuses ou bien disparurent spontanément. Plus tard le contenu des bulles devint purulent et des croûtes jaunâtres, épaisses se formèrent.

Le prurit et les cuissons tourmentaient la malade et l'empêchaient de dormir.

La santé n'était pas altérée.

Voici la description de l'affection pendant le séjour de la malade à l'hôpital.

Toute la circonférence des bras présentait un érythème limité par un bourrelet irrégulier^ squameux, plus coloré que le centre du placard qui était brun-jaunàtre.

Le pli du coude était libre.

Sur les avant-bras, les lésions étaient disséminées et entre les plaques il existait des vésicules et des croûtes. Les ongles étaient secs et fendillés.

Sur la moitié gauche du thorax : deux placards annulaires à bords surélevés et squameux.

Sur les cuisses : nappes érythémateuses, à surface suintante, couvertes d'amas squameux bien circonscrits.

Jambes œdématiées.

Paume des mains plante des pieds intactes. Quelques vésicules sur le menton.

Peau moite, très irritable.

Température 98» 9 F. Pouls 138.

Pas d'albuminurie.

On ordonne du bromure de potassium et lotions de glycérine additionnée de plomb.

Le 20 août les pieds et les jambes sont très enflés — la peau est rouge — tendue — luisante.

Sur le dos du pied : grand nombre de bulles à, contenu généralement clair, quelques-unes seulement à contenu purulent.

Sur les bras : papulo-vésicules mêlées aux bulles.

Malgré les traitements les plus variés, l'éruption s'étendit graduellement sur le corps entier, respectant la paume des mains et la plante des pieds. Toutes les lésions étaient mélangées : érythème, papules, papulo-vésicules, bulles et pustules, apparaissaient en poussées successives pendant que la malade était tourmentée sans cesse par le prurit et les cuissons. Les démangeaisons avaient gagné aussi la paume des mains et la plante des pieds, en l'absence de tout élément éruptif à ce niveau .

Les ongles étaient desséchés, fendillés et avaient tendance à tomber.

Ainsi marchèrent les choses jusqu'au 8 novembre, époque à laquelle elle accoucha d'un enfant bien développé, sans trace d'affection cutanée. Le 10 le prurit est moins violent, l'éruption s'affaiblit, quelques vésicules et quelques bulles se forment encore. Peau très pigmentée.

Le 29, c'est-à-dire 3 semaines après l'accouchement, la guérison était complète, le tégument n'était plus irrité, il existait seulement une légère pigmentation de la poitrine et des jambes.

Le 10 mars 1881, à la suite de douleurs rhumatismales des membres, éruption pustuleuse envahit les mains et les pieds, les bi'as, les jambes et la face, respectant le tronc.

Les lésions, en se développant, présentèrent le même caractère polymorphe qu'à l'attaque précédente, et on a signalé le groupement des vésicules comme on le voit dans l'herpès.

Le prurit était violent, la malade très affaiblie, avait tempé-

rature élevée : i06'° F. Elle allaitait son enfant, n'avait pas eu ses règles depuis son accouchement et était certaine de n'être pas enceinte.

Lotions au glycérolé plombique. Arséniate de soude à l'intérieur. Rapide amélioration.

En 6 semaines la guérison fut obtenue.

II. Femme de 35 ans, qui acconche à terme en janvier 1887, d'un enfant mort né. Pendant les trois dernières semaines qui ont précédé raccouchement elle avait éprouvé des démangeaisons à la face et aux mains qui furent suivis d'une éruption de bulles.

Je la vis en mai 1887, à cette époque, des bulles de dimensions variées existaient sur la face, la jambe gauche, sur les deux pieds et sur les bras. La paume des mains était également malade mais cà ce niveau : pas de formations huileuses, simple érythème desquamant. Autour des bulles, la peau était rouge, mais sans induration. On a noté du gonflement de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce et en même temps de l'enflure du pied droit. La température a été élevée au début. La malade a été traitée à deux reprises, d'abord du mois de juin 1887, au mois de janvier 1888; puis en avril 1889 pour une rechute. Cette rechute dura peu et la malade était guérie le 16 mai 1889. L'auteur signale Tassociation de la goutte avec la dermatose.

G.\s DU Docteur Mélot. Thèse de Lyon, 1894.

Femme A., 26 «ns, tisseuse, de bonne santé habituelle mais nerveuse et très impressionnable.

A l'âge de 4 ans a été soignée pendant 15 mois pour une dermatose de nature indéterminée, son père est mort d'une affection cutanée et un de ses frères a de temps cà autre des poussées légères d'eczéma.

En 1891, au deuxième mois de sa première grossesse, une

éruption de plaques rouges, légèrement suintantes s'accompagnant d'une sensation de chaleur modérée, apparaît sur les épaules et le cou.

En deux mois elle envahit le cou, les épiiules, la partie supérieure de la poitrine et la face antéro-interne des cuisses.

Elle est composée de taches rouges, bien délimitées, un peu surélevées, de dimensions variables (un pois, une pièce de 5 francs); leur surface est humide et couverte de croutelles jaunâtres.

Quelques vésicules d'herpès sur le bord libre des grandes lèvres et sur les petites lèvres. Dans l'aine droite : ganglions un peu gros, indolores.

Adénopathie cervicale postérieure assez marquée et deux • plaques muqueuses sur la lèvre inférieure.

Etat général excellent, l'appétit est bon, le sommeil tranquille, la température normale.

A partir du 21 mars, les plaques érythémateuses s'agrandissent et se multiplient, et le 28 mars apparaissent des vésicopustules qui se développent les unes sur les plaques rouges, les autres sur la peau saine.

Successivement ces nouvelles lésions envahissent d'abord le cou, le tronc, les bras et les cuisses ; puis les jambes et les avant-bras, puis l'oreille gauche et une partie du cuir chevelu, puis enfin la face. A la date du 10 avril, les vésicules se dessèchent ou se réunissent pour former des bulles à contenu seropurulent qui crèvent, laissant à nu une surface rouge vif, recouverte de squames jaunâtres. Alopécie presque complète.

Cette éruption s'accompagne de douleurs et de cuissons, d'inappétance et d'élévation thermique (88o5, 39'\ 39''i5) et résiste à toutes les médications.

L'état s'améliore à partir du 18 avril.

En mai et en juin quelques poussées nouvelles. La santé de la malade était particulièrement bonne en juillet.

Elle accouche le 26 juillet.

Quatre jours plus tard : malaise général, élévation thermique

(39°) sensations de brùlnre et nouvelle éruption qui se généralise en douze heures, gagnant les mains et les pieds ; les ongles tombent. Elle s'atténue graduellement dès les premiers jours du mois d'août, mais la guérison ne fut définitive qu'en janvier 1892.

L'enfant très chétif dès sa naissance, était mort vers la lin de septembre sans avoir présenté aucune manifestation cutanée.

En janvier 1892, en dehors de toute grossesse, nouvelle poussée de papulo-vésicules très prurigineuses sur le cou et les épaules. La malade revient à l'hôpital et y séjourne jusqu'au 20 septembre de la même année.

Elle eut pendant ce temps plusieurs crises éruptives successives, érythémateuses et vésiculeusesde durée variable (15 jours, 8 jours, 48 heures). Le tégument fut envahi sur presque toute son étendue n l'exception du visage ; les mains et les pieds furent peu touchés et les ongles restèrent intacts.

L'état général demeura satisfaisant.

Pendant toute l'année 1893, à la moindre fatigue ou à la moindre émotion elle était reprise de légères poussées éruptives, érythémateuses, vésiculeuses, huileuses, tantôt localisées, tantôt générahsées, qui duraient 24 ou 36 heures, et qui respectaient la face, le cuir chevelu et les extrémités.

Le 20 décembre 1893, au cinquième mois de sa deuxième grossesse, la malade entra à l'hôpital. Depuis la veille, des tache érythémateuses, rouges, accompagnées de cuissons s'étaient formées autour du cou et sur le poignets.

On a noté avec soin les progrès de l'éruption qui a gagné successivement la naissance des membres supérieurs (région deltoïdienne) : la partie postéro-externe des bras ; la région dorsale, entre les épaules, en descendant vers les lombes ; la face antérieure du tronc surtout dans la portion abdominale ; la partie antérieure des cuisses et des jambes. Celles-ci sont prises en dernier lieu. Enfin le 10 janvier le visage fut envahi à son tour : le cuir chevelu fut cette fois respecté.

Les muqueuses demeurèrent intactes.

Au point de vue descriptif les lésions consistèrent.

1° en larges plaques érythémateuses, d'un rouge cerise foncé, surélevées, sèches et brûlantes qui se développaient symétriquement de chaque côté du corps, et qui se rejoignaient rapidement en laissant entre elles de petits intervalles de peau saine.

2° Sur ces plaques apparaissaient des vésico-pustules ayant la dimension d'une tête d'épingle, très nombreuses, groupées irrégulièrement, sous forme de petits boutons blancs qui tranchaient par leur coloration sur le fond rouge intense de la peau.

Les vésico-pustules se dessèchent sur place et donnent lieu à de petites squames jaunâtres, sèches et minces qui tombent, ou se réunissent pour former des bulles plus ou moins volumineuses qui crèvent au bout de 24 heures et donnent issue à un pus (1) crémeux peu ou pas odorant.

Toutes les parties atteintes desquamèrent abondamment ; de grands lambeaux d'épiderme se détachaient aux pieds et aux mains. Les ongles se creusent d'un sillon transversal audessous duquel ils se mortifient.

Au début de l'éruption, la malade se plaignait de cuissons très vives qui troublaient son sommeil . Elle avait un peu de fièvre le soir (88"4) et se sentait accablée et très faihle.

Les cuissons s'accentuèrent et se transformèrent en une sensation de brûlure intolérable; et cependant l'appétit était conservé. On a examiné l'urine : ni sucre, ni albumine; urée : 11 gr. par litre. Elle ne contenait pas de toxines, le sang n'en contenait pas non plus.

Le traitement interne a été un traitement tonique :

ÎLait et limonade vineuse.

Vin de Kola, 200 gr.

Vin vieux, potion cordiale, chartreuse.

Antipyrine, 2 gr.

Liqueur de Fowler, 5 à 10 gouttes.

(1) Dans ce pus quelques staphylocoques et quelques microbes de la suppuration .

A l'extérieur : Grand bain à 35° d'une demi-heure. ^^^^ j Amidon, 1000 gr.

1 Acide borique, 250 gr.

Et au sortir du bain, tout le corps était enduit de vaseline ordinaire.

Vers la fin de janvier une amélioration notable se produit et s'accentue pendant la première semaine du mois de février.

Il y eut plusieurs petites rechutes pendant les trois dernières semaines du mois de février.

A partir du 10 mars, les poussées sont incessantes, durent 2 à 3 jours. Les démangeaisons sont assez vives, l'état général est satisfaisant.

Enfin, en avril, l'état de la malade était meilleur lorsqu'eut lieu l'accouchement (17 avril).

Deux jours après la délivrance éclatent les symptômes généraux qui précèdent les éruptions nouvelles (céphalée prurit, élévation de la température 38° 2 m. — 39" s.).

Le lendemain, poussée généralisée.

La face est transformée en un masque rouge vif dans lequel les paupières, le nez et la bouche restent indemnes. Tout le corps est envahi de plaques érythémateuses, de vésicules, de bulles et de pustules.

Les membres inférieurs sont surtout atteints, et sur les jambes on voit de grosses phlyctènes de 8 à 10 centimètres remplies de pus .

Jusqu'au 5 mai l'éruption est stationnaire et la fièvre persiste (38'^ matin, S9°b le soir). Et alors se produit une détente marquée ; les lésions rétrocèdent très rapidement. L'enfant meurt le 13 mai de cachexie avec une éruption polymorphe mal caractérisée.

La malade a eu depuis cette époque plusieurs poussées tantôt généralisées, tantôt localisées qui survenaient irrégulièrement chaque mois et toujours à la suite d'un ennui, d'une contrariété, d'un accès de découragement et même quelquefois à la suite d'une séance de suggestion. Peu à peu elle re-

prend ses forces, elle a de l'appétit, dort bien, se promène, mais se fatigue vite.

Elle a quitté l'hôpital le 14 octobre 1894 présentant seulement sur la peau quelques macules avec légère desquamation.

Observation l>u Paul Bar. — Bulletin de la Société obstétricale de Paris. Février 1895.

28 ans, entre à la maternité de Thopital Saint-Louis, le 2 décembre 1894.

Antécédents de famille : Père mort à 33 ans, de pneumonie. Mère vivante, bien portante, aucune éruption cutanée à ses grossesses.

U]i frère et une sœur. Sa sœur a eu plusieurs grossesses sans aucune afïection cutanée.

Quant à elle, elle n'est ni tuberculeuse, ni syphilitique, ni hystérique.

A 19 ans, première grossesse, terminée au septième mois, par la naissance d'un enfant bien vivant.

A 20 ans 1 '2, accouchement d'un enfant bien développé. Troisième grossesse en 1888, l'enfant né à terme, mourut 15 jours après. Quatrième grossesse en 1889, l'enfanta succombé 17 mois plus tard à une diarrhée cholériforme.

En 1890, cinquième grossesse. Deux jours après l'accouchement la malade eut des frissons, de la fièvre; et autour de l'om- ])ilic, puis sur tout l'abdomen et la racine des cuisses se développe un prurit intense, une poussée d'urticaire. — En quinze jours tout fut terminé. — A deux mois et demi, l'enfant mourut de méningite.

Au quatrième mois de sa sixième grossesse, la malade ressentit des frissons et eut une fièvre assez vive.

Deux ou trois jours après, le prurit apparut au niveau de l'avant-bras gauche (face antérieure) gagna l'avant-bras droit et sur les deux membres à la fois se développa une éruption vési-

culeuse.Elle entra dans le service de M. le professeur Fournier où elle resta jusqu'à la fin de sa grossesse.

Pendant son séjour à riiôpital elle eut successivement plusieurs poussées, vésiculeuses et huileuses atteignant telle ou telle partie du corps. Seuls les mains, les pieds, le visage furent respectés. Chaque poussée était précédée de fièvre, de frissons, de prurit.

L'enfant naquit vivant et mourut deux mois et demi plus tard de diarrhée.

Deux jours après la délivrance : céphalée, frissons, élévation thermique (08°). Vive sensation de prurit sur les parois abdominales, la paroi thoracique, la face interne des bras, la face antérieure des avant-bras et la face interne des cuisses.

Rapidement se forment des plaques érythémateuses couvertes de vésicules et de grosses bulles.

On voyait sur la face antéro-interne des cuisses, des plaques érythémateuses les unes peu étendues, de forme circulaire, les autres beaucoup plus larges à contours irréguliers. Sur ces plaques se développaient des vésicules très petites et des bulles de dimensions variables. Sur la face antérieure des avant-bras : plaques érythémateuses, surélevées, couvertes de nombreuses bulles, séparées les unes des autres par des vésicules plus petites.

Ces bulles étaient rondes, à paroi tendue, contenant par places un liquide incolore et ailleurs un liquide citrin ou opalescent.

Après rupture, on voyait au-dessous d'elles le derme rouge, boursouflé, recouvert de flocons pseudo-membraneux et de lambeaux d'épiderme déchiré.

Les plaques érythémateuses, étaient les unes d'un rouge vif, criblées de petites vésicules, les autres de teinte adoucie recouvertes de croùtelles jaunes plus ou moins épaisses. Les poussées se succédèrent d'abord très rapidement puis s'espacèrent. 5 semaines après l'accouchement, la malade était guérie.

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