ATTITUDE A
La première action dépressive d’un composé barbiturique se manifeste par l’immobilisation. Cette dernière n’est pas immédiate, tout au moins avec les doses limites provoquant la position A. Elle est en effet précédée par de l’incoordination motrice, qui se traduit par une démarche ataxique. On note également de la cécité psychique, ainsi souvent l’animal n’a pas la notion exacte des distances. Avec une dose suffisante, ces phénomènes de début sont relativement fugaces. Ce qui domine alors le tableau de l’intoxication, c’est la paresse du train postérieur et enfin l’immobilisation, accompagnée de la diminution plus ou moins forte du tonus musculaire. Cette diminution du tonus musculaire crée d’abord pour l’animal la sensation de fatigue: comme nous l’avons dit, il s’immobilise. Un peu plus tard, il s’allonge sur le ventre. Dans cette position,
(*) Voir L. LAUNOY.— Sur la détermination des constantes de toxicité et d'activité
de quelques dérivés barbituriques. Principes de comparaison, résultats. Journal de Physiologie et de Pathologie générale, Ne 2, 1932.
les pattes postérieures souvent en extension, sont appliquées sur le sol par leur face antérieure et allongées dans le grand axe du corps. Les pattes antérieures peuvent être également plus ou moins étendues. La tête de l'animal reste droite, parfois faiblement inclinée ; à la limite, elle fléchit et le menton repose sur les pattes antérieures. L'animal étant excité, il peut se redresser et, bien entendu, sa tête se relève si elle est inclinée. Quand on place l’animal sur un côté, il n’y reste pas et retourne à sa position primitive. En somme, l’intoxication de début aboutit au décubitus ventral, le symptôme principal est la paraparésie. Evidemment, l’animal n’a pas perdu toute aptitude à la marche mais, pour le mettre en mouvement, on est obligé de l’exciter vigoureusement ; alors, le pincement d’une patte postérieure, avec une pince hémostatique par exemple, provoque le retrait de celle-ci et sa flexion, suivie de quelques mouvements de fuite. Cette dernière ne dure d’ailleurs pas longtemps, elle se limite à quelques pas d’une démarche ébrieuse, l'animal reprend sa position À, très vite.