‹ De la Détermination des Constantes de toxicité et d'activité de quelques Dérivés de la Série BarbituriqueChapitre 15 sur 95 · ATTITUDE D · texte numérisé non relu

ATTITUDE D

L’attitude D. correspond à la position d’un animal qui, placé sur le dos, reste dans la position qu’on lui donne, sans faire aucun mouvement. Dans cet état, l’animal est aplati sur le dos, la tête, comme nous l’avons dit précédemment, se trouve dans l’axe du corps et dans son prolongement, les pattes postérieures sont écartées du corps et donc réclinées à droite ou à gauche extérieurement au bassin, les jambes sont elles-mêmes allongées, quelquefois un peu fléchies mais, dans l'attitude D. complète, elles sont allongées. Les bras sont fléchis, ils sont presque perpendiculaires au grand axe du corps, sauf une très légère flexion des doigts. On conçoit que la position des pattes postérieures, si nous l’avons convenablement décrite, rappelle la position « obstétricale». C’est seulement en position D. que la résolution musculaire tend vers l'absolu et que l’on peut considérer l’inhibition des réflexes d’attitude comme à peu près complète. Il n’en est pas de même d’ailleurs des autres réflexes : cornéens, rotuliens, réflexes du conduit auditif externe, qui peuvent être positifs. On verra dans la lecture des protocoles expérimentaux qu’avec une dose d’Amytal à 0 g. 05 par kilog., par exemple, dose qui est supérieure à la dose D., les réflexes cornéens et auriculaires sont positifs, les réflexes rotuliens sont exagérés. Avec la dose de O g. 05

par kilog. de Sonéryl, le réflexe cornéen et le réflexe du conduit auditif externe ont été trouvés normaux et les réflexes rotuliens diminués. Avec la dose de 0 g. 06 par kilog. pour le Dial, dose déterminant l'attitude D., les réflexes cornéen et auriculaire étaient affaiblis, les réflexes rotuliens sont normaux. Chez de tels animaux, ce qui frappe également, c’est la dépression de la paroi abdominale, signe d’une bonne résolution musculaire des muscles de la paroi. La position D. pourrait être appelée « position chirurgicale ». En effet, les animaux sont immobiles, flasques et dans l'attitude convenable à toute intervention abdominale.

Ainsi que nous l’avons dit ci-dessus, la dose déterminant l'attitude D. doit être différenciée de celle qui caractérise «la narcose barbiturique profonde». Du point de vue posologique, elle lui est inférieure d’un demi à un centigramme et demi par kilog. environ. Chez un lapin en « narcose barbiturique profonde » l'attitude D. n’a pas varié, mais les réflexes du cou et de la nuque sont le plus souvent inexistants, de plus les phénomènes d’hypoesthésie, d’hypoesthésie cutanée en particulier, sont plus marqués. Ainsi, chez un lapin en position D. et en narcose barbiturique profonde, on peut opérer une section cutanée abdominale de 7 à 8 centimètres par exemple, sans grande réaction douloureuse. Toutefois, la section de la paroi musculaire le long de la ligne blanche, est presque toujours douloureuse, le pincement des lèvres de la plaie également. Les réactions provoquées par la douleur sont d’ailleurs assez faibles et l’animal n’a pas besoin d’être fixé, si peu que ce soit ; il peut être opéré (ablation de la rate) par un seul opérateur, sans aucun aide, ce qui indique bien la profonde dépression organique devant quoi on se trouve. Si on explore l’abdomen, l’animal ne doit, en aucun cas, projeter ses anses intestinales à l’extérieur. Le silence abdominal doit être absolu, rigoureux. Nous avons expérimenté, dans les meilleures conditions opératoires, chez des animaux injectés par voie veineuse avec 0,055 de Sonéryl °/. Les suites opératoires sont toujours très bonnes.

La dose de narcose barbiturique profonde peut être encore désignée comme dose de réflectivité minima.

OBSERVATIONS CONCERNANT LES ATTITUDES CI-DESSUS ET LE RETOUR A L’ÉTAT NORMAL.

Lorsque l’animal sort du coma barbiturique, les stades que nous venons de définir sont parcourus par lui en sens inverse et plus ou moins rapidement. Selon le régime d'élimination du corps étudié, certains d’entre eux peuvent être évités.

D'autre part, lorsqu'on injecte un animal avec la dose d’un barbiturique suffisante pour déterminer l’attitude C. par exemple, celle-ci n’est pas immédiatement obtenue. Elle apparaît après passage par l'attitude B. Si, après injection d’une dose d’un barbiturique, on obtient immédiatement le décubitus latéral, on peut presque à coup sûr estimer que la dose liminaire (dose pour attitude C.) est dépassée, elle rentre dans le cadre des doses pour attitude D., c’est le cas pour le Véronal, le Gardénal, le Dial, le Sonéryl, l'Amytal. Cependant, pour certains composés barbituriques tels que le Nembutal et l’acide étho-butyl-éthylbarbiturique, les doses déterminant les différentes attitudes sont assez rapprochées pour qu'avec une dose suffisante, l’effondrement en C. soit presque immédiat. D’ailleurs, avec ces composés, tels que le Nembutal (métho-butyl-éthylbarbiturique et le corps du même groupe soit : l’étho-butyl-éthylbarbiturique) le retour de l'attitude C. à la position normale, se fait assez brusquement et quelquefois l’animal passe de suite de C. en À. en brûlant la station B. Il est vraisemblable que cette particularité résulte à la fois de la rapidité de pénétration de ces produits dans le système nerveux central, de leur facilité d'élimination, et aussi de leur très faible action sur la réflectivité bulbo-médullaire. Les barbituriques de ce groupe agissent rapidement, s’éliminent vite, mais leur action paraît superficielle, comme il était normal de le prévoir d’après les caractères précédents. C’est avec les composés dont l’action est plus lente (Phanodorme, Sonéryl) que la distinction des stades À, B, C, se fait le plus facilement.

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