‹ De la Détermination des Constantes de toxicité et d'activité de quelques Dérivés de la Série BarbituriqueChapitre 94 sur 95 · PEINE · texte numérisé non relu

PEINE

Fr NOTE XX.

29 Toutes nos expériences ont été poursuivies sur le lapin non à jeun. On pourrait nous objecter ici que cette méthode peut avoir eu pour résultat d'augmenter, d’une certaine grandeur, quand nous la rapportons au kilog. la toxicité de nos différentes drogues. Nous n’ignorons pas cette objection, nous savons bien qu’un lapin à jeun et un lapin alimenté ne sont pas identiques. Si on admet que les aliments contenus dans le tube digestif d’un lapin de 2 kg. 200 par exemple alimenté, pèsent de 150 à 200 g., les doses déterminées sur ce dernier, rapportées au même lapin à jeun, devraient être diminuées du dixième environ, en ce qui concerne la toxicité et l’activité. De ce point de vue, quand nous disons que la toxicité d’un dérivé barbiturique est égale à O0 g. 10 par kilog. d’un lapin alimenté, ceci correspond à environ 0 g. 11 par kilog. d’un lapin à jeun. Nos résultats donc peuvent être en quelque sorte entachés d’une erreur de 10 % par excès. Dès le début de nos recherches, la question de travailler sur le lapin à jeun ou sur le lapin alimenté normalement, nous a préoccupé. Nous nous sommes décidé pour le lapin alimenté, pour les raisons suivantes :

Nous n'avons pas pu définir pour nous-même ce qui signifiait l'expression : lapin à jeun ? Fallait-il laisser l’animal à jeun pendant 12 heures ou bien pendant 24 heures ? Théoriquement, c’est à cette dernière solution que nous aurions dû recourir. En effet, quand on parle d'animal à jeun, il est habituel que ce soit un animal à jeun de 24 heures. Or, nous avons pensé que de travailler sur des lapins, c’està-dire sur des animaux à haute température normale 3904-3905, donc à combustion extrêmement rapide et intense, affaiblis par un jeûne de 24 heures, créait, pour l’expérience plus de désordres que d'avantages. Par ailleurs, nous étions dans la nécessité de compter avec le ravitaillement en animaux ; les lapins à Paris ne sont pas des animaux qui sont stockés et la continuité de notre travail se trouvait fortement empêchée du fait de cette mise à jeun qui, au début de nosrecherches, nous privait de nos animaux quand nous en avions besoin. Ceci étant dit, il est bien entendu que nos résultats valent pour des animaux alimentés, pris à n’importe quel moment du jour entre 10 heures du matin et 17 heures. Pour l’auteur qui désirerait rapporter nos résultats à des animaux à jeun, nous croyons qu'il suffira d'ajouter aux doses que nous avons données, soit pour la toxicité, soit pour l’activité, le dixième de la valeur de celle-ci, pour que la comparaison entre les deux états, l’état de jeûne et celui de l’alimentation soit valable.

30 La détermination des constantes de toxicité et d’activité à toujours été faite par le moyen d’injections empruntant la voie veineuse. Les solutions de nos produits ont été réalisées extemporanément par addition d’une quantité suffisante de soude. Le pH. de chacune de nos solutions était pris au potentiomètre immédiatement avant l'emploi. Dans ces conditions de dissolution, il faut remarquer que la quantité de soude nécessaire, est toujours en excès sur celle que représente le sel sodique tout constitué; ainsi nous savons que le Sonérylsodé et le Sonéryl acide dissous, par addition d’alcali,et pour des concentrations égales de l’acide barbiturique en question, n’ont pas le même pH, la solution extemporanément établie étant toujours plus alcaline que la solution du sel préparé, puis précipité et conservé à l’état sec*). Dans tous les cas, nous nous sommes servi des composés acides pour que nos résultats puissent être rigoureusement comparables. L’excès d’alcali ne nous a pas paru jouer un rôle excessif susceptible de modifier nos constantes. Nous aurions été beaucoup moins certain de nos résultats par l'emploi des dérivés sodiques du commerce, ces dérivés ne correspondant pas toujours à une teneur précise en base. Lorsque nous avons eu affaire à l’Ipral qu’il ne nous a été pos- Sible de nous procurer qu’à l’état de sel de calcium, nous avons précipité l’acide, séché à l’éther jusqu’à poids constant et c’est sur cet acide que nous avons travaillé. Dans tous les cas, les dilutions étaient faites dans l’eau salée à 9,2 0/,,.

Nos injections ont été poussées à la vitesse de 6 à 8 centimètres cubes par minute. Pour certains de nos dérivés, la vitesse d'injection n’a pas semblé influencer les résultats ; par contre, avec d’autres et tout spécialement avec l'Amytal, la vitesse de l'injection influe grandement; il est donc recommandé, pour ce corps, d'opérer les injections très lentement. La vitesse que nous donnons ci-dessus est un maximum.

49 Par ordre de toxicité croissante et quand on considère pour chacun des produits le nombre d’unités toxiques-lapin déterminé comme nous l'avons indiqué, les dérivés barbituriques étudiés se classent de la façon suivante :

À. — Série des acides dialcoyl barbituriques : Acides diéthyl, éthylisopropyl, diallyl, éthyl-butyl, éthyl-isoamyl, étho-2-butyléthyl, métho-1-butyléthyl barbituriques. +) Le pH de différentes sulutions de Sonéryl sodé préparé par le commerce était de :

1% = pH=9.06; 2% =pH= 9.37; 3% = pH = 9.47.

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