‹ De la détermination histologique des feuilles médicinalesChapitre 11 sur 44 · FAMILLE DES ORCHIDÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES ORCHIDÉES

Feuille de Faham. — Angræcum fragrans. Dup. Thouars.

I. Epiderme. — L'épiderme est constitué par une couche de cellules incolores, tabulaires, dont les parois sont faiblement épaissies. Leur surface est irrégulièrement polygonale. L’épiderme inférieur produit seul des stomates. Ceux-ci, elliptiques, ont tous leur grand diamètre dirigé dans le sens de la longueur de la feuille. L'6

piderme est recouvert d'une cuticule épaisse.

Il. Mésophylle. — Contre les deux épidermes S appuie une assise de cellules incolores à membrane

un peu épaissie. Ces cellules se montrent polygonales sur une coupe transversale, rectangulaires ou carrées sur une coupe longitudinale. Dans leur milieu sont disséminés de longs éléments dont les extrémités se terminent en pointe. Les parois épaissies de ces éléments sont cellalosiques ou lignifiées : leur cavité est considérable. Leur section transversale est circulaire ou elliptique (pl. V. fig. VIT a, fig. VII bis, a)

Entre les assises incolores, siège du parenchyme vert uniforme. Les éléments nombreux qui le constituent sont ellipsoïdaux, ovoïdes ou polygonaux. Il existe au milieu d'eux de longues cellules fusiformes. épaissies , semblables à celles que l'on rencontre dans les assises hypodermiques, et de rares éléments contenant des paquets de cristaux aciculaires (raphides) d'oxalate de chaux. Les derniers sont difficiles à voir, parce que sous l'influence de l’eau il S'échappent des cellules.

IT. Faisceaux libéro-ligneux — Des faisceaux libéro-ligneux siègent dans le mésophylle. Celui qui oceupe la r

] égion médiane de la feuille est le plus gros. Chaque cordon présente une section transversale elliptique

dont le grand diamètre est perpendiculaire à la surface foliaire. On trouve à sa partie inférieure un petit groupe de fibres allongées dont les parois sont épaissies et lignifiées et dont la cavité est assez grande. Ces fibres se présentent sous la forme de polygones assez réguliers lorsqu'on observe une coupe transversale.

Au dessus on rencontre un amas de liber celluleux, qui est à sa face supérieure én contact avec quelques vaisseaux (trachées, v. spiraux, v. ponctués).Le bois estenveloppé supérieurement par des cellules qui ont l'aspecz de prismes droits à base polygonale. Ces éléments constituent ensemble un arc dont la concavité est tournée vers le bois. Leur mem- Dia est épaissie, lignifiée et ponctuée ; leur cavité est assez considérable.

ANGIOSPERMES DICOTYLÉDONES

FAMILLE DES PIPÉRITÉES.

Feuilles de Matico. — Artanthe elongata. Miq.

I. Lame interneurale. a. Epiderme. — L'épiderme forme une seule couche de cellules aplaties, polygonales superficiellement. Pourvu de stomates à sa face inférieure seulement, il est hérissé de longs poils, composés d’une seule série de cellules et surmontant une petite saillie épidermique pluricellulaire. Les cellules qui entrent dans la constitution de chacun de ces poils sont beaucoup plus longues que larges et les basilaires surtout présentent la particularité d'ètre plus larges à leur base et à leur sommet qu’à leur région médiane. La cellule supérieure, assez longue, est conique.

b. Mésophylle. — Sous l'épiderme supérieur on rencontre une ou deux assises de cellules incolores rectangulaires ne présentant aucun méat ; et, au-dessous de ces assises, de deux à quatre couches de petites cellules vertes de quatre à cinq fois plus longues que larges, pressées les unes contre les autres, cylindriques et perpendiculaires à la surface de la feuille. Contre l'épiderme inférieur est adossé du parenchyme vert moins développé que le précédent. Il est composé de petites cellules un peu rameuses, arrondies ou allongées en différents sens, lorsqu'on exa— mine la coupe transversale de la feuille. Le Mésophylle est dépourvu de cellules cristalligènes, mais renferme des glandes uni-cellulaires contenant une huile essentielle jaunâtre. Ces dernières, sphériques ou elliptiques, à grand diametre perpendiculaire à la surface épidermique, sont surtout situées dans le parenchyme supérieur, non loin de l'épiderme.

IT. Nervure. — Au-dessous d'un épiderme poilu à cellules petites, rectangulaires, siègent ordinairement deux assises de cellules arrondies, rectangulaires en coupe transversale. Contre ces couches existent des ilots de cellules collenchymateuses très épaissies et très longues (pl. VIT, fig. IT, b). Ces ilots sont séparés les unes des autres par des cellules qui forment aussi en dedans d'eux un massif puissant. Ces dernières ont leurs membanes épaissies et présentant des ponctuations ; elles sont irréculièrement polygonales sur une coupe transversale, carrées ou rectanculaires sur une coupe longitudinale. Quelques-uns de ces éléments renferment de la chlorophylle, mais presque tous contiennent de nombreux cristaux isolés qui ont pour la plupart la forme de petites aiguilles ou de petits prismes. Des cellules lignifiées et très épaisses g, o!, g!!, ainsi que des glandes unicellulaires existent dans ce parenchyme. Ces selérites sont polygonaux ou arrondis en coupe transversale, carrés en coupe longitudinale. Ils sont munis sur leurs parois de nombreuses ponctuations, la plupart allongées radialement. Les glandes sont ellipsoïdales à grand diamètre longitudinal. Le système fibrovasculaire est représenté par des ilots (e, f), en nombre variable, disposés en un arc concave supérieurement et séparés les uns des autres par plusieurs rangs de cellules analogues à celles qui composent le tissu fondamental. Les îlots présentent chacun une section transversale ordinairement triangulaire ; ils sont situés vis-à-vis les cordons collen-

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chymateux. Chaque faisceau est composé de liber inférieur, de bois et de liber supérieur. Le liber inférieur est constitué par des fibres et des cellules. Les fibres ont souvent une membrane mince et cellulosique, mais quelquefois certaines d'entre elles s'épaississent et se lignifient. Dansle liber celluleux siègent des celiules contenant de l'huile essentielle; ces glandes sont ovales ou elliptiques sur une coupe longitudinale, arrondies sur une coupe transversale. Le bois, un peu plus développé que le liber, est composé de vaisseaux spiraux et de trachées. Quant au liber supérieur, il estle plus souvent fibreux et ses fibres présentent les mêmes variations que celles du liber inférieur.

lalsification. — On a parfois substitué la Sauge sclarée (Salvia sclarea. L.) au matico. Voici les caractères principaux qui permettront de les distinguer.

. Dans la Sauge sclarée (Salvia sclarea. 1.) il n'y a jamais de cellules incolores au-dessous de l'épiderme supérieur, ni de glandes unicellulaires dans le mésophylle. On trouve au contraire des glandes externes. Il n'existe point de faisceaux séparés de collenchyme dans la nervure. [ln'y a pas non plus de sclérites, de glandes, ni de cellules à cristaux dans le parenchyme neural.

Feuille de Serronia Jaborandi Gaud.

I. Lame interneurale. a. Epiderme. — L'épiderme, glabre, est constitué par une seule couche de cellules tabulaires à surface irrégulièrement polygonale ou légèrement ondulée. L'épiderme inférieur seul est pourvu de stomates.

b. Mésophylle. — Au-dessus de l'épiderme inférieur existe une ou deux couches de grandes cellules incolores arrondies ou rectangulaires. Entre ces assises et l'épiderme supérieur se trouve du parenchyme vert. en général un peu moins développé que la masse totale de l'épiderme et de l'hypoderme. Supérieurement, le parenchyme forme une assise de très petites cellules cylindriques, à peine deux fois plus longues que larges. Inférieurement, il est constitué par plusieurs couches de cellules arrondies.

Les cellules cristallisènes sont absentes; mais il existe des glandes unicellulaires sphériques, sécrétant une huile essentielle jaurâtre. Ces dernières sont placées dans l'hypoderme ou au milieu du mésophylle.

Il. Nervure. — En dedans d'un épiderme à cellules un peu épaissies, rectangulaires, siège un massif de cellules très longues et très épaissies constituant un collenchyme. En dedans du collenchyme inférieur se trouve une ou deux couches de longs éléments épaissis, lignifiés, terminés en pointe à leur extrémité. Entre ces fibres et le collenchyme supérieur est une masse d'éléments polygonaux en section transversale, carrés ou rectangulaires à peine deux fois plus longs que larges dans le sens longitudinal. Ils laissent entre eux de faibles méats. Quelques-uns renferment de la chlorophylle, d'autres, au contraire, ont un contenu très granuleux et cristallin. On trouve dans ce parenchyme des cellules à membrane très épaissie, ponctuée et lignifiée, arrondie ou irrégulièrement polyzonale en section transversale, presque carrée dans le sens longitudinal.

Le système fibro-vasculaire est représenté par plusieurs cordons libéro-ligneux disposés en arc et séparés les uns des autres par des cellules semblables à celles du parenchyme fondamental. Chaque cordon

est oval (coupe transversale), allongé perpendiculairement à l’épiderme. Il est composé en allant du bas vers le haut :

1° De liber constitué inférieurement par un amas continu de fibres épaissies, lignifiées, ponctuées, à cavité plus ou moins grandes ; supérieurement par des cellules libériennes au milieu desquelles sont ploncées des glandes unicellulaires dont le contenu est oléo-résineux. Ces dernières sont généralement allongées suivant la nervure :

2e De bois formé de vaisseaux rayés, spiraux, trachéens ;

35° D'un massif de fibres lignifiées semblables à celles du liber inférieur.

Poivre réticulé. — Piper reticulatum. 1.

I. Lame interneurale. — Le mésophylle vert est, à la face inférieure comme à la face supérieure, situé entre deux couches de cellules incolores et aplaties. Les cellules de l'assise superficielle présentent un contour polygonal. Des stomates se rencontrent à la face inférieure. Les deux épidermes produisent des glandes unicellulaires ayant la forme d'un œuf dont la petite extrémité est tournée en haut, glandes supportées par un pédicelle à une seule cellule.

Au-dessous des couches incolores supérieures sièse une assise de orandes cellules cylindriques vertes, perpendiculaires à la surface de la feuille et de deux à trois fois plus longues que larges. Ce tissu est en contact avec une lame composée de trois à quatre couches parallèles de cellules qui, sur une coupe transversale, sont allongées parallèlement à l'épiderme. Elles laissent entre elles des méats nombreux, mais très petits.

De grosses glandes unicellulaires sphériques se trouvent dans ce parenchyme, au voisinage du tissu en palissade. Elles sont remplies de gouttelettes d'huile essentielle jaunâtre.

IL. Nervure. — Contre l’épiderme inférieur siège un are continu de collenchyme au-dessus duquel on voit un amas de parenchyme dont les éléments incolores, sont prismatiques à base polygonale et laissent entre eux de petits méats. Des glandes unicellulaires se rencontrent dans ce parenchyme.

Au-dessous de l'épiderme supérieur existent deux ou trois couches de grandes cellules incolores, qui touchent à quelques assises de cellules contenant un petit nombre de grains de chlorophylle. Entre ce tissu et le parenchyme inférieur se trouve un cordon libéro-ligneux composé inférieurement d'un arc de liber dont les éléments ont leur paroi cellulosique. Des cellules sphériques remplies d'huile essentielle se remarquent dans le liber.

Au-dessus du liber est le bois constitué par des vaisseaux ponctués et spiraux et des trachées. Enfin le bois est en contact supérieurement avec des éléments semblables à ceux qui composent le liber inférieur.

FAMILLE DES JUGLANDÉES.

Feuille de Noyer. — Juglans regia. L.

I. Lame interneurale. à. Epiderme. — L'épiderme, muni de stomates à la face inférieure seulement, est formé d'une seule couche de

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