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CHAPITRE PREMIER HISTOLOGIE GÉNÉRALE

Nous n'avons point l'intention de grouper dans ce premier chapitre les nombreuses connaissances histologiques acquises jusqu'ici par la science sur le limbe foliaire. On trouvera soit dans la plupart des traités de botanique, soit dans des mémoires spéciaux, l’histoire générale des tissus de la feuille ou des autres organes chez lesquels existe une constitution identique, ou à peu de chose près semblable. Notre but est plus restreint ; nous nous sommes seulement proposé de classer les divers matériaux que nous a fournis l'observation particulière des feuilles employées en médecine et de leurs falsifications. Nous devons toutefois prévenir le lecteur de ne point chercher dans cette partie de notre sujet, un travail détaillé et complet sur l’histologie si compliquée du limbe des feuilles médicinales. Nous avons donné une assez large extension à l'étude des éléments et des tissus qui, d'une part, sont facilement accessibles à l'examen microscopique, et, d'autre part, fournissent des caractères importants pour distinguer entre elles les différentes espèces : en revanche, nous n'avons décrit que d’une façon très sommaire, où même avons passé sous silence les détails d'organisation qui n'offrent qu'un faible intérêt pour la diagnose des feuilles.

Ces notions générales pourraient servir en partie de conclusions à notre travail, mais nous avons préféré en faire le sujet de notre premier chapitre. Le lecteur pourra ainsi se rendre mieux compte du sens attribué par nous aux différents termes scientifiques dont il est fait usage dans la description des feuilles de chaque espèce végétale.

Le limbe d'une feuille se présente généralement sous la forme d’une lame verte d'épaisseur et d’étendue variables. On y remarque

deux faces : l’une supérieure, l’autre inférieure, Le limbe est sillonné de cordons qui le traversent en des sens très divers et affectent des dispositions variées. Ce sont les nervures.

Tous les cordons qui parcourent une même feuille n'ont pas la même puissance : les uns, assez volumineux, font saillie à la face inférieure de l'organe ; les autres , très déliés, proéminent à peine. Ils renferment un ou plusieurs faisceaux composés en partie par du tissu vasculaire ; tandis que la portion de la feuille située entre eux et à laquelle on peut donner la désignation de lame inlerneurale où extraneurale, en est complètement dépourvue.

Les deux surfaces foliaires sont recouvertes chacune d'une pellicule le plus souvent incolore. Ces deux lamelles se réunissent aux deux bords ou marges de l'organe ; elles constituent les deux épidermes. Entre elles se trouvent les nervures et les tissus placés en dehors de ces dernières. La portion de la masse interneurale située entre les deux épidermes, renferme de la matière verte qui donne à la feuille sa coloration habituelle ; on lui donne le nom de #m€sophylle.

Nous allons étudier successivement les différentes parties qui composent la feuille : épiderme, mésophylle, marge et nervures.

Épiderme.

L'épiderme, nous venons de le voir, forme sur les deux faces de l'organe une lamelle incolore. Chaque lamelle est pluricellulaire, et les cellules qui entreat dans sa constitution s'agencent entre elles de façon à ne laisser aucun vide, aucun méat. Plusieurs épidermes , il est vrai, sont percés d'ouvertures ; mais celles-ci ont une forme particulière et sont entourées d'éléments dont l'aspect diffère beaucoup de celui des cellules épidermiques proprement dites : Elles forment avec leur bordure cellulaire spéciale des appareils dont l'étude nous occupera bientôt ; nous voulons parler des sfomates.

Le plus grand nombre des espèces possède un épiderme composé d’une assise de cellules. C’est exceptionnellement qu'il existe denx ou

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plusieurs couches au moins sur une des faces foliaires, et encore dans les feuilles qui offrent deux ou plusieurs assises de cellules incolores, il n’est pas toujours facile de savoir par la simple inspection microscopique si les couches profondes appartiennent à l’épiderme ou au tissu intermédiaire. Le développement des tissus peut seul nous fournir des renseignements positifs. On désigne sous le terme de couche de renforcement où d'hypoderme, le tissu incolore sousjacent à l’épiderme, mais ne faisant pas partie de ce dernier.

Les cellules épidermiques sont ordinairement aplaties dans le sens perpendiculaire à la surface de la feuille : elles sont tabulaires. Quand on étale sur un porte-objet un lambeau d'épiderme, la surface des éléments se présente sous des aspects qui varient avec les espèces et dans la même espèce suivant que l’épiderme appartient à la face inférieure ou supérieure de l'organe. Dans les feuilles d’un grand nombre de dicotylédones, les cellules de l'épiderme sont limitées par une membrane qui se plisse de manière à présenter un contour superficiel ondulé. Des portions saillantes alternent avec des parties rentrantes. Les plissements peuvent être peu prononcés, ou, ce qui est le plus commun, atteindre un degré considérable de développement. Les parties saillantes sont tantôt arrondies, comme le montre les figures VIT et VIII de la planche II qui représentent les cellules épidermiques des feuilles de Consoude (Symphytum officinale. 1.) et de Belladone (A#ropa belladona. 1.) ; tantôt aiguës, disposition qui se remarque dans le Datura (Datura stramoniwm. 1.) (pl. Il, fig. VII).

Les gymnospermes, la plupart des monocotylédones et quelques dicotylédones sont pourvus de cellules épidermiques dont les parois, parallèles à la surface des feuilles, ont la forme de polygones à côtés longitudinaux, droits. Les feuilles de Faham (Angræcum fragrans. Dup. Th.) et de Sabine (Juniperus sabina. L.) présentent des cellules polygonales allongées, suivant la longueur de la feuille, tandis que les diverses cellules de l'épiderme des dicotylédones n'ont point toutes la même direction. Exemple: feuille de Ptelée (Ptelea trifoliala. L.) (pl. I, fig. V).

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Les cellules qui revêtent les plus fortes nervures sont sujettes à de moindres variations.

Leur contour n'est point ondulé. La paroi superficielle forme un rectangle ou polygone dirigé dans le sens de la nervure.

Les cellules épidermiques des deux faces possèdent généralement la même structure. Tantôt, comme cela se remarque dans les feuilles de la plupart des Solanées, des Ombellifères, les deux épidermes ont des cellules à pourtour sinueux ; tantôt, au contraire, les éléments sont tous polygonaux. Les feuilles de Sabine (Juniperus sabina. 1), de Buis (Buæus), de Redoul (Coriaria myrlifolia. 1.) etc., sont des exemples de semblable disposition. Il n’en est pas de même du Tussillage pas-d’âne (Tussilago farfara. L.) dont les feuilles sont munies d'un épiderme qui diffère sur les deux faces. Les cellules de la face supérieure sont limitées par une paroi nettement ondulée, tandis que celles de la supérieure n'offrent aucune sinuosité.

La portion de la membrane cellulaire qui entoure directement la cavité présente habituellement tous les caractères chimiques de la cellulose. L’acide sulfurique et l’iode, employés successivement, ou le chloroiodure de zinc, déterminent une coloration bleue.

Toutes les membranes épidermiques ne manifestent pas toujours les réactions de la cellulose, quelques-unes sont, en totalité ou en partie, transformées en mucilage ; c'est ce que font remarquer les feuilles de Buchu (Barosma). Que l’on vienne à placer sous le microscope une coupe fine d'une de ces feuilles, mise pendant quelque temps dans l'alcool absolu, on trouvera que l’épiderme supérieur est constitué par une couche de cellules. Si l'examen porte sur des sections placées dans un liquide avide d'eau comme l'alcool absolu ou la glycérine, les cellules de cette assise paraissent très-aplaties et montrent sur leur face profonde, sur celle qui se trouve en contact direct avec les cellules du parenchyme vert, une paroi un peu épaissie. Dès que l'on fait arriver de l’eau sur les tranches minces, on voit se gonfler cette portion de membrane, et le gonflement atteint des proportions considérables.

La partie superficielle de l'épiderme n'est point cellulosique ; elle

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