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a subi une modification que les botanistes ont appelé cuticularisation. Cette portion se montre le plus souvent sous l’aspect d’une pellicule d'épaisseur variable insoluble dans l'acide sulfurique et se colorant en jaune où en brun sous l'influence d’une dissolution d’iode seul ou de chloroiodure de zinc. Dans le Houx (Z/ex aquifolèwim. L.), la culicule ne constitue pas seulement un revêtement superficiel, elle apparait encore sous forme de coin entre les parois latérales des cellules,
La cuticule est ordinairement lisse ; mais parfois elle donne naissance à sa surface à des plis ou crêtes peu saillantes qui prennent l'aspect de stries lorsqu'on fait l'examen microscopique d’un lambeau d'épiderme étalé sur le porte-objet. 11 suffira de jeter un coup d'œil sur les figures II et V de la planche I, qui représentent, la première l’épiderme supérieur de Tussilage pas-d'âne (Twssilago farfara. L.), la seconde l’épiderme du Ptélée (P{elea trifohiata. L.), pour se rendre compte de cette production.
La membrane des cellules épidermiques présente une épaisseur très variable. Lorsqu'elle acquiert un certain degré, il n'est pas rare de la trouver parsemée de ponctuations. Ces dernières ne siègent pas indifféremment sur toutes les parois, elles se rencontrent seulement sur les côtés perpendiculaires à la surface de la feuille. On en voit deux exemples frappants dans l’épiderme du Thym commun (7hymus vulgaris. L.) (pl. I, fig. VI) et de la Scabieuse succise (Scabiosa succisa. L.) (pl. II, fig. IV).
Parmi les diverses productions que peut fournir la membrane, nous ne devons pas oublier de signaler les curieux corps appelés cystolithes par Weddell (1), et que l'on remarque dans l’épiderme d'un grand nombre d'urticées.
L'examen attentif d'une coupe de feuille de Pariétaire (Partelaria officinalis. L.) nous fait reconnaître dans quelques cellules de l'épiderme, plus volumineuses que les autres (pl. IV, fig. VII), des
(1) Weddell. Les cystolithes des urticées, Annales des Sciences naturelles, série IV, tome Il.
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petites masses sphéroïdales parsemées à jeur surface de nombreux et délicats mamelons. Ces corps ne flottent point libres dans la cavité cellulaire, mais sont rattachés à la partie interne de la paroi superficielle par un fin pédicule cylindrique. Vient-on à faire agir sur eux un acide, il se produira une effervescence et l'apparence tuberculeuse de ces formations disparaïitra pour faire place à un petit globe formé de plusieurs couches concentriques.
Traite-t-on ensuite la coupe bien lavée par du chloroiodure de zinc, le pédicule et le corpuscule des cystolithes se colorent en bleu, ce qui indique leur constitution cellulosique. Quant à l'effervescence produite par les acides, elle résulte de la présence d'un carbonate (carbonate de chaux) qui incruste la masse de cellulose. Celle-ci doit être considérée comme un diverticulum de la paroi superficielle des cellules épidermiques.
Les cellules épidermiques ne contiennent habituellement point de chlorophylle ; mais on peut rencontrer dans leur intérieur des substances colorantes diverses, des matières huileuses ou oléorésineuses et de l’inuline.
Les substances colorantes autres que la chlorophylle sont à l’état de dissolution. C’est grâce à un liquide coloré renfermé dans les cellules de l’épiderme que certaines feuilles doivent leur coloration rouge. — Il serait, sans contredit, intéressant d'étudier la constitution des sucs colorés et leur répartition dans l’épiderme; mais comme aucun liquide de cette nature ne se remarque dans les espèces que nous avons étudiées, nous nous sommes contenté de signaler leur présence possible dans certaines feuilles.
Les huiles essentielles et les oléorésines peuvent se trouver dans l'épiderme de quelques plantes, et dans tous les éléments de cette lamelle. Nous avons constaté la présence de fines gouttelettes oléorésineuses dans les cellules épidermiques de la Pulmonaire (Pu/monaria officinalis. L.).
L'épiderme d'autres feuilles ne possède pas dans tous ses éléments des subtances oléo résineuses. La production de ces matières est limitée à des cellules spéciales, comme on peut s'en assurer par
fl
l'observation microscopique de la feuille d’'Asaret d'Europe (Asarwm europæum. L.). Entre les cellules épidermiques ordinaires de cette espèce siègent d'autres cellules plus petites dont la cavité est remplie d’un produit transparent et granulé qui jaunit sous l’action de la potasse et se dissout dans l’éther.
Inuline. — L'inuline, substance voisine de l’amidon par sa composition chimique, est en dissolution dans le suc cellulaire ; mais on peut la précipiter à l’aide de réactifs appropriés. Sous l’infiaence de l'alcool ou de la glycérine elle apparait à l’état de masses douées d'un aspect particulier. L’inuline des feuilles se précipite en effet sous la forme de fines aiguilles, qui se groupent en rayonnant autour d'un point commun pour constituer de petits corps ressemblant à une sphère ou à des fragments sphériques. C’est cette apparence qui a fait donner à ces amas le nom de sphéro-cristaux. Cette matière ne prend aucune coloration sous l’action de l’iode. Elle se précipite fréquemment de sa dissolution contre la paroi cellulaire. Il arrive trèssouvent qu'un point de la paroi séparant plusieurs cellules contiguës devienne le centre de groupement d’un certain nombre de cristaux renfermés dans la cavité de ces diverses cellules. Il en résulte que l'ensemble prend l'aspect d’une sphère. L'inuline, très-abondante dans certaines racines de composées (Dahlia, Tnula), a été rencontrée par M. de Lanessan dans les cellules épidermiques de la feuille de Buchu (Barosma.) Nous avons aussi constaté la présence de cette substance dans l’épiderme de la feuille de Ptélée Ptelea trifoliata.1.). que nous avons représenté à la figure V de la planche I.
De l’épiderme dérivent les formations que l’on a désignées sous le nom de poils et de s{omaltes.
Pois.
Les poils sont des appareils filamenteux qui naissent sur l'épiderme et ne sont qu'une dépendance de ce dernier. Les uns portent soit à leur base, soit à leur sommet une cellule ou un groupe de cellules qui ont la propriété de produire des substances oléagineuses :