‹ De la détermination histologique des feuilles médicinalesChapitre 9 sur 44 · CHR ERR ER] TECHNIQUE · texte numérisé non relu

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Les feuilles que l’on trouve dans les drogueries ou dans les pharmacies sont généralement desséchées. À cet état, elles sont mpropres à l'examen histologique. Essaie-t-on d'en faire, à l’aide d’un rasoir tranchant, des sections minces destinées à l'observation microscopique, les feuilles se brisent en parcelles très-menues qui ne sont d'aucune utilité pour l'étude. Il est donc nécessaire de faire subir à ces organes des manipulations préliminaires qui permettent de pratiquer facilement des coupes régulières d’une assez grande étendue, et rendent aux éléments anatomiques un aspect semblable à celui qu'ils possédaient à l'état frais.

Voici les procédés auxquels nous avons eu recours :

On place dans une capsule en porcelaine ou dans tout autre vase pouvant supporter la chaleur, de l’eau distillée et quelques feuilles entières ou plusieurs fragments d'organes. On fait bouillir le mélange. Quand les otjets sont suffisamment ramollis, on retire le récipient du feu et on laisse refroidir. Une portion des fragments peut être employée à la confection de coupes fines avec un rasoir, et par des procédés que nous indiquerons un peu plus loin. Lorsqu'on a obtenu une assez grande quantité de tranches délicates, on en observe une ou deux dans l’eau, au microscope. L'examen superficiel a-t-il fait remarqué que les tissus ont acquis leur forme primitive? on pourra alors les étudier d'une facon plus approfondie, et faire agir sur eux les divers réactifs. Les éléments anatomiques sont-ils encore rétractés ? il est alors de toute nécessité de procéder à une seconde opération.

On doit aussi essayer de détacher quelques lambeaux d'épiderme d’autres fragments, en s’aidant d'une pince fine et d'un petit scalpel.

Si cette manœuvre ne réussit point, il faut, comme pour les coupes imparfaites, user d'une autre méthode.

Nous nous sommes servi avec avantage d'une solution faible de potasse caustique.

A cet effet, un certain nombre de tranches sont mises dans de l’eau distillée additionnée de quelques gouttes d’une solution de potasse à 1/10, et contenue dans une petite capsule en porcelaine. On agit de même à l'égard d'une feuille entière ou de débris. Les appareils sont chauffés. Grâce à ceite opération, les cellules font disparaitre les plis produits par la dessication, et il est facile d'enlever des portions d'épiderme. Nous avons pu, par ce moyen, rendre aux tissus de feuilles conservées depuis longtemps en herbier, une forme semblable à l'aspect qu'elles revêtaient à l'état frais.

La potasse n’altère point la forme des cristaux qui siègent dans les feuilles ; elle a de plus l’avantage de produire la coagulation du latex, coagulation qui permet de constater la présence de vaisseaux ou cellules qui renferment ce suc.

Pour obtenir facilement de nombreuses coupes minces, on intercale des feuilles ou des fragments entre deux morceaux de moelle de sureau. On superpose plusieurs feuilles ou débris pour avoir une assez grande épaisseur.

Comme parmi les nervures, le cordon médian a seul fait l'objet de notre étude, puisque nous avons fait nos descriptions d’après des coupes transversales pratiquées à une petite distance de la base de la feuille ; on doit, pour ne point tomber dans des erreurs de diagnose, disposer des feuilles ou des fragments choisis convenablement, de facon à produire des sections à la hauteur désirée.

La moelle de sureau peut être tenue entre les doigts ou introduite dans un microtome. Celui que nous employons est du modèle Ranvier. Cet instrument permet de faire un grand nombre de coupes minces et très étendues dans un espace de temps très court.

Les coupes obtenues sont alors placées dans de l’eau que renferme un verre de montre, et peuvent être ensuite examinées au microscope en suivant les méthodes indiquées en micrographie.

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Lorsqu'on veut se rendre exactement compte de la forme, du rapport des éléments anatomiques, il est nécessaire de fabriquer des sections dans le sens longitudinal de la feuille, mais ces moyens ne donnent point toujours des résultats convenables. On recourra alors utilement à la dissociation des éléments. On peut faire usage d'une solution concentrée de potasse que l’on porte à l'ébullition avec les parties que l’on désire observer. Ce procédé convient, principalement, à la recherch2 des Laticifères.

Il ne suffit pas, pour déterminer une feuille, d'examiner au microscope la forme, le rapport des cellules, des fibres, des vaissaux, il faut encore reconnaitre les propriétés chimiques de la membrane et du contenu. L'emploi des réactifs est alors indispensable. Nous ne signalerons que les principaux ; car nous n'avons pas eu pour but de rechercher dans les éléments anatomiques les produits si complexes, comme les alcaloïdes, dont la présence est actuellement difficile à constater à l’aide de substances de coloration.

La distinction des différentes feuilles employées en thérapeutique, ou falsifiant ces dernières, nécessite seulement l'usage de quelques liqueurs dont nous donnons ci-dessous la liste :

1° Solution d’iode ioduré; 2° Chloroiodure de zinc; 3° Solution ammoniacale de fuchsine ; 4° Acide acétique ; 59 Acide chlorhydrique.

La solution d’iode produit la coloration bleue de l'amidon ; elle n’a aucune influence sur les membranes de cellulose, mais détermine la coloration brune de la cuticule et des parois lignifées.

Le chloroiodure de zinc colore au contraire la cellulose en bleu ou en violet ; la cuticule et le ligneux en brun.

Si l'on plonge des sections de feuilles dans une solution incolore de fuchsine dans l’eau ammoniacale, et qu'on les transporte au bout d'une minute dans de l'eau distillée, les portions cuticularisées ou lignifiées acquièrent une magnifique coloration violette qui ne se manifeste point sur les parties cellulosiques.

Quant aux acides acétique et chlorhydrique, ils servent à reconnaître la nature des cristaux. Le premier est sans action sur l’oxa-

=" '— , late de chaux, mais dissout avec effervescence le carbonate de | chaux; le second, au contraire, produit la dissolution de ces deux substances chimiques.

# Si l’on désire conserver en préparation des coupes de feuilles, on

l pourra faire usage d’un mélange en parties égales, d'eau distillée et k de glycérine.

Nous nous sommes adressé aux feuilles que signalent le Codex francais et les remarquables traités de pharmacologie de M. G. Planchon (1) et de MM. A. Flückiger et D. Hanbury (2). Nous avons adopté, dans nos descriptions, l’ordre des familles naturelles qui, elles-mêmes, sont classées suivant la méthode de A. de Jussieu. Les feuilles utilisées en médecine et les organes qui servent à les falsifier ou peuvent être facilement confondus avec elles, ont été décrits avec assez de détails.

Nous avons fait suivre la description étendue d’une feuille officinale, de la diagnose différentielle de cet organe et de ses substitutions, diagnose établie d'après les caractères histologiques les plus saillants.

Dans le cas où une famille végétale est représentée par plusieurs plantes dont les feuilles sont employées en thérapeutique, nous avons groupé dans un paragraphe qui suit l'indication de la famille, les principaux faits que nous a fournis l'analyse des diverses espèces et énuméré, toutes les fois qu'il y avait lieu , les caractères communs aux types médicinaux du même groupe.

Nous avons constaté que les espèces appartenant à chacune des grandes familles (Labices, Borraginées, Solanées, Synanthérées, etc.) offrent dans leur structure plusieurs points de ressemblance. L'ensemble detels caractères, propre à chaque groupe, mais différant d'un groupe à l’autre, peut servir à établir des distinctions entre les diverses familles.

(4) G. Planchon. Traité pratique de la détermination des drogues d’origine végétale. Paris, 1875.

(2) A. Flückiger et D. Hanbury. Histoire des drogues d’origine végétale, traduit de l'anglais et annoté par M. de Lanessan.

Nous sommes loin de prétendre que cette somme de dispositions histologiques, commune aux feuilles médicinales d'un même groupe, puisse se retrouver dans tous les types de cette famille. Il peut en effet arriver que quelques espèces , formes de passage entre deux familles voisines, ne possèdent point quelques-uns de ces traits généraux. Nous n’accordons qu'une valeur limitée à ces caractères. En appliquant ceux-ci à certaines familles assez riches en plantes officinales, nous supposons que ces groupes ne comprennent que les types sur lesquels ont porté nos recherches.

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