‹ De la déviation conjuguée des yeux et de la rotation de la tête dans certains cas d'hémiplégieChapitre 8 sur 25 · GROUPE II. — LÉSIONS DES MÉNINGES · texte numérisé non relu

GROUPE II. — LÉSIONS DES MÉNINGES

persiste jusqu'au 22 janvier. La tête tombe ce jour-là sur la gauche, la malade succombe dans la journée. '

Nécropsie. — Les méninges .étaient très-congestionnées, elles s'enlèvent par grands lambeaux sans entraîner la substance cérébrale ; les membranes étaient d'un rouge vif produit par l'imbibition du sang. Le lobe sphénoïdal du côté droit est teinté de rouge ne disparaissant que par le lavage ; néomembranes de la duremère plus épaisses àdroite, elles existent dans les fosses sphénoïdale et frontale, à gauche dans la fosse occipitale seulement.

Le cerveau est ferme, on n'y a point trouvé d'altération. Artères athéromateuses, mais toutes perméables.

Observation VIL

(Extrait de Lépine, obs. I) (1).

Attaque apoplectique. — Mort en cinq jours. — Hémiplégie gauche. — Rotation de la tête et des yeux à droite avec raideur du cou. — Nystagmus. — Hémorrhagie méningée plus abondante à droite. — Attrition d'une circonvolution sphénoïdale droite.

B..., âgée de 78 ans. Morte le 12 juin 1867 à l'infirmerie de la Salpêtrière. (Service de M. Charcot.)

Cette femme fut frappée brusquement, le 7 juin, d'une attaque apoplectique foudroyante, avec perte complète de connaissance et résolution des membres ; les paupières sont abaissées. Il n'y a pas de déviation de la tête ni des yeux.

Le soir, même perte de connaissance ; mais par des pincements énergiques des membres et du tronc, on provoque des grimaces du visage et des mouvements des membres. L'attitude de la tête paraît à peu près indifférente, mais les yeux sont manifestement tournés à droite. Pas de nystagmus. Les paupières sont abaissées, les pupiUes égales. Légère déviation des traits du visage ; le côté

(1) Note siir deux cas d'hémorrhagie sous-méningée, par R. Lénine interne des hôpitaux (Gaz. méd., 1867, p. 700, 729 et 798,'et Soc de Z'-

gauche de la bouche est plus ouvert que le côté droit. Les membres sont également flasques.

%juin. — Coma. Pendant qu'on a assis la malade sur son lit pour ausculter sa poitrine, elle a ouvert les yeux. Habituellement les paupières sont complètement abaissées. Il n'y a pas de différence dans la mobilité de l'une et de l'autre paupière. Les pupilles sont égales et très-contractées, nystagmus. Les yeux sont toujours dirigés à droite. Ce matin, la tête est manifestement tournée aussi à droite ; et lesterno-mastoïdien gauche étant légèrement contracluré, lorsqu'on l'abandonne après l'avoir tournée à gauche, elle reprend sa position primitive. La commissure labiale droite est un peu tirée en arrière, le côté gauche de la face un peu proéminent.

Ce matin, l'hémiplégie des membres du côté gauche est on ne peut plus évidente. Du côté droit il n'y a qu'une paralysie incomplète.

Cet état s'aggrave progressivement, il se forme une eschare sur la fesse gauche.

L'attitude de la tête, la déviation des yeux, le nystagmus, la contraction des pupilles et la paralysie faciale persistent sans changements.

La malade meurt le 12 juin à sept heures du soir.

NÉCROPSiE. — Dans la grande cavité de l'arachnoïde il existe de chaque côté, sur la moitié postérieure de la face convexe de l'hémisphère, une petite quantité (15 grammes à peine) de sang coagulé et formant une couche extrêmement mince, homogène et peu résistante. Pas de couche fibrineuse à la surface de ce caillot. On constate de plus, à la base du crâne, dans la fosse cérébrale moyenne (entre la petite aile du sphénoïde et le rocher) du rô^e droit, environ une demi-cuillerée de sang noir dans la grande cavité arachnoïdienne constituant un caillot homogène identique avec les précédents.

La pie-mère est très-injectée ; nombreuses extravasations paraissant occuper, soit les mailles de la pie-mère, soit les espaces sousarachnoïdiens, irrégulièrement disséminées entre les circonvolutions de la base de l'encéphale presque tout entière, notamment au niveau des deux scissures de Sylvius et de la grande fente cérébrale de Bichat. Il est à noter qu'il n'existe pas

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