‹ De la diathèse uriqueChapitre 19 sur 22 · PATHOLOGIE EXPERIMENTALE ET COMPAREE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE EXPERIMENTALE ET COMPAREE

substance corticale sont, ainsi que les corpuscules de Malpighi, libres de tout dépôt. Des masses uratiques solides remplissent le calibre des uretères au-dessus des ligatures. 2° Les membranes séreuses (le péritoine au niveau du foie principalement, et sur l’estomac, le péricarde) sont parsemées de plaques blanches qui, examinées au microscope, paraissent composées de noyaux uratiques amorphes, autour desquels rayonnent de fines aiguilles cristallines. Bon nombre de ces amas siègent, dans la cavité des vaisseaux lymphatiques qu’ils obstruent, tandis que les vaisseaux sanguins restent perméables. 3° La capsule du foie est farcie de dépôts uratiques; ceux-ci font défaut, au contraire, dans la profondeur de l’organe, ou, s’ils s’y produisent, ils épargnent les cellules hépatiques et occupent exclusivement la trame conjonctive. 4° Des dépôts d’urate se voient quelquefois dans la cavité des petites ramifications bronchiques . 5° On en observe souvent en grand nombre sur l 'endocarde, principalement aux appareils valvulaires ; on en rencontre aussi çà et là dans l’épaisseur des parois musculaires du cœur. 6° La membrane muqueuse de l 'estomac et celle de l’intestin sont, chez les oiseaux, habituellement rouges et enflammées; les follicules gastriques sont, en outre, oblitérés par des amas d’urate de soude. Chez la couleuvre, l’urate se dépose dans la cavité de l’estomac sous forme d’une boue blanchâtre. 7° La plupart des jointures présentent des accumulations d’urate de soude qui siègent dans la cavité articulaire et quelquefois, en outre, à l’extérieur des capsules fibreuses. 8° En règle générale, on ne rencontre dans les muscles de la vie animale aucune trace de concrétions uratiques ; mais toujours l’examen chimique permet de constater l’existence d’une très-notable quantité d’acide urique dans l’extrait musculaire. 9° Constamment le cerveau et ses enveloppes ont paru exempts de dépôts uratiques. 10° Pour ce qui touche aux liquides de l’économie, le sang renferme une forte proportion d’acide urique, et après la mort on trouve, dans les caillots du cœur et des gros vaisseaux, de petits grumeaux d’urate de soude. La bile aussi est chargée d’urate de

soude qui, dans la vésicule du fiel, se sépare sous forme concrète. »

Les résultats des expériences de Zalesky sont très-curieux et très-instructifs. Je ne veux faire qu’une remarque, c’est que l’uricémie intense, produite par la ligature des uretères, a précisément amené des dépôts uratiques dans tous les organes où nous les avons rencontrés chez l’homme, et en outre dans la capsule du foie, dans les glandes de l’estomac. On n'a pas trouvé ces dépôts, ni dans le cerveau, ni dans ses enveloppes, ni dans les muscles. Ce dernier résultat négatif n’appuie-t-il pas les réserves que j’ai cru devoir faire sur l’origine urique de quelques maladies viscérales qu’on observe dans la goutte ?

Les documents fournis parla pathologie expérimentale, tout intéressants qu’ils sont , n’apportent aucune lumière à notre point de vue. On a observé et décrit, chez le perroquet et chez la tortue géométrique, des concrétions uratiques dans les articulations, dans les tissus péri-articulaires et dans les reins. Ce sont là des lésions identiques aux plus communes de celles qu’on rencontre chez l’homme ; elles résultent sans doute des mêmes conditions.

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