‹ De la diathèse uriqueChapitre 21 sur 22 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

en excès dans le sérum sanguin, a une valeur absolue : toutes les fois que cet état existe , on peut conclure à la diathèse urique, alors même que celle-ci ne serait caractérisée par aucune autre lésion appréciable. Cette altération du sang ne peut être reconnue et appréciée avec exactitude que par l’analyse chimique et le dosage de la quantité d’acide urique.

Mais, nous avons vu que le procédé du fil , indiqué par Garrod, fournissait des données bien suffisantes, quoique seulement approximatives : toutes les fois que cette expérience, pratiquée sur du sérum sanguin, donne un résultat positif, c’est-à-dire qu’il se forme autour du fil des cristaux d’acide urique , on peut en conclure que la diathèse existe, et on juge de son intensité par la quantité même de cristaux précipités.

Dans les cas où l’on ne pourrait avoir à sa disposition une certaine quantité de sang, on peut se contenter d’appliquer un petit vésicatoire , et l’analyse de la sérosité par le même moyen fournit clés indications analogues.

U élut de l'urine peut donner aussi des renseignements sur la quantité d’acide urique qui se forme dans l’économie ; car on se rappelle que les reins sont le véritable émonctoire des urates. Cependant, il faut excepter les cas où, l’excrétion étant empêchée par une cause quelconque, il y a rétention de ces produits dans le sang. En fait, la recherche de l’acide urique dans les urines, au point de la diathèse urique , donnera toujours des renseignements bien inférieurs à ceux que fournit l’analyse du sang.

Pour obtenir de l’examen de l’urine des données assez exactes, il faut se prémunir contre plusieurs causes d’erreur.

Ce qui importe, c’est de connaître la quantité d’acide urique éliminée en vingt-quatre heures. Il ne faut donc pas se contenter d’examiner l’urine d’une seule miction; on sait qu’on ne peut obtenir ainsi de résultats utiles.

Il faut, en outre, se défendre de juger de, la quantité d’urates que contient une urine par la plus ou moins grande abondance des sédiments qui peuvent se former; car une urine claire peut contenir beaucoup d’acide urique, et une

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urine sédimenteuse n’en pas renfermer une quantité anormale. La présence des sédiments uriques ne constitue qu’une présomption qu’il est nécessaire de contrôler.

Le seul moyen de juger exactement la quantité d’acide urique éliminée par les urines en vingt-quatre heures, c’est d’en faire l’analyse quantitative, qui consiste à séparer l’acide urique et à le peser. Les autres moyens employés journellement ne peuvent fournir que des données approximatives, et le plus souvent même de simples présomptions. Quoi qu’il en soit, voici celui qu’on emploie souvent : si l’urine contient des sédiments, il faut s’assurer d’abord que ces sédiments sont des urates, et non des phosphates ou du muco-pus; pour cela on chauffe l’urine, et si le précipité se redissout, on sait que c’est un sédiment urique.

ün verse alors dans l’urine quelques gouttes d’acide azotique ou chlorhydrique, et l’on voit se former un diaphragme blanchâtre suspendu dans le liquide, présentant quelquefois à sa partie supérieure des houppes d’aspect lanugineux (Gubler). Ce diaphragme est formé d’acide urique qui ne tarde pas à se précipiter au fond et sur les parois du vase. L’épaisseur du diaphragme et l’abondance du dépôt sont les seuls indices peu certains de la quantité d’acide urique.

Les artliropathies goutteuses, ainsi que les tophus qui se forment, soit autour des articulations, soit aux oreilles ou en différents points de la périphérie du corps, dénotent d’une façon certaine l’existence de la diathèse urique. Les recherches de Garrod ont en effet démontré que, dans tous les cas où se formaient ces dépôts, il y avait une altération du sang par un excès d’urate de soude.

La présence de graviers dam l’urine n’a pas la même valeur que les tophus uratiques signalés plus haut ; en effet il peut arriver que ces concrétions reconnaissent simplement pour cause un état acide de l’urine qui favorise la précipitation de l’acide urique (1). Cependant ce dernier fait est rare, et le plus

(1) Voy. Beale, De l’urine, des dépôts urinaires, etc. ; Paris, 1865, p. 437.

INDICATIONS THERAPEUTIQUES.

souvent la gravelle urique se rattache à la diathèse. Chez un homme âgé de 6-i ans qui rendait fréquemment à la suite de coliques néphrétiques violentes des petits calculs uriques, M. Bail constata, dans la sérosité d’un vésicatoire, la présence d’une quantité notable d’acide urique ; ce malade n’avait cependant jamais éprouvé aucun des symptômes de la goutte articulaire (1).

Quant aux autres maladies que l’on a rattachées à la diathèse urique, dyspepsie, asthme goutteux, etc.; elles ne sauraient avoir pour nous aucune valeur diagnostique au point de vue de cette diathèse, puisque nous avons établi que, dans ces maladies, la présence d'un excès d’acide urique dans le sang n’était pas démontrée.

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