‹ De la diathèse uriqueChapitre 4 sur 22 · ACIDE URIQUE. •— NOTIONS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

ACIDE URIQUE. •— NOTIONS CHIMIQUES

duits donne lieu à une belle coloration rouge, due à la formation de murexide (Liebig), ou purpurate d’ammoniaque (Prout). Cette réaction est très-importante, car elle constitue le moyen le plus certain et le plus facile de manifester la présence de l’acide urique.

Les caractères microscopiques de l’acide urique, bien étudiés par Golding Bird, sont assez variables, suivant les con iitions dans lesquelles s’est faite la cristallisation; cependant, toutes ces variétés peuvent être rapportées à quelques modifications du prisme rhombique, qui peut être considéré comme la forme cristalline normale de cette substance (G. Bird) (I).

L’uratede soude est le principal sel que forme l’acide urique; C'est lui qui constitue surtout les sédiments uriques. 11 est soluble dans l’eau, insoluble dans l'acide acétique et l’ammoniaque ; dans les urines, d’où il s’est précipité par le refroidissement, on le redissout facilement en chauffant le liquide. Lorsqu’il est en dissolution, si on ajoute de l’acide chlorhydrique, il se forme des cristaux d’acide urique qui se précipitent. Sous le microscope, il est formé de myriades de petits globules très-ténus, adhérant ensemble et formant de petites masses linéaires, souvent melées avec des cristaux d’acide urique.

Quant aux autres sels, l’urate d’ammoniaque ne se rencontre guère que comme produit de décomposition; dans quelques sédiments ou calculs, on a signalé aussi l’urate de chaux et de magnésie.

Divers procédés ont été employés pour établir la présence de l’acide urique et des urates dans le sang, dans les autres liquides et dans les tissus.

Pour la recherche de l’acide urique dans le sang, on peut employer le moyen suivant, qui a servi à Garrod. Chez un individu atteint de goutte articulaire aiguë et présentant des dépôts tophacés : « J’étais désireux, dit Garrod, de faire l’analyse du sang... 65 grammes de sérum furent desséchés au bain-

({) Golding Bird, De l’Urine et des dépôts urinaires, trad. O’Rorke j'Paris,

marie. Le résidu, réduit en poudre, fut mêlé à de l’alcool rectifié et soumis à l’ébullition, dans le but d’éliminer tout ce qui aurait pu nuire à la séparation de l’acide urique; puis, après épuisement, on traita par l’eau distillée bouillante. Quelques gouttes de la solution aqueuse ainsi obtenue furent évaporées jusqu’à siccité avec de l’acide nitrique, et le résidu fut exposé à la vapeur d’ammoniaque. Il se produisit alors une belle coloration pourpre de murexide ou purpurate d’ammoniaque, et la présence de l’acide urique fut ainsi mise en évidence. »

Dans ce même cas, Garrod a employé encore un autre procédé qui le conduisit au même résultat : « Une autre partie de la solution, ajoute-t-il, fut réduite à consistance sirupeuse, puis additionnée de quelques gouttes d’acide chlorhydrique et abandonnée au repos ; quelques heures après, l’acide urique était déposé en forme de cristaux caractéristiques. »

Il restait à déterminer à quel état se trouvait l’acide urique, dont la présence était révélée par les recherches précédentes ; c’est ce qui fut établi par le procédé suivant : « 65 grammes de sérum, provenant d’une nouvelle saignée, pratiquée peu de temps après la première, furent traités comme précédemment, avec cette différence, néanmoins, qu’on n’ajouta pas cette fois d’acide chlorhydrique : on laissa reposer pendant quelques heures la solution aqueuse concentrée, et l’on trouva ensuite, sur les parois du vase et à la surface du liquide, de nombreuse s aigrettes cristallines, que l’on reconnut être constituées par de l’urate de soude. En effet, traités par l’acide chlorhydrique, ces amas cristallins disparurent, et il se forma en leur place des cristaux rhomboïdes d’acide urique; de plus ils laissèrent, après incinération, un résidu soluble dans l’eau, alcalin, et qui ne présentait pas les réactions de la potasse (l). »

Les recherches précédentes sont difficiles et laborieuses. Le procédé du fil, que l’on doit à Garrod, est plus simple et plus pratique : « On verse de 4 à 8 grammes de sérum du sang dans

(i) Garrod, La Goutte, sa nature, son traitement, etc., trad. OUivier ; Paris, 1867 ;p. 117.

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