ACIDE URIQUE. — NOTIONS CHIMIQUES
une capsule de verre très-aplatie ; on ajoute au sérum de l’acide acéticpie dans la proportion de 35 centigrammes pour 3 grammes et demi de sérum, et il se produit alors un dégagement de quelques bulles de gaz. Quand le mélange est bien fait, on y plonge un ou deux fils extraits d’un morceau de toile ouvrée non encore lavée ou de tout autre tissu de lin, après quoi le vase est mis à l’écart dans un endroit frais, jusqu’à ce que le sérum soit coagulé et presque sec... Le temps nécessaire pour que l’opération soit terminée varie de trente-six à soixante heures, suivant le degré de sécheresse ou d’humidité de l’atmosphère.
« Pour peu que l’acide urique existe dans le sérum en quantité légèrement supérieure à un chiffre qui sera indiqué plus loin, il se déposera sous forme de cristaux, le long des fils, de manière à rappeler la disposition bien connue du sucre candi.
« L’acide urique se présente sous la forme de cristaux rhomboédriques, dont les dimensions varient suivant la rapidité avec laquelle s’est opérée la dessiccation du sérum et aussi suivant la quantité d’acide urique contenue dans le sang (1). »
Dans l’urine, la présence de l’acide urique et des urates est facile à établir. Si c’est de l’acide urique, il se précipite bientôt après l’émission de l’urine, et on le reconnaîtra à ses caractères propres déjà indiqués. Si ce sont des urates, ils peuvent être dissous ou former des sédiments. Dans ce dernier cas, on les reconnaîtra à leurs caractères microscopiques et à ce qu’ils se redissolvent par la chaleur. Si l’on veut faire le dosage de l’acide urique qu’ils représentent, il faut évaporer l’urine et traiter par l’acide chlorhydrique; au bout de un ou deux jours, l’acide urique est précipité ; il suffit de le peser.
Pour rechercher l’acide urique dans les autres humeurs, on peut recourir à des procédés analogues aux précédents. Quant aux dépôts qui peuvent se faire dans les tissus, on en reconnaîtra la nature, soit par les caractères microscopiques, soit par les caractères chimiques.
(1) Garrod, loc. cit., p. 120.
Physiologie. — Nous avons indiqué les principaux caractères chimiques de l’acide urique, les procédés qui servent à établir sa présence et à mesurer sa quantité dans les principaux liquides où on le rencontre ; étudions maintenant sa physiologie, à savoir son mode de formation et ses voies d’élimination.
Les doses d’acide urique (à l’état d’urates) contenu dans les humeurs sont singulièrement variables, même dans les conditions physiologiques ; et cela ne doit pas étonner, si l’on réfléchit aux conditions multiples qui peuvent en faire varier la production, et que nous étudierons plus loin.
La quantité d’urates contenue dans le sang normal n’a pas été déterminée d’une façon exacte. Garrod qui, le premier, en a démontré l’existence, se contente de dire que, à l'état physiologique, il n’en existe que des traces. Ce fait a une grande importance ; car il permet d’établir que, dans les cas où le sang contiendra une quantité notable d’acide urique, il s’agit d’un état pathologique.
Dans l’urine, les chiffres indiqués par les auteurs varient dans des limites très-étendues; ce qui peut tenir, suivant MM. Robin et Yerdeil (1), à ce que tantôt on n’a tenu compte que de l’acide urique libre, tantôt on a évalué simultanément l’acide urique et les urates. Quoi qu’il en soit, voici quelques chiffres indiqués par les auteurs, et qui paraissent relatifs à la totalité de 1 acide urique : dans l’urine de vingt-quatre heures, il y aurait d’après Becquerel 0 gr. 52 d’acide urique ; d’après Lehmann de 0 gr. 50 à 0 gr. 90; pour Ranke 0 gr. 70; d’après Beale, de 0 gr. 30 à 0 gr. 40, et d’après Garrod 0 gr. 5176 en moyenne.
On a trouvé l’acide urique dans un certain nombre d’organes ; ainsi dans le tissu de la rate (Scherer), dans celui des poumons (Cloetta, Wiederliold), dans le foie (Cl. Bernard), dans le cerveau (Parkes), dans les tissus fibreux (Robin) ; et l’on a pensé qu’il se formait dans ces organes et était un de leurs produits de désassimilation.
(1) Robin et Vprdeil, Chimie anatomique et physiologique, etc.; Paris,, 1853 ; p. 399,