INTRODUCTION
«S'eribere est agere» est un des vieux adages que les jurisconsultes du Royaume-Uni évoquent avec le plus d'insistance et placent volontiers sur leurs ouvrages, en guise d'épigraphe, dès qu'ils traitent de la liberté de la Presse. Non pas, qu'à leurs veux, l'intention louable exprimée doive suffire dans toutes les circonstances de la vie et dispenser d'un effort plus coûteux : une pareille interprétation serait invraisemblable de la part d'un peuple plus
porté à agir qu'à parler ou qu'à écrire. Le sens qu'ils ont voulu attribuer à cette courte proposition latine est tout autre. Seribere est agere, c'est-à-dire que la manière de s’exprimer donne une idée souvent très exacte de l’homme qui s'exprime, et,en conséquence, qu'une législation soucieuse de poursuivre et de réprimer les mauvaises actions, ne doit pas davantage se désintéresser des mauvaises paroles. La liberté de la Presse, en effet, malgré sa grandeur et malgré les services énormes qu'elle a rendus à l'expansion des idées généreuses, n’a pas échappé à des critiques justifiées, nées chez ceax que n’aveugle pas la passion. Origine de tous les droits, elle est aussi l'origine de tous les abus et de nos jours encore on pourrait lui appli- H. — 1