‹ De la dilatation bidigitale: par double invagination dans les retrécissements du pylore et de l'intestin et des méthodes anciennes analoguesChapitre 8 sur 15 · DILATATION DIGITALE PAR INVAGINATION · texte numérisé non relu

DILATATION DIGITALE PAR INVAGINATION

Sténoses pyloriques

À un moment où Hahn ne connaissait que la résection du pylore comme traitement des sténoses cancéreuses et autres, et où il déclarait ignorer l'existence de l’opération de Loreta et.de la gastro-entérostomie, 1] perfectionne la méthode de dilatation et publie en 1885 une observation de sténose cancéreuse du pylore dilatée par invagination unidigitale stomacale, La malade n’cbtint qu’une guérison momentanée, et, n'ayant aucune confiance en son procédé, il l’abandonna. En 1898 seulement, le chirurgien arglais Paul reprit cette méthode et obtint la guérison durable de deux sténoses pyloriques non maligaes.

Enfin M. Jaboulay pratiqua en juin 1893, avec plein succès, pour une sténose cancéreuse, sa première Opération de dilatation bidigitale par invagination.

Le manuel opératoire est d'une simplicité remarquable. Incision médiane çommençant à quelques

centimètres de l’appendice xiphoïde et se terminant

NO généralement, à moins d'estomac fortement abaissé, à l'ombilic. Cette incision présente sur les autres les avantages suivants : commodité, tracé tout indiqué, perte de sang minima, grande rapidité (un coup de bistouri pour la peau et un autre pour le péritoine, préalablement ponctionné, sur le doigt servant de sonde cannelée) et possibilité d'une suture en un seul plan. On reconnait alors le pylore et la nature de la sténose ; on détruit les adhérences, s’il y en a. Puis sans avoir besoin de tirer sur le viscère pour l’extraire de la cavité abdominale, on refoule avec l’index droit les tuniques stomacales, avec le gauche, les duodénales, et on dilate doucement, progressivement, sans déchirure, le pylore sténosé, jusqu’à ce que les deux index, coiffés des parois invaginées comme d’un gant, ayant trouvé sans peine et forcé les deux extrémités du canal pylorique, se soient rejoints, puis même au besoin croisés et écartés jusqu’à obtenir le calibre voulu. On peut aussi, s’il est nécessaire, introduire de chaque coté deux ou plusieurs doigts. Il ne reste plus qu’à suturer la paroi abdominale ; M. Jaboulay fait une suture entrecoupée prenant toute l'épaisseur des tissus, y compris le péritoine. Ce procédé très rapide de suture en un seul plan, a été employé avec plein succès dans tous les cas et a donné une cicatrice solide.

Les avantages de cette méthode sur celle de Loreta et de Hahn sont indéniables. On était frappé de la nécessité qu'il y avait dans les autres procédés de fixer d’une main le pylore qu’on repoussait de l’autre en le dilatant, tandis que dans celui-ci, les deux doigts, agissant chacun de leur côté, contrebalancent tout

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