DANS SON
Application au Traitement des Hémorrhoïdes
INTRODUGT[ON.
Ayanteu l’occasion, durant ces derniers temps, d’observer plusieurs hémorrhoïdaires auxquels a été appliquée l’opération de la dilatation forcée des sphincters de l’anus, j’ai cherché à m’éclairer sur le problème complexe que soulève ce nouveau traitement des hémorrhoïdes, et séduit par cette étude, je me suis décidé à en faire mon sujet de thèse. Les travaux récents de M. Duret, le Mémoire de M. le D*" Fontan, le rapport et la discussion auxquels il a donné lieu au sein de la Société de chirurg'ie, ont apporté de pré-
cieux éléments à cette question, sur laquelle l’attention avait déjà été attirée, Tan dernier, par la thèse du Gristofari, due à l’initiative de M. le professeur Verneuil.
Puisque le sujet est, pour ainsi dire, à l’ordre du jour, je n’ai pas jugé inutile de rassembler les divers documents qui s’y rattachent et d’adjoindre aux faits déjà connus ceux que j’ai pu observer moi-même. Dans ce travail, je me suis efforcé de donner un exposé fidèle et complet de l’état actuel de la question. Là se bornent mes prétentions, et je m’estimerais heureux si cet humble plaidoyer en faveur de la dilatation forcée encourageait quelques praticiens à user de ce traitement si rationnel des hémorrhoïdes, et à rendre hommage, après avoir constaté ses bons effets, aux hommes éminents qui l’ont institué ou^remis en honneur.
Il m’a paru indispensable de consacrer à Vhistorique de la question un premier chapitre, dans lequel j’examine de quelle façon l’opération de la dilatation forcée est entrée dans le domaine chirurgical ; — quels ont été ses principaux promoteurs; — enfin comment les découvertes anatomiques sur la disposition des veines rectales d’une part, et l’empirisme de l’autre, devaient conduire à l’application spéciale de cette méthode thérapeutique aux hémorrhoïdes.
M’appuyant sur les données de l’anatomie et de la physiologie, que je rappelle brièvement, j’étudie dans un second chapitre le rôle que joue l’appareil musculaire anoreotal dans la paihogénie des hémorrhoïdes et dans la production des accidents qui en dépendent : procidence, étranglement, irréductibilité, etc.
J’essaye ensuite de prouver par les faits qu’en s’attaquant, au moyen de la dilatation forcée, à la contracture des ophincters, phénomène constant chez les hémorrhoïdaires,
on supprime du même coup tous les symptômes fâcheux des varices rectales, suivant l’axiome bien connu: sublatâ. caiisâ tollitur effectus. » Sans perdre de vue mes propres observations et celles que les auteurs m"ont fournies, et m’en servant sans cesse comme d’un fîl conducteur, j’examine, dans une série de paragraphes séparés, l'opération en elle-même, son moue d'action, ses suites et ses accidents possibles, sa valeur absolue et ses avantagées relativement aux autres méthodes, scs, adjuvants^ et je me risque à établir les indications et contre-indications de ce mode de traitement.
Enfin, après avoir réuni dans un quatrième chapitre les onze observations d’hémorrhoïdaires qui servent de base à ce travail, je termine en indiquant par quelques exemples les autres applications de la dilatatim forcée, qui, pour n’être point toutes passées encore dans le domaine de la pratique chirurgéicale, n’en sont pas moins rationnelles etjustilîées par certaines tentatives heureuses.
A propos de l'index bibliographique qui suit mes conclusions, je dois dire que je n’ai pas eu la prétention d’y mentionner tous les auteurs qui ont écrit sur les hémorrhoïdes.Les ohirurg*iens de tous les temps s’en sont occu| és, se transmettant pendant plusieurs g*énérations des erreurs et des contradictions sans nombre, et leur liste interminable, lal)orieusement dressée, ne présenterait qu’un faible intérêt scientifique. Je ne cite pas même tous ceux dont les travaux ont jeté un nouveau jour sur l’étude de cette affection. J’ai simplement tenu à livrer au lecteur mes pièces] ustificatives, en le renvoyant aux ouvrag’es auxquels j’ai eu constamment recours dans la composition de cette thèse, ceux qui traüent spécialement du rôle de l'appareil musculaire ano-rectal dans la pathogénie des hémorrhoïdes, et
ceux qui retracent \' histoire de la dilatation forcée des sphincters.
C’est pour moi un devoir et un plaisir d’exprimer ici ma reconnaissance à mon président de thèse, M. le professeur Yerneuil, pour le précieux appui que j’ai trouvé auprès de lui dans le cours de ce travail, et pour les bienveillants conseils par lesquels il a sing’ulièrernent facilité ma tâche.
Qu’il me soit permis de remercier ég*alement M. Panas pour les indications qu'il m’a aimablement fournies, et pour les observations de son service et de sa clientèle qu’il a bien voulu mettre à ma disposition.
Je prie aussi M. le D' Fontan (de Lyon) de recevoir mes remerciements pour la communication de son savant mémoire, et mes excuses pour les nombreux emprunts que je n’ai pas craint d’y faire.