‹ De la Distinction des Combattants et Non CombattantsChapitre 24 sur 27 · SE · texte numérisé non relu

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ho ANNEXES

gaison d'un navire marchand avant qu'il puisse être légale” ment saisi ou détruit et que les vies des non combattants ne doivent, en aucune circonstance, être mises en péril à moins que le navire ne résiste ou ne cherche à s'échapper après avoir été sommé de se soumettre à une visite, car il y a là acte de belligérant, et défendre cet acte comme étant un acte de représailles est admettre qu'il est illégal. Cependant, le gouvernement des États-Unis est amèrement déçu de constater que le gouvernement impérial allemand se croit à un haut degré exempt de l'obligation d’observer ces principes, même en ce qui concerne les vaisseaux neutres, à cause de ce qu’il croit être la politique et la pratique du gouvernement anglais dans la guerre actuelle, à l'égard du commerce neutre. Le gouvernement impérial allemand comprendra vite que le gouvernement des États-Unis ne saurait discuter la politique du gouvernement anglais à l'égard du commerce neutre, si ce n’est avec ce gouvernement lui-même, et qu'il devra considérer la conduite des autres gouvernements belligérants comme n'ayant pas de rapport avec la discussion ouverte avec le gouvernement allemand sur ce que le gouvernement considère être des violations graves et injustifiables des droits des citoyens américains de la part des commandants navals allemands. Ces actes illégaux et inhumains, tout justifiables qu'on puisse les croire quand ils sont commis contre un ennemi que l’on croit avoir agi en contravention de la loi et de l'humanité, sont manifestement indéfendables lorsqu'ils privent les neutres de leurs droits reconnus, par dessus tout lorsqu'ils violent le droit à la vie même. Si un belligérant ne peut exercer de représailles contre un ennemi sans nuire aux existences des neutres, comme à leur propriété, l'humanité aussi bien que la justice et les égards dus à la dignité de puissances neutres devraient prescrire la cessation d’une telle pratique. Si l’on y persiste, elle constituerait, dans de pareilles circonstances, une offense impardonnable contre la souveraineté de la nation neutre affectée. Le gouvernement des États-Unis ne méconnaît ni les conditions extraordinaires créées par cette guerre, ni les

changements radicaux des circonstances et des méthodes d'attaque produits par l'emploi dans la guerre navale de procédés que les nalions du monde n’ont pu avoir en vue lorsqu’ont été formulées les règles existantes du droit des gens, et il est disposé à tenir un compte raisonnable de ces aspects nouveaux et inattendus de la guerre maritime ; mais il ne peut consentir à la diminution de n'importe quel droit essentiel ou fondamental de son peuple, du fait d’une simple modification de circonstances. Les droits des neutres en temps de guerre sont fondés sur un principe, non sur un expédient, et les principes sont immuables. C’est un devoir, une obligation pour les belligérants de trouver le moyen d'adapter à ces droits les circonstances nouvelles. Les événements des deux derniers mois ont clairement indiqué qu'il est possible et facile de conduire les opérations sousmarines telles que celles qui ont caractérisé l’activité de la marine impériale allemande dans la zone de guerre, en accord réel avec les pratiques acceptées de la guerre réglementée. Le monde entier a vu avec intérêt et avec une satisfaction croissante la démonstration de cette possibilité par les commandants navals allemands. Il est donc manifestement possible d'élever toute la pratique des attaques sousmarines au-dessus des critiques qu’elles ont soulevées et d'écarter les causes principales d’offense. Etant donné l’admission de l'illégalité faite par le gouvernement impérial lorsqu'il plaida le droit de représailles, en défense de ses actes, et étant don né la possibilité manifeste de se conformer aux règles établies de la guerre navale, les États-Unis ne sauraient croire que le gouvernement impérial continuera de s'abstenir de désavouer l'acte voulu par son commandant naval en coulant le Lusilania, ou d'offrir une réparation pour les vies humaines, autant qu’une réparation est possible pour la destruction sans nécessité de vies humaines par un acte illégal. Le gouvernement des États-Unis, tout en appréciant l'esprit amical dans lequel elle fut faite, ne saurait accepter la suggestion du gouvernement impérial allemand tendant à ce qu'on désigne et reconnaisse certains

navires qui jouiraient de la liberté sur les mers actuellement proscrites illégalement. Un pareil accord assujettirait implicitement d’autres vaisseaux à une attaque illégale et serait l’amoindrissement et même l'abandon des principes que ce gouvernement soutient et que concéderait chaque nation dans des temps plus calmes. Le gouvernement des États- Unis et le gouvernement impérial allemand luttent pour le même but élevé ; pendant-longtemps, ils se sont tenus unis pour maintenir les vrais principes sur lesquels le gouvernement des États-Unis insiste aujourd’hui de façon si solennelle Ils luttent tous deux pour la liberté des mers. Le gouvernement des États-Unis continuera de lutter pour cette liberté, quel que soit le sort dont on le menace, sans transaction et à tout prix. Il réclame la coopération pratique du gouvernement impérial allemand, et cette coopération pourra obtenir le plus d'effet lorsqu'on pourra réaliser ce grand but commun d’une manière plus frappante et plus efficace. Le gouvernement impérial allemand exprime l'espoir qu'on pourra aboutir en quelque mesure à ce résultat, même avant la fin de la guerre actuelle. Cela pourra être. Le gouvernement des États-Unis ne se sent pas seulement obligé d'insister sur ce point, n'importe qui le viole ou le méconnaît, en protégeant ses propres citoyens, mais aussi il s'intéresse profondément à ce qu'il soit rendu pratique entre les belligérants eux-mêmes, et il se tient prêt à chaque instant à agir en ami commun, ayant le privilège de proposer un moyen d'atteindre ce but. En attendant, la valeur que ce gouvernement place dans une amitié longue et ininterrompue entre le peuple et le gouvernement des États-Unis,d'une part, et le peuple et le gouvernement allemands, d’autre part, le pousse à insister d’une manière plus solennelle auprès du gouvernement impérial allemand sur la nécessité d'observer scrupuleusement les droits des neutres dans cette matière critique. L'amitié elle-même l’oblige à dire au gouvernement impérial que la répétition de la part des commandants de navires de la marine allemande d'actes contraires à ces droits devra être considérée par le gouvernement

des États-Unis, pour peu qu’ils affectent des citoyens américains, comme délibérément inamicale.

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