I. — Introduction
Hu.xley fui le premier qui démontra que loul rorganismt' des Zoophytes, Méduses et Polypes, Hydroïdes et Siplionophores peut se ramener à un sac formé de deux couclies cellulaires adjacentes : l’ectoderme et l’endoderme (Allman) et qui considéra celle proposition comme exprimant la loi générale de structure chez les Zoophytes (2). Quoique - ê
(1) J’emploie cette dénomination dans le sens que mon père lui a attribué (184a) pour désigner les Polypes, les Acalèplies et les Spongiaires; comme synonyme de Cœlentérés (1 847 , Leuckart) et de Zoopliy tes(Hæckel).
(2) Observations upon lhe analomy of tlie Diphydœ and tlie unity of organisation of Ihe Diphydœ and Siphonophorœ (Envoyé d’Australie à la
Ton ne songeât pas encore à celle époque à reclierclier (les liomologies entre les Vertébrés et les animaux inférieurs, Huxley comprit toute la portée de sa découverte. Il reconnut et formula dans un langage clair et précis son opinion sur l'homologie qu’il croyait exister entre l’ccloderme et l’endoderme des Cœlentérés et les deux feuillets cellulaires primordiaux des vertébrés.
Voici en quels termes il exprima celte idée :
« The pcculiarity in lhe structure of tbe body-vvalls of tbe Hydrozoa, lo vvbicb I bave just referred , possesses a singular interest in ils bearing upon tbe trutb thaï lliere is a certain similarity belween tbe adult siales of tbe lower animais and tbe embryonic conditions of bigber organisation.
For il is weil known ibat, in a very early siale, tbe germ, even of tbe higbest animais is a more or less complété sac, wbose Ibin vvall is divisible into Iwo membranes, an innerand an outer; tbe latler, turned lowards tbe external world; tbe former, in relation wilb lhe nutritive liquid, tbe yelk.
Tbe varions organs are produced by a proc(>ss of
budding from one, or olber, or bolb of tbese primarv layers of lhe germ. »
Il cherche même a établir un parallélisme, au point de vue bistogénique, entre rcctodcrme des Zoopbyles et le l'euillel externe de l’embryon des vertébrés d’un côté,
Unnean Sociehj eu 1847 el public dans les PaocEEDiNCS of tue Hoy vi. Society en juin 1849).
La même opinion sc trouve {'éiii'ralisée et exposée plus coniplélement dans un travail publié la inénie année, Memoir on lhe anatomij and niftnilies of lhe Médusa'.
rendodcrme et le leuillel interne de l’autre. Il conclut en disant : « Thus there is a very real and geniiine analogy, between llie adnlt Hydrozoon and llieenibryonic verlebrate animal. »
Toutes les recbercbes embryogéniques laites dans ces dernières années sur les j)remières phases du développement embryonnaire des animaux de tons les embranebements, sont venues conlirmer, en l’étendant à l’ensemble du règne animal, l’opinion de l’illustre naturaliste anglais. Et au premier rang des travaux laits dans cette direction se placent sans contredit ceux de Kowalewsky: en montrant l’identité du déveloj)pement de l’.Ampbioxus et des Ascidies, il combla d’un seul coup l’abîme jugé inlrancliissable (]ui séparait rembranchement des vertébrés de tous les organismes inlerieurs. Les importantes j)ublicatious du même auteur sur les autres types d’oiganisatiou , jointes à celles de Gegenbauer, de Hæckel, de Ray Lankester, de Kleinenberg et de quelques autres, ont eu pour résultat d’éteudre à l’ensemble du règne animal cette grande conception que toutes les parties des organismes animaux se lorment aux dépens de deux feuillets cellulaires primordiaux, et partout homologues.
Ces idées viennent d’étre longuement développées et brillamment défendues dans deux écrits d’une haute portée philosophique : Hæckel a exposé, dans sa brochure Die Castrœa-Theorie , die phijlofjenelische Classificalion des Thierreiches und die Homologie der Keiniblal(et\ une théorie qu’il avait énoncée tout d’abord dans sa ^lonograpbie des éponges calcaires. Des idées analogues, et à plusieurs égards tout à fait identiques, ont été publiées en Angleterre dans les Annals and Magazine of nalnral Hislorg sous le titre : « On the Primilive Cell-layers of the Embrgo as
tke Dasis of Genealogical Classification of Animais » par mon ami E. Ray Lankester.
Tous les animaux pluricellulaires, chez lesquels le tléveloppement débute parle fractionnement de la celluleœul , passent dans le cours de leur évolution par une même lorme embryonnaire, celle d’un sac dont les parois minces sont constituées par deux couches adjacentes; l’endoderme et l’ectoderme. La première circonscrit immédiatement une cavité qui est le tube digestif primordial; la seconde limite extérieurement le corps de l’embryon ; elle seule peut être impressionnée par les causes externes. — La cavité digestive communique avec l’extérieur par un seul orifice qui sert à la fois de bouche et d’anus. — L’embryon se réduit à une cavité digestive, qui n’est qu’un simple estomac; Hæckel a proposé de donner à cette forme primordiale le nom de Gastrula. — Comme cette forme embryonnaire se rencontre chez les Vertébrés aussi bien que chez les Mollusques, les Arthropodes, les Échinodermes, les Vers et les Polypes, il est clair que l’ectoderneest homologue chez les différents types d’organisation; que l’endoderme a chez tous la meme valeur morphologique; que la cavité digestive primordiale des Vertébrés et celle de tous les autres types d’organisation ont la même signification anatomique. L’existence de cette forme commune dans le cours de l’évolution de tous les animaux métazoaires, permet de les ramener à une souche commune ; il y a convergence des grands types d’organisation et non parallélisme, comme on l’avait admis depuis Cuvier et von Bàer. Enfin, on peut en induire l’existence, à une époque géologique reculée, d’organismes semblables à la forme Gastrula; ces organismes, probablement variés de mille manières dans leur forme et dans leurs caractères extérieurs, ont été la
souche commune des Verlébrés, des Arthropodes, des Mollusques, des Ëchiiiodermes, des Vers et des Zoophytes; ils constituaient le groupe très-nombreux des Gastræades (Ilæckel).
Si l’endoderme et l’ectoderme sont homologues chez tous les Métazoaires, on est en droit de supposer que ces deux feuillets cellulaires ont aussi chez tous la même valeur histogénique et que les mêmes systèmes organiques se développent dans les différents types d’organisation aux dépens des mêmes feuillets primitifs.
Cette induction a été déjà pleinement confirmée en ce qui concerne le système nerveux central qui se développe chez tous les animaux aux dépens de l’ectoderme.
Dès lors, il est indifférent, si l’on veut connaître l’origine d’un appareil, de la rechercher dans l’un ou l’autre type d’organisation; les résultats pourront s’étendre à l’ensemble du règne animal et recevoir une portée générale.
Or, de tous les types d’organisation celui qui se prête le mieux à la recherche de cette question capitale de l’origine des systèmes organiques, c'est celui des Polypes, encore appelés Zoophytes ou Cœlentérés. Chez eux, en effet, l’ectoderme et l’endoderme persistent avec leurs caractères embryonnaires pendant toute la durée de la vie ; tous les organes des Zoophytes ne sont qu’une dépendance de l’un ou l’autre de ces feuillets, quelquefois des deux leuillets réunis.
La forme polype se ramène avec la plus grande facilité à la Gastrula dont toutes les parties se conservent sans subir de grandes modifications pendant tout le cours de l’existence.