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(84) tinés à l'instruction des domestiques. Dès l’an 1943 Challoner avoit traduit dans leur langue le traité latin de Gilbert Cognatus, intitulé : ir, sive de
Oficiis famulorum (à).
On a cité précédemment un mémoire de l'an 1605, mis au jour par le chevalier Banks, contenant Ë règlement domestique d’une gr AE maison. On rapporte presque à la mêmesépoque deux autres écrits da même genre, Pan pour la maison du comte de Huntingdon(2); Pautre, sous lan 1610, pour celle du prince de Galles, « qui exclut les « domestiques irreligieux, parce qu'il ne peut « être bien servi par ceux qui ne servent pas « Dieu (5). »
Dans le même pays, plusieurs livres ascétiques ; dont je renvoie les titres dans mes notes, et qui concernent l'instruction des maîtres, des domestiques, des apprentis , etc, (4), furent publiés à la fin du 17°. siècle. Guillaume Penn traite les mêmes
(1) Ouxtrys, sive De Officiis famulorum, in=8.® Lugduni, 1530, traduit sous ce titre : The Office of servants translated, in-8.° London, 1543.
© (a) V. Annual register, de 1804, p. 86r et suiv.
(3) V. Annual register, de 1803, p. 868 et sui.
(4) Instructions for particular states, in-12, 1689.— Instruetions for masters, traders , lalourers, etc., in-12, 1699. —
Instructions for apprentices and servanis, in-12, 1609.
NOT M ADRDIT
(85) sujets dans son ouvrage les Fruits de la solitude (1).
L’évèque Fletwood écrivit ensuite seize discours
sur les devoirs respectifs des parens, des enfans et des serviteurs (2). On en trouve sur le même sujet parmi ceux de James Foster (5).
Douze sermons bien faits sur les devoirs domestiques, par le docteur Samuel Stennet, ont été imprimés l’an 1800, à Edimbourg (4); James Ramsay en a composé pour les marins (5).
Il existe une foule d'ouvrages plus fameux, plus recherchés des bibliomanes, à raison de ce qu’on y trouve de mauvais, que pour le peu de bon qu'ils contiennent, Telle est la Fable des abeilles, par Mandeville, où, à côté de choses très-répréhensibles, se rencontrent quelques observations vraies, concernant les domestiques anglais. Il pérore lon-
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(1) Les Fruits de la solitude, par Guïll. Pen, in-16, Lon— dres, 1700, traduits par Bridel, p. 74 et 210. (2) V. Sixteen pratical discourses upon the relative du-
ties, ect., à vol. in-8,°, 1705.
(5) V. Discourses on all the principal branchy of nalural re-
ligion and social virtute, by James Foster, 2 vol. in-4.° London, 1749, t. 2, surtout p. 151,
(4) V. Discourses on domestic duties, by Sam. Stennet , in-8.° Edimbourg, 1800,
(5) V. Sea sermons, etc., by Th, J. Ramsay, in-8.° Louden, 1781,
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guement sur leur AS immoralité, surtout dans les quartiers de Londres qui avoisinent la Cour. I parle d’une société formée par les laquais, et qui nétoit qu'une conjuration contre leurs maîtres. Mais falloit-1l se borner à prouver que la plupart des valets sont ingrats, fripons, etc., et que les meilleurs sont génér alonbt querelleurs et insolens? Après avoir exposé le mal, pourquoi.ne pas rechercher le remède?
Daniel de Foë, qui n’est connu chez nous que par son Pie à Crusoé, et qui mériteroit de Vêtre au moins autant par ses écrits en faveur de la liberté, imprima en 1724, « un Examen de Ja « grande loi de la subordination, ou Remarques « sur l’insolence et la conduite insupportable des « domestiques anglais. » L'auteur, dit un de ses biographes, manquoit son but; car il attendoit de la loi ce qu’il ne devoit espérer que des mœurs. Îl avoit mieux envisagé la question dans son Zastituteur de famille, qui a pour objet les devoirs des pères, mères, époux, serviteurs, publié en 1715; car en 1772, parut la 17°. édition. |
Il étoit digne de Hanway de traiter la même maiière; et il l’a faitavec succès dans ses Avis d’un fermier à sa fille, en 3 volumes, dont on a donné ensuite un abrégé(r}. On y peut joindre divers écrits,
(1) Advice from a farmer to his daughter, etc., 3 vol. 1772»
qui, souvent réimprimés, mériteroient peut-être de passer dans notre langue, tels que l'Histoire sentimentale des ramoneurs de cheminées, par le même (1); les Réflexions sur la situation respective des maitres et des domestiques (2); Conseils d'amitié, adressés par un ministre aux domestiques de sa paroisse (5); P Ami des domestiques, de madame Trimmer (4); Conseil sur l'éducation des classes inférieures du peuple , par Georges Chapman (5); et les Observations, de miss Moore, qui se récrie contre la négligence des maîtres à instruire leurs domestiques, à leur faire aimer la religion, seul moyen de les attacher à leurs devoirs (6). Beaucoup de familles en Angleterre ont conservé l’usage de faire en commun la prière soir et matin, et l’on a vu des domestiques témoigner
L’abrégé est intitulé : Advice from farmer trueman to his daughter upon her going to service, in-8°.
(1) In-12. Je n’ai pu le trouver à Paris.
(2) Reflexions on the situation of master and servanis ; historycally and politically considered, in-8.° London, 1800.
(3) Friendly advice from a minister to the servants of his parish, 4.° édit. in-12. London 1700.
(4) The servant’s friend, etc.
(5) Hints on the education of the lower ranks, etc. by P. Chapman, 1-8. Edimbourg, 18o1.
(6) V. An estimate of the religion ofthe fashionable World, in-12. London, 1791, C4, p. 125 et suiv.
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( 88) leur mécontentement, lorsqu'ils étoient chez des maîtres où ce culte domestique n’étoit pas établi (1).
Les événemens politiques ayant suspendu nos relations littéraires avec Angleterre, j'ignore si Jon a publié un journal, le premier dans son genre, intitulé : Domestic magazin, dont le prospectus, qui parut en 1609, offroit un plan bien concu.
Les Iles Britanniques paroiïssent être le pays le plus riche en établissemens‘et en ouvrages pour l’éducation."Les grandes villes, Londres surtout, ont des libraires, dont le commerce exclusif est ce qu'ils appellent Bibliothéque de la jeunesse. (Juvenile library ).
Le même esprit, le même zèle règnent dans les Etats-Unis d'Amérique, et particulièrement dans ceux du nord. Saint-John Crevecœur qui avoit vu naître plusieurs de ces Etats, entr’autres celui de Vermont, me parloit avec admiration de la prévoyance paternelle de Pautorité gouvernante. ,
Lorsque, dans ces contrées naguèëres sauvages, elle voit un groupe de familles et de maisons, ca-
(1) V. Religions exercises recommended or discourses on secret and family worskhip, etc., by Job. Orton, in-12. 17e édit, americaine. Bridgeport, 1809, p. 127. Les journaux anglais annoncent : Two discourses designed for the use of ser= vants, in-8.° London, 1814,
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‘pable de former une commune, ellé ÿ envoie une cloche pour le service du culte, et un maître d’é-
-cole pour l'instruction des enfans.
En 1809, parut à Charles-town (état de Massachussetts) un opuscule qui, sans avoir pour objet spécial la domesticité, la comprend dans le nombre ‘des classes pauvres , parmi lesquelles on s’efforce de naturaliser les bonnes mœurs et les idées saines ; 1l contient, 1°. les règlemens d’une société, chargce de fureter, pour ainsi dire, tous les recoins du pays pour en connoître l’état moral, découvrir les vices, les abus, en rechercher les causes et appliquer les remèdes ;
2°. Un plan d'écoles pour les pauvres, avec le catalogue des livres dont se compose la bibliothèque destinée à leur usage; c’est une chose mdispensable dans un pays où tout le monde saitlire, où tout le monde lit (1).
Des hommes à vues étroites voudront sans doute répandre le ridicule sur le projet de faire des livres pour les domestiques, qu’on suppose ne savoir pas lire et n’en avoir pas besoin; mais il est rare de trouver des individus absolument illettrés dans plusieurs contrées , telles que la Suisse, la Hollande, l'Angleterre et surtout l’Ecosse où, dès
(1) V. Miscellanies entertaining and useful designed to check vice and promote general utility, in 3.° Charles Town, 1509;
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(go ) Van 1696, une loi fit établir des écoles dans toutes les paroisses ; je me rappelle avec plaisir qu'entre Birmingham et Wolverhampton, dans une maison isolée sur la route au milieu de la campagne, j'ai trouvé une petite librairie,
Depuis époque où cheZnous la belle Cordière, à Lyon, et un menuisier de Nevers s’étoient glissés dans les rangs des poëtes, Poit, simple manouvrier, s’étoit distingué par ses vers hollandais , et Beronicius, ramoneur batave, par ses poésies |[afines, qui ont eu plusieurs éditions. #
Sur la fin du 18°. siècle, tandis qu’une esclave négresse, Phillis Wheatley, à l’âge de dix-neuf ans, publioit en Amérique des poésies aimables, en Europe, on imprimoit un poëme contre la traite des Nègres, par Yearsley, laitière à Clifton, près Bristol; les poésies de Greensted, servante à Maidstone, dans le Kent; les poésies de Bloomfield, valet de charrue en Ecosse, dont plusieurs ont été traduites en français; les romans composés par Peyneman, domestique à Glatz, en Silésie, etc. R
Cependant il ne faut pas exagérer, comme Goetz dans ses dissertations de Sutoribus eruditis (1) et
(1) De Sutoribus eruditis, par G, H, Goetz, in-4.° Lubec,
170Qa
(91 ) de eruditis hortorum Cultoribus (1); comme dans celle qui a été publiée sous la présidence de Schneider, sur les Paysans célèbres par leur érudition (2), où l’on fait figurer Adam, Caïn, Jacob, le prophète Amos.
On pourroit de même faire un traité des savans esclaves, et l’on trouveroit dans lPantiquité, au premier rang, Esope et Epictète; mais en se bornant aux temps modernes, on y verroit que Ali-bey et Dragut-Rais avoient été esclaves ; que les papes Adrien IV et Sixte Quint avoient commencé par être domestiques, ainsi que les cardinaux Toschi, Bibiena et le savant voyageur Mendez-Pinto; on y ajouteroit même Tournely, si ce théologien, malheureusement trop suivi, valoit la peine d’être cité. 3 R
En Hollande, la société du bien général s’est félicitée d’avoir imprimé des recueils de Cansons pour les matelots; un Traité sur les devoirs des ouvriers et des serviteurs, elle a fixé le prix de ce livre à 3 sols(3); et un roman pour les Bonnes. À
(1) De eruditis hortorum Cultoribus , par le même, 2.° édit. in—4.° Lubec, 1726.
(2) De Rusticis eruditione claris Præsid. M. Ch. G. Schneider, in-4.° Jena, 1707.
(3) De pligten van hand-yverks lieden en dienst booter, 1-12. Amsterdam, 1709.
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la fin, on a inséré une prière et une chanson pour les enfans (1). |
Le Danemark a pareillement un volume de chants religieux, publiés en 1809 par le prévôt Hjort, à l'usage des ouvriers qui fréquentent les écoles du dimanche (2). |
En Allemagne, Rochow a répandu des opuscules instructifs parmi les paysans de ses domaines, dans le Brandebourg. Son Ami des enfans a été traduit dans notre langue, ainsi que divers ou-
. vrages de $alzman, directeur de lՎcole de SchnϾp-
fen-thal, près Gotha, et du célèbre Campe, auteur du nouveau Robinson. Quoique l’auteur soit protestant, une version espagnole de ce roman a paru avec l'approbation de linquisition.
Pourquoi n’a-t-on pas fait le même honneur au Catéchisme universel d'agriculture, pour les valets de ferme et les paysans, par Burkendorf (5); à quelques morceaux du baron Knigge, qui dit aux maitres et aux subordonnés des vérités utiles dans sa Philosophie pratique, iraduite en anglais par Will, et réimprimée en Amérique (4); aux
(1) De Nederlands kindermaïd, in-12 , 1802.
(2) V. Sangbog for Haandvaerksstanden, etc. I Soendags- Skolerne samlet og udgivet, af Viktor K. Hjort, Provst ved Holmen , 1809, Copenhague.
(5) In-8.° Burlay, 1756.
(4) V. Practical philosophy of social life, etc., after the
( 99 } écrits de madame Morgenstern, qui, occupée sans relâche des moyens d'améliorer l'économie domestique, a publié une foule d'instructions sur cet objet, et spécialement sur les devoirs des per-
sonnes'en service (1)?
En France, il y a beaucoup d’ignorance dans les classes pauvres; cependant qui n’a pas vu des revendeuses au coin des rues, des cochers sur leurs siéges un livre à la main? Et naguères on rencontroit dans la halle de Paris, au milieu des marchandes d'herbes et de poisson, un honwme portant des livres dans un panier, criant : Voila les Fables de La Fontaine, voilà le Télémaque de monsieur de F'énélon, voila les Contes de monsieur Perrault. X nauroit pas fait métier de
les vendre en ce lieu, s’il n’y avoit pas trouvé d’a-
cheteurs. Il n’est même pas rare que des domes- PNR CT MR OO RL CRT EU LORS EREEER German of baron Knigge, by Will,etc ,in-8.° Lansingburg, 1805, p. 185à 103.
(1) Unterweisung für das Weibliche Geschlecht aus den unter Standen in den pflicten, etc., in-8.° Halle, 1790; et Lesebuch für angehende Weilliche diensboten, etc., 1 ster theil in-8.° Halle, 1780, 2 ster theil. Halle, 1790. L'année suivante, à Strasbourg, on a réimprimé les deux parties, la première sous le titre énoncé ci-dessus ; la seconde, sous ce titre : Der Golden spiegel einGeschenk für Mädchen Welchein dienst-tretten-wollen. Mad.-Morguenstern étoit la mère
du savant professeur de ce nom à Dorpat.
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(94 ) tiques louent des livres chez des libraires; ce qui leur donne la malheureuse facilité de lire tontes les turpitudes enfantées par le crime Le Ve rompre les mœurs.
Nous avons quelques ouvrages destinés à l’instruction des chefs de famille, des serviteurs et des
diverses professions : la liste suivante est peut-être
une de incomplète.
1°. Dès l’an 1542, avoit paru un petit livre, composé sous HS V, intitulé : Le vrai Régime du gouvernement des bergers et des bergères, par
le rustique Jehan de Brie, le bon berger (1). Il est
judicieux et respire une bonhomie touchante. Depuis que j'ai fait connoître cet écrit (2), dont on avoit perdu le souvenir, un second exemplaire est tombé entre les mains de M. Huzard : cet ouvrage n’est pas le seul qui ait pour objet une classe particulière de gens en service, Par exemple, en 1740, fut imprimé in-6°., Paris, ; le Parfait cocher, sous le nom de /a Chenaie des bois, mais dont le duc de Nevers est le véritable auteur : c’est un fort bon traité ;
2°. Un estimable ecclésiastique, nommé Vachet, mit au jour, en 1606, lArtisan chrétien, où la Vie du bon Henri, instituteur et supérieur des
(1) Paris, ên-10.
(2) V. Essai historique sur l’agriculture, p. 128.
(:95 ) frères cordonniers et tailleurs (1) : Buche étoit le nom de ce bon Henri, mort en 1666, dont quel ques dictionnaires historiques ont recueilli le nom. Îlse trompoit, en prenant pour sortilége, parmi les
compagnons cordonniers, ce qu’il devoit considérer uniquement comme des impiétés. Il travailla puissamment à les détruire; et c’est ce qui donna naissance à sa société, dont l’origine date de Van 1645 ;
3°. L'iuérys de Gilbert Cognatus, dont ila été parlé, avoit été traduit en anglais, en 1545; plus d’un siècle après (en 1668), Claude Joly en publia une
version française (2). Dans tous nos dictionnaires,
la biographie de ce chanoine , mort victime de son
assidulté à ses devoirs, est aussi incomplète que la liste de ses ouvrages. C’est le même, dont un livre fut brûlé, parce qu’il contenoit des vérités qu’on vouloit faire faire rentrer au fond du puits (5), le même qui a fait un traité sur les Restitutions des grands (4) : la pratique ne nous éclaire guëères sur
(1) In-8.° Paris, 1650.
(2) 7. Traité de Gilbert, Cognatus ou Cousin, intitulé : Oixérys , où De l'Office des serviteurs , traduit par Claude Joly, 1066 , 1n-12.
(3) V. Recueil de mazximes véritables et impartiales pour l'instruction du Roï, in-8.° Paris, 1652.
(4) PF. p. 164.
l'utilité de cet ouvrage, mais certainement la théorie en est très-belle.
5°. De Cerisiers qui, après sa sortie des Jésuites, publia, en 16453, un Discours sur les devoirs des maitres envers leurs serviteurs (1), avoit mis-au jour, l’année précédente, Joseph, ou la Providence divine (2). Joseph est le modèle accompli d’un esclave fidèle, d’un économe intelligent ; mais Pouvrage n’est pas un modèle de bon goût. Il est écrit d’un style que Berruyer eût sans doute admiré; on en jugera par les citations suivantes :
Une dame de condition (madame Putiphar), passant près de la boutique des Ismaëlites, qui avoient amené Joseph en Egypte, fait arrêter son carrosse; touchée de la bonne mine de ce jeune homme, elle le fait acheter par son mari, dont'il devient le confdent et l'ami. Maisil semble que la Jortune craigne d'acquérir le nom de Constante, si elle favorisoit plus long-temps Joseph. Ses disgrâces commencent avec la passion de madame Patiphar, aux sollicitations de laquelle il répond, en disant : « Je n’aurois jamais cru qu’une femme « de votre qualité dût être de votre humeur. » À Ja suite d’événemens multipliés, on apprend que Putiphur avoit une fille très-chaste et retirée, soz
(1),1n=8.° Paris , 1645:
(2) Tn-12. Paris, 1652.
(97) ornbre étoit Sa plus ordinaire compugne (x) , et Joseph l'épouse.
La lecture de cet ouvrage rappelle les réflexions du sage et savant Duguet, précisément sur l’histoire de Putiphar; réflexions applicables au poëme de Joseph, par Bitaubé , et à plusieurs autres écrits d'auteurs vivans, qui, par des incidens roma nesques et un style profane, défigurent l'auguste simplicité de l’Ecriture Sainte.
« Les hommes, dit Duguet, qni ne sont con-
« duits que par une sagesse humaine, s’arrêtent à « décrire tous les labyrinthes d’une passion fé- « conde en arüfices, à marquer tous les sentimens « qui préparent aux dernières foiblesses, ce qui « est une leçon pour le vice plutôt que pour la « vertu, et une instruction méthodique pour y ar « river, plutôt qu’une peinture capable d’en ins- « pirer la haine. L’Ecriture au contraire supprime « toutes ces profondeurs de Satan et ces secrètes « magies par Jesquelles il déguise le crime, afin d’y « précipiter les hommes, etc. » J’abrège à regret cet excellent morceau de Duguet, dont on ne peut trop conseiller la lecture (2).
5°. La vie de Jacques Cochois, dit Jasmin,
(1) W. Pag. r12, 113,138 , 231 et 232.
(2) V. Explication du livre de la Genèse, Paris, 1752, 5, p.132 et 135, sur le chapitre 39, y. 7.
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( 98 ) ou Le bon laquaiïs, par le R.P.T. de S. L. {Toussaint de Sainte-Luce), de l’ordre des Carmes, in-6°. 2°. édition, Paris, 1675. Après avoir parlé de S.Sérapion qui, avant d’être évêque, étant ermite, avoit quitté son désert pour se faire valet de pied, il propose, pour modèle de chasteté, le patriarche Joseph. Cet exemple est bon à citer et vaut mieux que la réflexion de Pauteur, ou il dit que « la fidé- « lité de Cochois provenoit plus de l'attachement « qu’il avoitau service de sa maîtresse, que d'aucun
« autre motif, » Assurément la religion en sug-
sère un plus noble, le seul qui, a ses yeux, soit méritoire. Long-temps après la publication de cet ouvrage médiocre, quoiqu'il ait eu trois édi-
tions (1), il fut amèrement critiqué dans un autre qui a pour titre :
6°. L’'Auteur laquais, ou Réponse aux obJec-
tions qui ont été faites au corps de ce nom, sur la vie de Jacques Cochois, par Jacques Violet de Wagnon, laquais à Paris, in-8°. Avignon, 1760.
Il se plaint qu’on empêche les Jaquais de porter la canne, et qu’on les écarte des promenades (2).
Cet écrit est a peu près une misérable diatribe.
n°. La Maison réglée, où P Art de diriger la maison d’un grand seigneur et autres, elC., par
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(1) La 3.e édition est de Paris, ên-12, 1750,
(2) Pag. 41 et 45.
TT An LA un il 2 DIRES SES MAL PTT Die en
Audiger, in-8°., Paris, 1692. Il évalue à 1880 liv. 15 sols la dépense annuelle de Ja table d’un seigneur, ayant douze couverts et deux repas par Jour. Cet ouvrage porte l'empreinte du caractère | religieux, dont s’honoroient encoreles grandes maisons. Parmi les fonctions de l’aumônier, on compte celle d’instruire les domestiques, de bénir les Viandes, de faire les prières avant et après le repas, la prière du soir et matin, et y viennent le seigneur et ses domestiques. Audiger présente ensuite des règlemens pour les maisons des divers états, et dans les conseils qu’il donne aux domestiques, il n’oublie pas les epprentis, les garçons et Jes servantes d’auberge.
8°. En 1696, parut anonÿme un écrit bien fait et plusieurs fois réimprimé , du père Binet, Jésuite, sous ce litre : Quel est le meilleur gouvernement ? le rigoureux ou le doux(1). Ce petit traité est des- Juiné pour les supérieurs de maisons religieuses, et lpour les maîtres qui ont une grande famille à gou-
verner, Îl est naturel de penser
que la sévérité doit tre lempérée par la douceur; mais Pauteur, ac-
ordant à celle-ci une préfé
rence à peu près excluive , s’'empresse de citer, d’après Plutarque, l’a- >ologue du soleil et de la bise, dont la dispute, sur es moÿens les plus efficaces pour attirer les cœurs, %Œ |
| f 0 | (1) Trio, Paris , 1696.
( 160 ) est terminée par une expérience sans réplique. La bise souffle avec rage , et les hommes s’enfuient en s’enveloppant de leurs manteaux. Le soleil darde sesrayons, et les hommes ouvrent leurs robes pour recevoir ses bénignes influences , elc.
-g°. Les Devoirs de la vie domestique par un père de famille, (c’est Lordelot de Dijon, avocat (1).)Cetouvrage, un peu déclamateur, contient un chapitre sur les devoirs respectifs de ceux qui commandent et de ceux qui obéissent. On trouve dexcellentes réflexions sur le même sujet dans les Œuvres du cardinal Gerdil (2), et dans le règlement donné par la duchesse de Liancourt à sa petite fille (la princesse de Marsillac), pour sa conduite et celle de sa maison (3). Elle lui dit, en parlant des domestiques : « Tous étant nés d'Adam, leurs an- «
- «cètres ont été aussi grands que les vôtres. »
10°. Devoirs généraux des domestiques de l'un \ et Pautre sexeenvers Dieu et leurs maîtres et mattresses, par un domestique , in-12, Paris, 1719.84 Après-le détail des fonctions communes aux gens de maison, l’auteur traite de celles qui sont parti-
RAR NRC RSR RER RS
| | 1 (1) In-12. Paris, 1706. { (2) Ses œuvres, édition de Rome, én-4.° 1806 ,t. 1, P. 299- nl
(5) Réglement donné par une dame de haute qualilé à madame sa petite-fille, etc., avec la vie de mad, de Liancourt 3h par l'abbé Boileau , 4-12. Paris, 1 68.
culières à chaque sorte de domestiques, maitres d'hôtel, valets de chambre, etc. Il, voudroit des établissemens pour enseigner le service à ceux qui ignorent; il insiste spécialement sur la fidélité.
Du principe incontestable que le serviteur doit ménager le bien de son maître, comme le sien propre, il déduit les nombreuses conséquences qui frappent sur Pincurie des domestiques, sur ceux qui gaspillent pour leur propre compte le bien du maître, ou qui le prodiguent aux autres. Ce petit ouvrage assez bien fait, seroit encore meilleur, si l’auteur eût discuté la solidarité des domestiques et donné des règles de conduite, pour déterminer en quels cas elle oblige à restituer. La simplicité avec laquelle il est écrit, manifeste , disent les rédacteurs du Journal des Savans, ce que peut la piété seule, et prouve que tout instrument est bon dans la main de Dieu (1). |
11°. {nstructions de morale, d'agriculture eë d'économie, pour les habitans de la campagne, par Froger, curé de Mayet, diocèse du Mans (2). Cet auteur, omis, comme tant d’autres, par la plupart des compilateurs de dictionnaires, étoit un de ces hommes vénérables qui, se dévouant au bonheur spirituel et temporel de leurs semblables,
en ty prcueuon bouille deg EEE
(1) V. Le Journal des Savans. 1715 tn-4° P: 95: (2) In-12. Paris , 1709.
de * { " L+. nn y LA dr UoR " L Ney en née à L ds Er dr PR PÉTER SS ee Ca PNR SE, M SA EME n RE SARL LES PM Do CALE + A un", g s
( 102 }) en sont les pères par leur charité, et les modèles par leurs vertus. Au frontispice, il annonce que son ouvrage est destiné à servir de lecture dans les écoles villageoises, et par celte raison il y auroit quelques suppressions à faire, quelques lacunes à remplir. : |
Dans le chapitre dela Domesticité, il met en scène le père de famille agricole qui, présidant à la table de ses domestiques, développe leurintelligence, les instruit en les récréant, et s’en fait aimer, On peut encore Jouir de ce spectacle dans des cantons qui, éloignés de la conlagion des villes, ont conservé des mœurs patriarcales , et particulièrement en
Suisse. C’est la patrie de Klÿogg qui, sous le nom de Socrate rustique, est devenu le héros de l'ouvrage, publié en allemand par Hirzel, et traduit en français par le colonel Frey. Louer ce qu'il y a de bon dans un écrit, n’est pas en adopter toutes les vues et les idées. C’est la patrie ‘de Fellenberg qui, à
Holwil, sur un plan beaucoup plus vaste, a per-
fectionné les procédés agricoles, puis établi une école qui deviendra une pépinière de bons do-
mestiques. C’est la patrie de Pestalozzi qui, occupé sans relâche à chercher les moyens de développer, de perfectionner l'intelligence des enfans, voit aujourd’hui ses efforts couronnés du succés.
12°. Pour ne rien omeltre, citerai-je Pabbé
Coyer qui, dans son ouvrage superficiel sur la pré-
: PL ANSE Eu APE rare x PE:
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7 (H09) dication , parle assez longuement sur les vices des domestiques? il s’indigne contre cette tourbe de valets qui, fuyant la milice pour Poisiveté des antichambres , forment un flux et reflux perpétuel dans toutes les maisons, excepté celles qu'ils penvent ruiner impunément; et voici le remède qu’il propose.
Un officier engage, pour la vie, ou pour un nombre d’années déterminées, un soldat que la discipline militaire fait rentrer dans son devoir, s’il s’en écarte, qui s'expose même à la mort pour un modique salaire; tandis que le domestique gigne par an une somme égale à la retraite d’un ancien officier. Coyer demande qu'on accorde au maître, sur son serviteur, une autorité pareille à celle du capitaine sur le soldat; que les engagemens soient à plus long terme, avec faculté au maître de le renvoyer; qu'il y ait un dépôt des domestiques sans condition, pour remplacer par inter valle ceux que l’on punit, et sur les gages desquels ils soient payés. L'auteur veut un magistrat spécial pour celte partie de Pordre public, et pour chaque dix maisons un censeur. Par ces moyens, l’auteur espère donner des mœurs aux domestiques, ensuite aux chefs des familles. Il falloit proposer l'inverse et commencer par ceux-Ci.
15°. En 1660, le père Le Blanc, Jésuite, avoit
Sabs. PALIT LA 4 Ou UT JO RL re an EE ON ur Re RAR IREM dt YO SYE EE : x
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( 104 ) publiéle bon F'alet et la bonne Servante (1). Le; ju-
.dicieux Fleury composa un Traité des Devoirs des
maîtres et des domestiques (2),que n’a point effacé celui de Collet destiné seulement à l'instruction de ceux-ci (3). On y a même trouvé quelques phrases répréhensibles, et, pour servir d’antidote au livre de Collet, un anonyme ayant refondu Instruction chrétienne des pauvres, des ouvriers et des domnestiques, Y a ajouté une seconde partie. Beaucoup d’autres ouvrages ascétiques, à peu près dans le même genre, ont pour auteurs Girard de Villethierry, Gobinet et Lambert. | 14°. Une dame, dont la vieentière a été consacrée à instruction de la jeunesse et des gens peu aisés, madame le Prince de Beaumont, a fait, entr'autres écrits, le Magazin des pauvres, artisans, domestiques et gens de campagne (4), auquel il ne manque, pour être très-utile, que d’être plus répandu. Même éloge est dû à la F’ertueuse Portu-
(1) In-12, Pont-a-Mousson.
(2) In-12. Paris, :688 Fleury dit que quatre choses sont dues au domestique : assistance, occupation, corrections et
récompense.
(1) Instructions et prières à l'usage des domestiques et des personnes qu? travaillent en ville, par Collet, iu-12, Paris,
(4) 2 vol. ên-12. Lyon, 1768.
(xa5')
gaise, par l'abbé Maydieu, chanoine de Robes Ce roman a été réimprimé en 18a4 (1). Î! serait agréable de joindre à ces écrits les F’ertus du peuple, par M. Bérenger, si, dans une dernière édition en trois volumes, on n'avait, sous un langage miclleux, versé le fiel des controverses théologiques qui, depuis 1789, ont agité la France et déchiré les familles. Cet ouvrage et beaucoup d’autres (2), où règne toute lantmosité de lesprit de parti, sont disséminés avec DÉS distribués en prix dans les catéchismes, les écoles, par des hommes dévorés du besoin de tourmenter les consciences, de perpétuer les troubles, et pour qui les mots paix, justice, charité sans doute son vides de sens : catholiques zélés, il ne leur manque que d’être chrétiens. La dévotion haineuse s’allie irès-bien à la religion niaise, qui l’une et l'autre calomnient la religion.
15°. Modèle et Patrone des servantes etouvrières de toutes personnes enserviceet des filles de maison, ou Vie de sainte Zite, in-8°., Chambéry, 1811, avec approbation du grand-vicaire M. Bigex. Assu-
(1) 1n-8., Paris, 1804.
(2) Par exemple les Anecdotes chrétiennes (par l’abbe Reyre, qui vient de mourir), édit. de Lyon:811; carilyena
une autre en 2 vol. Un prêtre nommé Drouot, les donnoit en prix à St.-Etienne-du-Mont, en 1804,
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