‹ De la domesticité chez les peuples anciens et modernesChapitre 24 sur 34 · CHAPITRE VIIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIT

Instruction des Domestiques et d’autres classes indigentes de la société. — Amélioration de leurs mœurs: —Etablissemens formés pour cet objet dans divers pays.

L'opurrken’otl'indigence sont plus que la médiocrité voisines du crime. On peut, à bien des égards , leur appliquer ce mot du comte d’Aranda: Les’‘cours'et lespopulaces sé ressemblent, Elle est assez juste ; quoique triviale ; la comparaison qu’ori à faite de là société avec un tonneau de bière : lé dessus est écunie, le fond estde la lie ; il n’y a de bon que le milieu. |

Dans tous les siècles, les hautes classes de la société furent les moins vertueuses , les plus perverses. La'corruption descendue à celles qui leur sont. subordonnées, ne justifie que trop ce dire d’un poële comique : Bien peu de maîtres seroient dignes de servir ;! ils ressembleroient en tout à leurs valets, s'ils avoient été placés dans les mêmes circonstances. L'opération là plus indispensable seroit donc de réformer les maîtres; indiquer cetté

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(192 ) mesure est chose facile. Je voterois des remercimens à quiconque trouveroit les moyens de la faire exécuter.

La législation peut les atteindre, en certains cas; mais quel ascendant l'opinion publique exercerat-elle sur eux , si cette opinion même est erronée et s’ils orététidérit en être les FÉGURULS À ?

Il est plus aisé peut-être d’agir efficacement sur

‘la conduite des domestiques , lorsque leur dépra-

vation n’est pas consommée , et qu'ils sont accessibles aux sentimens honnêtes. Si l’on ne peut les soustraire au mauvais exemple qu’ils ont sous les yeux, essayons au moins de les Préfnnir contre son influence.

Le prince de Ligne, qui écrit toujours avec esprit, et qui raisonneroit plus souvent avec justesse, sises vues n’étoient outrées, regarde comme unsgrand malheur que la classe des domestiques soit mal élevée. Il voudroit des écoles pour leur apprendre à bien penser , bien servir , bien converser ; Car on se trouve souvent exposé à leur société à la campagne, en voyage, en ville. Il demande qu’on érige des colléges pour leurenseigner la morale , la littérature , la musique et le dessin , comme moyen de plaire à leurs maîtres qui. feroient leur. fortune : ce seroit, dit-il, une portion de citoyens heureux ; au lieu de les chercher dans la rue et de les prendrè au hasard ; on iroit à celle

(195) fondation {1). Enseigner aux domestiques la mu= sique , le dessin , la littérature , voilà de l’exagé-

ration ; mais il est, pour chaque état, un degré convenable de connoissances , il faut s'y bôrner. Et tel est, dit-on , le but de l’école formée à Fribourg en Brisgau , pour l'instruction religieuse , morale et industrielle des filles de quinze à seize ans , que la nécessité réduit à servir. Le père Sautier , ex-jésuite , est le fondateur de cet établissement , dans lequel il a établi un régime extrêmement sage et sur lequel il a publié divers opuscules.

En Angleterre, de toutes parts, on s'occupe des domestiques ; à Londres , à Bath et ailleurs, on a ouvert des chapelles uniquement consacrées à leur instruction et à celle des pauvres. On leur distribue des ouvrages de piété; pour eux surtout , ont été établies les Sunday-schools, écoles du dimanche, qui ont le plus grand succès , et dont miss Hannah-Moore a pris si courageusement la défense , contre quelques fauteurs de l'ignorance, fidèle alliée du despotisme. Divers établissemens enseignent aux filles les travaux propres à leur sexe , comme filer , tricoter, coudre. Telle estentr'autres

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(1) V. Œuvres et Pensées du prince de Ligne, 2 vol, in-8e, Genève, 1809, t. à du 2.° vol. p. 48 et 40,

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