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( 250 ) Aÿons la modestie de croire que chez les autres peuples nous pouvons, dans plus d’un genre, faire d’heureux emprunts. Mais à quoi serviroit de connoître le bien qui se fait ailleurs, si l'on ne travaille à s’approprier les mêmes avantages ? C’est avec l'appui du Gouvernement qu’on voudroit reproduire ici cette société, sauf les modifications que commandent la localité et les circonstances.
On pourroit l'agrandir et y adapter des moyens d'instruction religieuse etmorale , analogues à ceux des établissemens formés pour cet objet dans diverses contrées et dont on a présenté le tableau.
L’indispensable supplément des lois , c’est la religion qui seule peut les sanctionner dans le cœur et donner à chacun une garantie. Il n’est pas une âme vertueuse, pas une famille honnête qui ne soit intéressée à ce projet. Ce n’est pas peu de chose qu’un homme bon ou méchant de plus ou de moins dans la société.
Mais avant de dessiner un plan, on veut pressentir l’opinion et recueillir des conseils qui seront reçus avec reconnoissance. J'écris, à la vérité, dans un pays où sur des vues de cette nature beaucoup de gens, quoiqu’intéressés à les faire réussir, sont d’une apathie désespérante. Lestentatives infructueuses de Chamousset, et tant d’autres faites postérieurement, prouvent que pour avoir voulu devenir le bienfaiteur de ses semblables, on
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doit souvent se croire trop heureux d'échapper à
la calomnie. Il est des hommes tellement détériorés au moral, qu'ils repoussent le bien parce
qu’il est bien ; à peu de choses près, on peut leur
assimiler ceux qui, dans les bonnes actions, ne voyant d'autre fruit à recueillir que celui de la considération personnelle , attachent la vertu au char de l’orgueil, et qui, en affectant même de vouloir seconder un projet louable , le décrient sourdement s'ils ne l'ont imaginé et sil n’est leur ouvrage. D'ailleurs le zèle est éphémère chez un peuple volage, sans caractère, et que des écrivains étrangers appellent un peuple de papillons. Cette censure malheureusement trop fondée, admet cepéndant des exceptions, puisque depuis plusieurs années des sociétés philantropiques , d’encouragement, d'agriculture, persévèrent à faire le bien. On réclame leurs lumières et leur activité ; on réclame celles des pères et des mères de famille ,en faveur d’un projet dénué de léclat qui peut éblouir les vaniteux, mais qui, marqué au coin de luulité, obuendra peut-être l'approbation des sages.