‹ De la douche et des affusion d'eau froide sur la têteChapitre 6 sur 18 · EFFETS DE LA DOUCHE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA DOUCHE

La douche produit des effets immédiats et d'autres

(8) qui sont consécutifs. Les premiers consistent en une impression de froid, une commotion douloureuse sur la partie de la tète frappée et une grande gêne dans la respiration. Les effets consécutifs sont la conséquence de ceux-là : le froid , d'abord local , s'étend avec rapidité , devient général , et donne lieu à des borripilations , au tremblement. Il survient en outre pâleur, sentiment de constriction en général très-douloureux dans l'épigastre , pouls petit et serré , malaise extrême , lipothymies.

La commotion , qui cause promptement une douleur locale, étend aussi ses effets; la douleur envahit toute la tête, se répète sympathiquement dans l'épigastre et dans tous les membres , et alors , chez les uns , les mêmes symptômes produits par le froid se déclarent ; chez les autres , la figure se colore , les artères battent avec force , des élancements violents se font sentir dans toute la tête ; le pouls est grand , fort , fréquent ; les yeux s'injectent. Peut-être y a-t-il là deux effets distincts , celui de la commotion et celui de la douleur ; mais n'ayant pu les bien séparer sur les malades , je me vois obligé de les confondre ici.

Enfin , la gêne de la respiration provoque tout d'abord la crainte de la suffocation et un sentiment de terreur si vif , que les aliénés qui l'éprouvent crient qu'ils vont mourir ; ils ne savent plus ce qu'ils font ni où ils sont. Le sang congestionne la tête , il y a syncope, et si la

(9) douche ne cesse promptement, elle peut rendre l'asphyxie mortelle.

Tous ces effets sont loin d'être constants ; ils varient selon la température de la douche , sa force , sa durée , la position des aliénés qui la reçoivent , et encore plus selon leur susceptibilité , les dispositions de leur corps et de leur esprit, la manière dont elle est administrée, la saison pendant laquelle on y a recours. Ainsi , lorsqu'il faut employer la violence et que les sujets sont d'une grande susceptibilité, les effets de la douche sont souvent excessifs , tandis qu'ils restent à peu près insignifiants dans les conditions contraires ; ainsi encore , pendant l'hiver et lorsque l'eau est très-froide , si la douche est prolongée, elle détermine des résultats qui deviennent quelquefois dangereux ; pendant l'été , au contraire , la douche produit dans quelques circonstances une sensation agréable , surtout si le malade la reçoit volontairement , et si on lui permet de placer les mains sur le nez et devant la bouche, de manière à rompre la nappe d'eau qui , sans cette précaution , l'empêcherait de respirer, etc.

Il est résulté de la différence de ces effets , que quelques médecins se sont récriés , il y a peu d'années, avec beaucoup de force , contre l'emploi de la douche, prétendant que c'est un moyen barbare ; que d'autres, au contraire , l'ont vantée comme a un moyen curatif presque infaillible : nous disons, nous, après avoir examiné atten-

( 10) tivement ses effets , qu'ils ont eu raison les uns et les autres. Oui, la douche est un moyen barbare; lorsqu'elle est employée hors de propos et sans mesure, elle peut occasionner la mort. Oui encore , la douche est un remède non infaillible tant s'en faut, mais très-puissant si elle est ordonnée par des médecins habiles et administrée avec intelligence. A l'appui de cette dernière assertion , j'ajouterai des observations à celles qui sont déjà connues ; mais auparavant je vais en rapporter deux pour prouver les suites graves que peut avoir la douche : la première m'a été communiquée par le médecin qui l'a recueillie.

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