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praticien sage puisse les proposer. Dans certains cas cependant il peut y recourir, en n’imitant pas de trop près l’audace des anciens , de Dioclès , qui , suivant Cœlius AureLianus ^ prescrivait dans la névralgie sciatique des lavemens préparés avec des purgatifs très-âcres, qui faisaient rendre du sang. Suivant Cœ^ Lius il obtenait beaucoup de succès. Ce n’est aussi qu’avec une grande discrétion que l’on pourrait quelquefois tenter d’imiter Rhazes , qui nous assure qu’il a vu plus de mille fois des affections goutteuses promptement dissipées lorsqu’il donnait, après une purgation générale , des lavemens préparés avec la
coloquinte, l’élatérium, etcj médi-
camens qui attiraient, dit cet Arabe, la matière avec une telle force qu^ils blessaient les intestins.
Dans les fièvres muqueuses et putrii»
des, Stoll J qui n’avait pas méconnu la puissance de quelques douleurs excitées à propos, conseille d’administrer les feuilles et la racine d’arnica , jus^ qu’à ce que fon puisse produire de la douleur sur les surfaces gastriques et intestinales. C’est au développement de ce phénomène cju’il attribue les avantages qui résultaient de l’emploi de nica monmna. Barthez pense aussi que
les purgatifs drastiques auxquels on a recours cpielquefois dans la manie et la déinerice, ne guérissent souvent qu^en occasionnant des coliques révulsives de l’afléction maniaque. C’est encore en suscitant de la douleur, en éveillant la sensibilité de tout le système abdominal, en changeant la direction que pourraient affecter les humeurs , que les émetiques et les purgatifs produisent d’excellens effets dans les commotions dncerveau. Au reste, il seraitfacile d’appliquer des considérations semblables à beaucoup de raédicamens excitans qui n’agissent souvent qu’en éveillant la sensibilité , en dolorifiant les organes sur lesquels on les applique , ou sur ceux avec lesquels ils ont une affinité spéciale. Mais, ne voulant pas donner plus d’extension à notre sujet , nous nous bornons à cette dernière remarque. Dans la chirurgie même, dans les grandes opérations qu’elle pratique pour soustraire tant de malheureux aux ravages de maladies contre lesquels les médicamens ni le vis naturœ medicatrix ne peuvent plus rien, la douleur vient s’interposer encore quelquefois pour le plus grand bien des malades. Sans doute il est un grand précepte que le chirurgien ne doit jamais ignorer, celui d’épargner, autani
qu’il est en lui, la douleur aux personnes qu’il va soumettre à l’action de ses instruinens. Mais si ce précepte est bon j il est pour lui des exceptions. Nous dirons tl’abord , sans crainte d’être démentis par les plus habiles chirurgiens , que le succès de beaucoup d’opérations dépend fort souvent de la continuité des douleurs que les malades ont éprouvées avant ces mêmes opérations. Bell, deman-
dent qu’ils aient été un peu épuisés par elles : ils en font un précepte particulier. La douleur, par sa continuité, semble diminuer l’énergie du principe de la sensibilité, et empêcher ou prévenir le développement si fâcheux, si formidable des symptômes inflammatoires ou nerveux , consécutifs à l’opération , et qui en font presque tout le danger. Marc- Antoine Petit, comme BeiL, avait som vent été frappé de ces vérités importantes. Dans sa Médecine du cœur, où se trouvent consignés beaucoup de faits
Ïnécieux, il dit avoir souvent vu que es grandes opérations , l’amputation des membres surtout, réussissaient bien mieux quand on les pratiquait pour des maux très-anciens chez des mala-^ des épuisés par la douleur, que lorsqu’on les faisait trop tôt, et dans les premiers temps du mal. Dans l’opéra*
tion même, nous dirons que chez les personnes qui sont douées d’une grande inertie physique et morale, chez celles où le système nerveux se trouve dans une sorte de stupeur ou d’engourdissement , la douleur ne doit pas être au*tantménagée quecîiez les individus plus irritables. Il est donc quelquefois dangereux d’opérer avec trop de promptitude. Sans doute, dit le chirurgien de Lyon que nous venons de citer , il faut que la main soit légère j il faut que le sillon que trace un fer l)ienl‘aisant se fasse avec rapidité ; mais quand la douleur que ce fer doit produire est atroce , on diminue son danger en prolongeant sa durée , et l’âme semble moins sentir le fardeau dont on la charge, quand c’est avec gradation que l’on^ eu augmente le poids. Fouteau sur ce point avait des idées parfaitement analogues. Il regardait comme dangereux d’ouvrir la vessie par une incision assez grande pour donner à l’extraction de la pierre toute la facilité qu’il paraît d’abord si commode de se procurer. Il voulait que la pierre, en passant par l’ouverture, opérât toujours une légère dilatation, le malade n’ayant rien à redouter de la longueur des douleurs, mais seulement de leur vivacité. Pourquoi voyons -nous
quelquefois en province certaines opérations réussir beaucoup mieux que dans la capitale , si ce n’est parce que les premiers opérateurs , sans être dépourvus de talens et de courage , ne suivent pas toujours très-exactement le précepte d’é-^ |T)argner toutes douleurs aux malades.
J’ai ouï dire à l’un des plus habiles hommes de la capitale que beaucoup de chirurgiens, et lui- même, avaient observé qu’en pratiquant les grandes opérations dans les hôpitaux , les malades qui montraient le plus de sensibilité, qui éprouvaient le plus de douleurs , ceux qui l’exprimaient avec plus de force, guérissaient plus facilement que ceux qui avaient montré ou moins de sensibilité , ou plus de courage. Ne serait-ce pas parce que chez les premiers les douleurs, en suscitant une grande commotion nerveuse, changent les habitudes ou les directions vicieuses que le système des nerfs avait contractée^ pendant la maladie , et le replacent dans un état plus conforme au , rétablissement de la santé f