LX V
Les nations n’ont eu au fond qu’un soin, celui de protéger la grande industrie du Capital. Selon qu’elles y ont réussi par ce qu’on a nommé les progrès de la législation, elles se sont élevées. Leur développement fut partout celui de la propriété. Pourquoi, contrairement à la pratique du monde, tous vos soins visent-ils à l’offenser !
Tout ce que nous avons dit du capital , il faut le dire de la propriété, sur laquelle il repose, dans laquelle il est recueilli. Avant la propriété , il n’existe point de capital. Parmi nous, hors de la propriété, le capital s’évanouit. Et vous le savez, sans le capital, plus de travail, plus de liberté, plus de science, plus de civilisation humaine.
Le capital n’est pas comme un tout qui peut se défendre. Ce n’est pas un Océan qui reprend à tout instant ses flots. Le capital est comme la goutte de rosée formée sur chaque Heur, au pied de chaque plante. Disséminée sur tant de points, chacune de ses parcelles sacrées a besoin d’un défenseur. C’est le propriétaire. Devenu un avec le capital, il l’entretient de sa propre vie.
Porté sur les bras du travail, son père, allaité sur le sein de la prévoyance, sa mère, ce fils de l’homme grandit. La famille le conserve comme son propre sang, elle le transmet comme son hérédité même. Arrachez l’enfant à sa mère pour le remettre à l’étrangère, si vous voulez confier la propriété à celui de qui elle n’est point issue.
Le terme de l’ordre économique est la propriété, fixation du capital. Longtemps encore la liberté, source de l’inéga-