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puis les peuplades barbares et les habitants des déserts jusqu’aux nations les plus avancées; et, dans le sein d’un même peuple, depuis Tâme inculte de l’homme luttant contre les éléments jusqu’au cœur emu du poète ou de la vierge vouée à Dieu.
Certes, l’ambition et la paresse, la magnanimité et l’injustice, la triste faiblesse et l’audace^ la gourmandise et l’avarice, la noblesse et la vénalité ne peuvent recevoir le même traitement de la vie !
Dieu a rendu la vie accessible à toutes les âmes. L’égalité ne se fût mise qu’à la portée d’une seule.
Dans leur développement, les unes se seraient aussitôt élevées au-
dessus, les autres seraient tombées au-dessous de ce tyrannique niveau. Les libertés détruisent d’ellesmêmes leur égalité d’origine devant Dieu.
Il faut que la vie les puisse toutes recevoir. Celles qui ont rejeté une épreuve plus spirituelle sont remises à une épreuve inférieure :
il y a des épreuves à tous les degrés de la matière avant d’entrer dans celles qui dépendent de Tesprit. La douleur sait s’adapter à toutes les mesures !
Car , selon que les âmes se placent sur un cercle plus ou moins élevé , le genre et l’intensité de l’épreuve diffèrent. Le travail revêt autant de caractères que la liberté a de formes ; il crée autant de sor-
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tes de positions dans la vie qu’il y a de sortes d’instincts à détruire ou à cultiver dans les âmes.
Et d’abord , nos cœurs demandent à être attendris : or à l’un il faut les plus longues douleurs , à l’autre la contemplation fera venir les larmes! Nos volontés demandent à être développées : or à l’une il faut l’emploi des plus grands leviers, il suffira pour l’autre d’être remise à elle-même !
Dans sa loi , le travail a tout prévu. Où la liberté morale n’est qu’en germe, il se condensera; où les volontés étendent leurs ailes , il se raréfiera. Le travail sait se retirer ou s’accumuler où il faut !
Et il n’est pas jusqu’à la triste phalange de ces hommes que notre
propre loi condamne aux travaux forcés qui ne voient leur liberté aux prises avec des peines plus lourdes. Car leur orgueil les conduisit jusqu’à la cruauté des bêtes.
Le travail ne devait pas seulement étendre la loi de la douleur sur la surface du genre humain; il fallait qu’il la répartît et l’appropriât aux divers besoins des hommes, fl fallait enfin qu"il se divisât selon ses différents éléments pour appliquer chacun d’eux à la vertu spéciale qu’il fait naître.
Le temps aussi a ces cercles pour l’échelonnement des âmes !
Les hommes naissent dans les
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positions les plus avantageuses à leur formation. Au besoin ils savent y venir d’eux-mêmes. Ce monde est un miraculeux atelier.
Là le travail se dispense suivant la nature de toutes les libertés. Les professions diminuent d’intensité selon ce que l’âme a acquis de volonté. D’un genre d^efforts les générations d’âmes passent à un autre, suivant le côté en elles qui s'est formé. De là toutes les positions de la vie.
La Société offre l’échelle toute faite. Ceux qui s’élèvent doivent s’élever ; ceux qui redescendent doivent être de nouveau abaissés. Les âmes tombent d’ellesmêmes à leur place. Le propre poids de l’orgueil et de leur
faiblesse les fait toujours toucher terre au point d’où il faut qu’elles repartent. Bien souvent la grossièreté des organes du corps vous indique la marge qui reste encore devant une âme!
Aussitôt que l’homme a quelqu’ avantage , il en profite pour son orgueil. C’est pourquoi il n’y a de possible qu’un si petit nombre de positions élevées. La surprenante quantité des situations pénibles de la vie , et l’universalité d es conditions inférieures montrent l’état du plus grand nombre des âmes. L’ordre économique est bien plus exactement encore l’ordre psychologique du monde !
Avez-vous regardé de près dans
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les âmes le plus rigoureusement condamnées au travail ; quel repaire incroyable de présomption! Approchez, dites une parole, vous les verrez bourdonnantes d’orgueil. Le sauvage et le barbare se trouvent précisément dans cet état.
L’orgùeil est au commencement de l’être. Les âmes grossières ne sont autre chose que celles où l’orgueil occupe encore tout. C'est pourquoi elles sont toujours prêtes à blesser, à vous jeter leur égoïsme à la figure.
Observez-les parmi elles! comme un seul mot tombé sur ces faibles esprits les fait aussitôt éclater; comme le moindre succès chez ces pauvres hommes les enfle au-dessus des rivaux; comme le plus petit gain
leur fait croire que le travail des bras n’est plus pour eux ; comme la ruine suit tous leurs pas. Imaginez-Ia une tête qui , sans tourner 5 puisse être élevée aux honneurs ; un cœur qui, sans se dissoudre , puisse avoir l’or autour de lui ; un homme enfin pour qui la sévère loi puisse être abrogée un seul jour!
Otez le travail , ôtez la faim qui le produit , et essayez de concevoir riiomme sur la terre! Ah! la rigueur même de notre loi prouve la difficulté d’élever le relatif par la voie libre.
Si Dieu avait mis un peu plus d’amour dans la création , il l’aurait perdue... Adam même fut
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obligé de se recommencer par la chute ! Aujourd’hui encore , le moindre inconvénient de gâter un enfant est d’en faire un homme inférieur. Des pères ont rassemblé une grande fortune ; des enfants élevés dans les soins la mangeront. La fortune tombe des doigts qu’elle a ramollis. La vie n’est faite que pour offrir la lutte à la liberté et consolider la personne.
Dieu évite avec soin de placer les âmes dans des positions où leur amour-propre ne saurait tenir. Je reconnaisparfaitement l’impossibilité où il est d’élever une multitude d’hommes, quand j’en trouve si peu dont le moindre changement de position ne ferait
pas éclater un orgueil que jusqu’àlors ils ont pu contenir. Il faut voir de près la vie. Une vertu entièrement dépouillée d’orgueil est très-rare. Voulez-vous savoir si un homme en est exempt.^ supposez-le tout-à-coup à un rang supérieur, et rendez-vous ce compte que rien ne saurait s’enfler sur aucun côté de son âme !
Je le répète , les positions de la vie sont les positions des âmes...
Chacune est déposée sur sa vertu , et de manière à combattre constamment son vice. Il est inutile de faire un marchand de celui qui n’a pas le goût exagéré du gain ; un valet , de celui qui n’a pas tout son orgueil à contenir. Chaque profession a sa vertu derrière
dans le temps.
soi, et son vice à combattre devant elle. Les hommes sont plus à leur place qu’on ne pense ; seulement, personne ne le peut avouer.
Par le travail, la douleur, comme une loi , est donc également étendue sur tous les points de l’existence ; et , par les diverses professions, elle est soigneusement appliquée aux différents états des âmes. La vie est entièrement organisée pour le Ciel.
Mais cet homme, né pour le Ciel, reste souvent courbé sous la forte loi de la terre! Ne faut-il pas qu’il ait un aide dans le travail , et un secours dans la Douleur ? Quel ange se tient dpnc prêt à lui tendre la main, et à descendre avec lui dans toutes les positions de la vie P
La femme a été mise belle et bonne sur la terre pour tempérer la douleur. Aussi, les femmes sont toujours ce que mérite l’homme.
Elles correspondent essentiellement à l’état de la nature humaine.
Remarquez comme elles contractent divers aspects de beauté et de caractères suivant les diverses classes pour lesquelles elles sont faites , absolument de même que suivant les différents peuples de la terre auxquels elles appartiennent.
Les femmes ressemblent aux âmes des hommes; leur beauté est toujours proportionnée à notre cœur.
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La femme a été créée belle et bonne , mais Dieu, lui retire ces attributs aussitôt qu’il voit la nécessité de laisser agir la douleur.
Un peuple chez lequel on voit les femmes prendre l’esprit de. l’homme , c’est-à-dire mettre leur vanité avant leur cœur et passer d’abord par l’amour d’elle-même , est nn peuple que Dieu punit ou commence à abandonner. La coquetterie annonce le grand malaise d’une nation. Quand v*os femmes ne sont plus pour vous , craignez qu’il n’en soit ainsi de Dieu.
Mais aussitôt que chez un peuple le travail et la vertu accomplissent leur forte et sublime loi, la femme reprend ses attributs. Que l’homme sache juger de l’état du
Ciel dans ses regards! Dieu Ta relevée pour nous d’une partie du travail. Chez l’homme grossier , et chez le barbare , elle le reprend ; comme elle en devient de plus en plus exempte dans les civilisations qui s’élèvent.
La femme tient beaucoup de la mission angélique. Elle aura moins combattu que nous. D’abord elle n’est pas d’une essence ontologique tout-à-fait semblable à la nôtre. Son bïen n’est plus autant le mérite acquis , sa perfection est d’un autre ordre. Elle a moins de volonté que de cœur , son corps lui-même a moins besoin de travail ; et comme à l’ange on lui demande , pour rester parfaite , de conserver sa pureté.
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Aussi , préfère-t-elle aimer et être aimée à la manière de l’ange .
Elle sent moins que l’homme le besoin de liberté.
C’est pourquoi les femmes qui s’éloignent de l’innocence rentrent dans la destinée de l’homme, la responsabilité et le travail augmentent aussitôt pour elles ; absolument comme pour Adam apres le choix qu’il a fait. Ce n’est pas un faible indice de ce qui se passe ontologiquement en leur âme cjue ce caractère masculin qu’elles revêtent alors extérieurement. Là n’est point leur nature, et , dès ce monde , elles le sentent déjà pour le bonheur.
Héros de la nouvelle création, l’homme porte le travail , et la
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femme porte Tamour : car cette création, toutefois, n’aurait pu se conserver sans l’amour! Au sein des choses, la douleur, comme la liberté , a eu sa transition nécessaire pour passer de l’esprit bienheureux de l’ange au cœur trois fois vivant de Fhomme! Tout est prévu sur la terre , le travail et son arrêt , le bien et ses secrètes sources , le mal et ses canaux de fuite , et toutes choses que je n"ai pas dites...
La douleur , certes , n’entrera pas au Ciel ; mais sur la terre , elle a une tout autre réalité que l’amour!