CHAPITRE XXX
AINSI donc, comme les choses bonnes, ce sont celles qui aident les parties du Corps à s'acquitter de leur fonction, et que la Joie consiste en ceci, que la puissance de l'homme, en tant qu'il se compose d'une Ame et d'un Corps, est aidée ou augmentée; toutes ces choses, qui apportent delà Joie, sont donc bonnes ' . Cependant, comme les choses n'agissent
^ C'est pourquoi, parmi les plaisirs nécessaires, les Théâtres de tous genres, ce délassement si noble, si utile, si moralisateur ; ce divertissement favori des Anciens, si puissant pour calmer les chagrins, faire diversion aux ennuis, adoucir les caractères farouches ; cette récréation d'élite si éminemment propre à faire naître au cœur des hommes, sans aucun préjudice pour autrui, cette Joie saine et sereine qui augmente toutes les réalités d'un Être, et le fait passer à une perfection plus grande : c'est pourquoi, disons-nous, avec Spinoza, notre vénéré Maître, dans un État heureusement policé, les Théâtres de tous genres doivent être encouragés par tous les moyens.
point dans cette fin, de nous causer de la Joie, et que leur puissance d'agir n'est point réglée d'après notre utilité; et, enfin, comme la Joie, la plupart du temps, se rapporte de préférence à une seule partie du Corps ; les passions de la Joie (si la raison et la vigilance n'y veillent) ont donc la plupart du temps de l'excès, et conséquemment aussi les Désirs, qui naissent de ces passions. Ajoutez à cela que, par la passion, nous considérons en premier lieu ce qui est agréable dans le présent, et que nous ne pouvons pas apprécier l'avenir avec une égale affection de cœur. (Voy. Schol. de la Prop. xliv et Schol. de la Prop. lx. Part. IV de Y Éthique^.)
multipliés dans toutes les Villes de la république, construits d^une manière splendide et commode, rendus accessibles à toutes les fortunes ; n'être plus, enfin, comme de nos jours, un plaisir rare, difficile et de luxe, réservé à la seule aristocratie de la finance, mais une distraction fréquente, facile, générale, mise à la portée des plus modestes bourses.