‹ De la droite manière de vivre: appendice extrait de la 4e partie de l'EthiqueChapitre 31 sur 35 · SCH0L · texte numérisé non relu

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L'Hilarité, que j*ai dit être bonne, se conçoit plus facilement qu'elle ne s'observe. En effet, les passions auxquelles nous sommes tous les jours en proie, se rapportent, la plupart du temps, à une certaine partie du Corps, qui est affectée de préférence aux autres ; et, par conséquent, les passions ont presque toujours de Texcès, et elles retiennent l'âme dans la seule contemplation d'un unique objet, avec une telle force, qu'elle ne peut plus penser à d'autres. Et bien que les hommes soient sujets à beaucoup de passions, et, par conséquent, que Ton en trouve rarement qui soient toujours tourmentés par une seule et même, il n'en manque pas, cependant, à qui une seule et même passion s^attache opiniâtrement. Nous voyons des homme<«, en effet, affectés quelquefois par un seul objet de telle sorte que, encore qu'il ne. soit pas présent, ils croient cependant l'avoir devant les yeux. Quand un tel fait arrive à un homme qui ne dort pas, nous disons qu'il délire, ou qu'il est fèu. Et ils ne passent pas pour être moins fous, ceux qui brlHçnt d'amour, et qui ne songent nuit et jour qu*à leur seuhds^amante, ou à une courtisane; parce qu'ils font rire d'ordin^e. Mais, lorsqu'un avare ne pense à rien autre chose qu'au gain, ou aux écus, et un ambitieux à la gloire, etc., ceux-là ne passent pas pour délirer, parce qu'ils sont

ordinairement insupportables, et qu*on les juge dignes de haine. Mais, en réalité, l'Avarice, l'Ambition, le Lil)ertinage, etc., sont des espèces de délire, bien qu'on ne les compte pas au nombre des maladies.

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