‹ De la droite manière de vivre: appendice extrait de la 4e partie de l'EthiqueChapitre 5 sur 35 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

C'est pourquoi, il est utile sur toutes choses, dans la vie, de perfectionner, autant que nous le pouvons, Tentendement , autrement dit la raison; et c'est en cela seul que consiste la souveraine félicité de l'homme, "bu la béatitude; car lar:béatitude , ce n'est rien autre chose que l'acquiescence même de l'esprit, laquelle naît de la connaissance intuitive de Dieu : et perfectionner l'entendement, ce n'est rien autre chose, non plus, que comprendre Dieu*, les attributs de Dieu, et les actions qui résultent de la nécessité de sa nature même. C'est pourquoi, la fin dernière de l'homme, qui est conduit par laj^aison, c'est-

1 C*est'à-àire la Nature entière, ses lois immuables, ses règles constantes, et toutes les manifestations infmies de son infinie puissance, Astres, Êtres, animaux, plantes, etc.

à-dire le suprême Désir, par lequel il s'étudie à modérer tous les autres, c'est celui qui le porte à se concevoir lui-même, d'une façon adéquate , et toutes les choses qui peuvent tomber sous son intelligence*.

^ Rien n*est donc interdit, de par les lois de Dieu ou de la Nature^ aux investigations curieuses de la raison humaine. Il n*y a donc point de mystère prétendu sacré que l'intelligence de rhonime n*ait le droit de sonder, point de miracle prétendu divin que son entendement n*ait le devoir d'éclaircir : mais toutes choses, quelles qu'elles soient, tant sacrées que profanes, tombent dans le domaine de son observation ; et, nous le répétons, c'est à la fois et son droit, et son devoir, de s'en rendre compte, par tous les moyens, et de fixer, à leur égard, autant qu'il lui est possible, tous ses doutes et toutes ses incertitudes.

Page 1