‹ De la droite manière de vivreChapitre 28 sur 48 · Voyez ci-dessus, pages 18 et · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, pages 18 et

SCcHOLIE I. DE LA Pror. XX XVII.

Celui qui fait effort, uniquement par passion, pour que les autres aiment ce qu'il aime, et vivent à sa guise, agit en aveugle, et se rend odieux principalement à ceux que charment d’autres objets, et qui, par cela même, s'efforcent et s'appliquent, avec la même impétuosité, à faire vivre autrui d’après leur manière de voir. |

En outre, comme le souverain bien que les hommes désirent par la passion, souvent est d’une nature telle qu’un seul individu est à même d'en jouir, il s’ensuit que les amants ne sont pas toujours d'accord avec euxmêmes ; et, tandis qu'ils se complaisent à chanter les Ilouanges de l’objec de leur amour, ils cremblent au fond qu'ils ne soit ajouté une foi trop entière à leurs paroles.

Mais celui qui s'efforce de conduire les autres par la raison, n’agit poirt avec emportement, mais avec douceur et bicnveil-

lance, ec il est coujours d’accord avec luimême.

Ensuite, tout ce que nous désirons et tout ce que nous faisons, dont nous sommes cause, en tant que nous avons l’idée de Dieu, c'est-à-dire en tant que nous connaissons Dieu, je le rapporte à la religion. |

Le désir -de bien faire qui naît de ce que nous vivons d’après la conduite de la raison, je le nomme piété.

* Et le désir qui tient tout homme, vivant

d’après la conduite de la raison, de s'unir aux autres hommes par l’amitié, je l’appelle honnéteté; et je nomme honnére ce que louent les hommes qui vivent d’après la conduite de la raison; et honteux, au contraire, ce qui s’oppose à la formation de l'amitié.

Quant à la différence entre la vraie vertu et l'impuissance, elle se perçoit aisément par ce qui a été dit ci-dessus, à savoir :

Que LA VRAIE VERTU ce n’est rien autre chose que de vivre d'apres la conduite seule de la raison; | |

DE LA DROITE MANIÈRE DE VIVRE. ag

Et que l’impuissance consiste uniquement en ceci, que l’homme se laisse conduire par les choses qui sont en dehors de lui, et qu’il est déterminé par elles à accomplir des actes en rapport avec la constitution commune des choses extérieures, mais nullement en harmonie avec sa nature propre, considérée en soi seule.

Tels sont les points que j'ai promis de démontrer au Scholie de la Proposition XVIII de cette partie.

D'où il apparaît que cette loi de ne point immoler les bêtes, est fondée sur une vaine superstition et sur une pitié de femme, bien plus que sur la saine raison.

La raison, il est vrai, nous enseigne que la nécessité de rechercher ce qui nous est utile, nous unit aux hommes ; mais elle ne nous enseigne pas que cette nécessité nous unit aux bêtes, ou aux choses dont la nature est différente de la nature humaine. Le droit qu'elles ont contre nous, nous l’avons contre elles. Bien plus, comme le droit de chaque chose se définit par sa vertu ou par sa &SS-

sance, les hommes ont sur les bêtes un droit bien autrement grand que celles-ci sur les hommes. Erje ne nie pas, toutefois, que les bêtes n'aient du sentiment. Mais je nie qu’il ne nous soit pas permis, par ce motif, de consulter notre utilité, d’user de ces bêtes comme il nous plait, et de les traiter comme il nous convient le mieux, puisque, par nature, elles ne s’accordent point avec nous, et que leurs passions, par nature, sont différentes des passions humaines. (Voyez le

Scholie de la Proposition LVII, partie III de l’Ethique.)

ScHoLIE DE LA Propr. LVII.

Il suit de là que les passions des animaux que l’on dit privés de raison (car nous ne pouvons douter en nulle façon, maintenant que nous connaissons l'origine de l’âme, que les bêtes n’aient du sentiment} diffèrent des passions des hommes, autant que leur nature diffère de la nature humaine.

Le cheval, tout comme l’homme, il est

vrai, est emporté par le désir de la génération, Mais, chez celui-là, c’est un désir animal, tandis que, chez celui-ci, c'est un penchant humain. De même, les désirs ec les appétits des insectes, des poissons, des oiseaux, doivent être aussi divers que leur nature,

Ainsi donc, quoique chaque individu vive content de sa nature, telle qu’il l’a reçue en partage, ec y trouve son bonheur; toutefois cette existence dont chaque êcre est satisfait, et ce bonheur qui l'accompagne, ne sont rien autre chose que l’idée ou l'âme de cet individu; et, par suite, la joie de l’un diffère, par nature, de la joie de l’autre, autant que l'essence de l’un diffère de l'essence de l'autre. C’est pourquoi la joie dont l’ivrogne est transporté ressemble si peu à celle qui est ressentie par le philosophe.

Scholie IT de la Proposition XXXVII.

(Voyez ci-dessus page 18.)

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