OBSERVATIONS
De nombreuses expériences ont été faites pour établir le premier point du problème de la prophylaxie du charbon, c'est-à-dire l’innocuité et l'efficacité des vaccinations charbonneuses. Les expériences de M. Pasteur et de M. Toussaint furent répétées dans presque tous les pays; elles entrèrent bientôt dans la pratique journalière.
Au mois de septembre 1881, le chiffre des animaux vaccinés s’éleva déjà à plus de vingt mille pour la France seulement. Pas un d’eux ne succomba du sang de rate, tandis qu’autour d’eux les bêtes non vaccinées continuaient à tomber malades. La deuxième partie du problème : la durée de l’immunité, n’a été jusqu’à présent que le sujet de trois expériences. Du moins nous n’en connaissons pas d’autres. L'étude de cette question exige une observation prolongée, et la découverte des vaccins est encore trop récente pour qu’on ait eu le temps de faire de nombreux contrôles.
Cette pénurie d’expériences s'explique d’ailleurs facilement. La vaccination connue, le problème fut considéré comme résolu. On laissa la question de la durée de l’immunité se juger elle-même; l'observation devant montrer au bout de combien de temps un sujet vacciné était de nouveau apte à contracter le charbon.
Outre les expériences du laboratoire de M. Feltz, nous ne connaissons que celles moins concluantes de M. Pasteur, faites à Pouilly-le-Fort en 1882, et le compte-rendu sommaire de
La GES
travaux sur le même sujet par un professeur russe, M. Zenkowsky. A ces expériences nous pouvons encore joindre une observation de quelques cas de transmission de charbon à des animaux précédemment vaccinés.