RÉSUMÉ & CONCLUSIONS
1° La pleurésie avec épanchement peut parfois s’accompagner de dysphagie sans qu'aucune cause autre que l’épanchement pleural puisse en donner l’explication ;
2° À en croire le petit nombre d'observations que nous avons pu réunir, c’est là une complication rare;
3° Une condition indispensable pour que la variété de dysphagie que nous avons étudiée se produise, c’est l’abondance de l’épanchement ;
4 Cette dysphagie reste tributaire de l’épanchement durant toute la durée de l'affection : chaque fois que le liquide diminue sensiblement, soit par la résorption naturelle, soit à la suite de la thoracentèse, la dysphagie disparait. Elle reparaît dès que l’épanchement se reproduit avec son intensité première. Les troubles de déglutition sont d'autant plus prononcés que la pression du liquide est plus intense;
5° Cliniquement, par sa marche, expérimentalement, d’après les résultats fournis par nos moulages, la dysphagie est due à l’action mécanique de l’épanchement sur l’œsophage, qui est refoulé vers le côté sain et dont les parois tendent à
s'appliquer latéralement l’une contre l’autre. On peut admettre
Rue
que la compression de l’œsophage se complique parfois d’un spasme qui rend la dysphagie plus prononcée, ou lui donne un cachet clinique particulier ;
6° Il existe un mode de traitement efficace de cette variété de dysphagie ; c’est la {horacentèse qui, en dimmuant la tension intra-pleurale, supprime l’action mécanique de l’épanchement sur l’œsophage, et fait disparaître immédiatement les troubles de déglutition. La dysphagie dans les épanchements pleurétiques abondants est une indication formelle de la thoracentèse.
Vu le 31 juillet 1886, te Président de la Thèse, V. PARISOT.
Vu et permis d'imprimer :
Nancy, le 2 août 1886,
Le Recteur, E. MOURIN.