‹ De La Dysphagie Dans Les Épanchements PleurétiquesChapitre 10 sur 13 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pronostic. — Traitement.

Le pronostic varie suivant le degré de la dysphagie. Dans les cas où cette dernière se borne à une sensation douloureuse, le malade éprouve certainement une gêne désagréable, mais l’atimentation est possible, et l’état général n’est pascompromis. Il n’en est plus de même quand la dysphagie est complète : l’abstinence alimentaire forcée à laquelle le sujet se trouve soumis ne laisse pas de le mettre dans des conditions générales d'autant plus fâcheuses qu’il est déjà sous le coup d’une affection sérieuse, la pleurésie. Un autre inconvénient, c’est que, s’il se présente au cours de l’affection pleurétique une indication thérapeutique quelconque, la voie stomacale est absolument fermée à l’introduction des médicaments.

Tel serait l’état des choses en dehors de toute intervention. Mais nous avons heureusement un moyen aussi simple que certain de supprimer instantanément la dysphagie : c’est la thoracentèse. L’excès de la tension intra-thoracique est cause

RS we de la dysphagie ; en diminuant la tension, nous supprimons par le fait même tous ses effets, tels que compression du cœur, de l’œsophage, etc.

C’est là un moyen dont l'efficacité est constante. Chaque fois qu'on a pratiqué la thoracentèse, la dysphagie a disparu (obs. Tet IT). Dans l’observation II notamment, un des buts principaux de la thoracentèse, c’est de permettre l’alimentation. Pour obtenir le résultat cherché, il n’est pas besoin de soustraire une bien grande quantité de liquide; il suffit que la tension soit réduite à des proportions convenables. Dans l'observation I, une ponction d’un litre et demi a suffi chaque fois. Il y aurait au contraire, comme on le sait, de sérieux inconvénients à faire une soustraction trop complète de liquide. On s’exposerait aux accidents d’une déplétion intra-thoracique trop brusque : congestion et œdème pulmonaire, Ssyncope, quintes de toux, accidents nerveux, etc... Ensuite le liquide füt-il entièrement soustrait, l’épanchement n’en risquerait pas moins de se reproduire en totalité (obs. ID, et cela aux dépens du malade. Il est donc infiniment préférable de se contenter d’une ponction partielle (obs. I) qui produit le résultat cherché, aussi bien qu’une ponction plus complète, sans avoir les inconvénients de cette dernière. Mieux vaut ponctionner plus souvent.

Une des indications bien connues de la rate consiste à remédier aux accidents de compression du cœur.

D’après notre étude, cette opération trouve une nouvelle et formelle indication, celle de combattre la dysphagie quand elle sera reconnue tributaire de l’épanchement pleurétique.

Nous rejetons absolument tous les autres modes de traitements, tels que cathétérisme, lavements alimentaires, etc, comme incomplets et infidèles. Le cathétérisme en particulier . peut présenter des dangers en rapport avec le déplacement de

l’œsophage. D'ailleurs Palimentation par la sonde œsophagienne a inconvénient de n’être qu’un moyen intermittent, nécessitant la répétition du cathétérisme. La thoracentèse au contraire permet l'alimentation pendant plusieurs jours, et quand la dysphagie se reproduit, une nouvelle ponction triomphe des nouveaux accidents.

En somme, le pronostic se trouve singulièrement atténué par le traitement, et, grâce à la thoracentèse, jamais dans nos observations la dysphagie n’a présenté par elle-même de gravité. La difficulté ne se trouve donc pas dansle traitement, mais dans le diagnostic: peut-être le défaut d'alimentation chez un pleurétique a-t-il été parfois mis sur le compte de l’inappétence, alors qu’un examen plus minutieux aurait permis d’invoquer la dysphagie.

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