CHAPITRE PREMIER
Historique.
L'historique de la question est très simple : aucun auteur, que nous sachions, n’a décrit la dysphagie dans la pleurésie. Cette complication n’est pas signalée dans les traités classiques (1), ni dans les nombreuses revues que nous avons parcourues, sauf à propos des observations que nous rapportons. )
Stokes, en étudiant la dysphagie dans la péricardite, dit bien : « J’ai rencontré la dysphagie dans les inflammations thoraciques... » (2), mais il ne précise pas ce qu’il entend par affections thoraciques. Nous lui empruntons une observation où, la pleurésie étant très nette, il reconnait lui-même qu'il n’y a pas de symptômes de péricardite.
Peyrot, dans ses recherches sur la tension intra-thoracique, Ch. Fernet et Eug. d’'Heilly, dans le dictionnaire de Jaccoud, font allusion à un cas de Damoiseau, où, d’après eux, la dys-
(4) Corvisart, Laënnec, Bouillaud, Andral, Chomel, Grisolle, Niemeyer, Hardy et Béhier, Trousseau, Jaccoud, Laveran et Teissier, Dieulafoy, ete., n,en font pas mention.
(2) W. Sroxes. — Trailé des maladies du cœur et de l'aorte, trad. fr. par Sénac, Paris 1864, page 97.
phagie ne pouvait guère reconnaître comme cause que la compression de l’œsophage par un épanchement pleurétique (voir page 16).
Graux, au sujet d’un cas que nous rapportons plus loin, se contente de dire que l’épanchement pleurétique (côté droit) avait produit «le refoulement du médiastin vers la gauche, déplacement qui s'était traduit par de la matité rétro-sternale, de la gêne de la déglutition, et des troubles dans le fonctionnement et les rapports du cœur » (1).
Enfin, Bourceret, dans son étude de la dysphagie dans la péricardite, fait jouer à la pleurésie un certain rôle, puisqu'il reconnait que la péricardite ne produit la dysphagie qu’autant qu’elle coïncide avec la pleurésie : « Tantôt, dit-il, c’est la péricardite qui est primitive, tantôt, c’est la pleurésie; mnais toujours nous trouvons les deux lésions réunies. » (2).
En somme, 1l n'existe aucun travail d'ensemble sur le sujet que nous étudions. Les observations, et les quelques réflexions qu’elles ont suggérées à leur auteur, constituent les seuls documents ayant trait à la dysphagie dans le cas d’épanchement pleurétique.
(1) Graux. — Union méd. 1883, tome XXXVI, page 744.
(2) BourGERET. — De la dysphagie dans la péricardite, th. de Paris, 4877, page 61.