‹ De la facilité d'opérer sous anesthésie générale par rachicocaïnisation lombo-sacrée les sujets très épuisés ou cachectiquesChapitre 15 sur 42 · TV ER · texte numérisé non relu

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Depuis deux mois, l'appétit est diminué, principalement pour les aliments gras et les viandes. Il'n’a jamais eu d’hématémèse ; mais depuis que son ventre se ballonnait, il se plaignait parfois d’une douleur au niveau de la grosseur, qu’il sentait lui-même à droite, dans la région épigastrique.

D'un teint paille, très décharné, pesant 51 kilos seulement pour un homme d’une grande taille, ce malade conservait le lit depuis dix jours, ne pouvant plus se tenir sur ses jambes ; depuis quarante-huit heures, il ne prenait plus rien, les liquides n'étant même plus conservés.

Le pouls était petit à 116, la respiration et la température normales, la langue était sèche, le ventre très ballonné principalement dans la région épigastrique, les extrémités plutôt froides, le nez effilé. Cet homme, à ce moment, avait des renyois continuels et, à chaque renvoi, souffrait de sa région pylorique. À ce niveau, au palper et malgré la distension de l'estomac qui descendait à deux travers de doigt plus bas que la ligne bi-iliaque, on sentait nettement une tumeur irrégulière de la grosseur d’une orange qui se perdait sous le foie, Trois heures après cet examen, j'ordonne 5 centimètres cubes de sérum avec strychnine, spartéine, huile camphrée, je vidais cet estomac et en retirais une grande quantité de matières alimentaires, ténues, mélangées à un liquide brunâtre d’odeur fétide et nauséeuse. Le pouls étant remonté à 90, une demi-heure après, je procède à une gastro-entérostomie postérieure, suivant le procédé de Jaboulay, avec anesthésie par rachicocaïnisation ; on voit à la laparotomie toute la région pylorique et parapylorique envahie, et je place le bouton aussi loin que possible du pylore. L'opé-

ration est simple, se fait vite, et, en onze minutes, tout

était términé. Dès le soir même, le malade prend une tasse de lait qui passe bien, au quatrième jour une cervelle; puis. il prend de tout sous forme de purée et de hachis, n'ayant plus de dents. Au treizième jour, il rend son bouton.

Depuis,bien que sa tumeur ait encore augmenté de volume et que l'on sente en outre un gâteau épiploïque à droite, cet homme a engraissé, il vaque à ses occupations et ne présente. pas encore d'œdème cachectique des membres inférieurs,son teint est toujours jaune paille, mais il ne souffre plus et il est persuadé qu'il arrivéra «à se remettre complètement ».

Un mois après l'opération, il reprenait la direction des

travaux de sa ferme.

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