MONTE
quatre heures après les repas, qui durent deux heures environ et qui l'obligent chaque fois à vomir « comme de l'eau », dit-il,
Ges crises vont se rapprochant pour devenir journalières. L'appétit disparaît en même temps, et notre malade éprouve un dégoût de plus en plus marqué pour les graisses. Ces crises gastriques atteignent leur paroxysme pendant les derniers mois qüi précèdent l'opération, elles sont alors intolérables et arrachent même des cris au malade.
Deux mois déjà avant l'opération, les solides ne passaient plus et les aliments liquides lui occasionnaient un ballonnement très pénible du creux de l'estomac avec régurgitation que les vomissements seuls faisaient disparaitre.
Quelques jours avant l'opération, les liquides ne passaient même plus ; cette sensation pénible de plénitude constante de son estomac, devenait intolérable et l'empêchait de prendre quoi que ce soit.
A ce moment, le D' Capmas me fait examiner son malade ; il est d'un teint jaune paille légèrement bronzé, très amaigri, comme décharné, pesant 58 kilos seulement pour un homme de grande taille et ne pouvant plus se porter sur ses jambes.
A l'examen du ventre, le palper même léger, au niveau de l'insertion supérieure du grand droit, côté droit, détermine une grande douleur et permet de sentir malgré la tension de la paroi une masse dûre et régulière, au-dessous du muscle, tumeur que nous avons sentie ensuite très facilement. Après le lavage de l'estomac, l'abdomen esttrès distendu, principalement dans la partie sus-ombilicale. Quand on secoue cet abdomen, on perçoit à l'oreille un clapotis très marqué.
Amené en voiture à la maison desanté,cet homme présente
à son arrivée, un pouls petit, filiforme à 116, respiration normale ; température le soir, 37°2/10 ; la langue est sèche, le creux de l'estomac très ballonné, jure avec la maigreur du thorax, du cou et des membres dont les extrémités sont refroidies, et de teintes violacées ; le malade a des renvois continuels, mais son intellect est intact; iln’a jamais eu ni hématèmèses ni mélénas.
Nous procédons aussitôt à un lavage de l'estomac qui nous permet de retirer une grande qnantité de matières alimentaires ténues, mélangées à un liquide brunâtre d’odeur fétide et nauséeuse.
Par de grands lavages alcalins et suecessifs, nous vidons et netioyons complètement cet estomac et ordonnons aussitôt, vu la faiblesse du malade, une injection de 250 grammes de sérum artificiel suivie d’une injection de 2 centimètres cubes d'huile camphrée, de 5 centigrammes de spartéine et d’un milligramme de sulfate neutre de strychnine.,
Le lendemain matin, avant l'opération, ce malade reçoit encore la même série d’injections et son pouls, plus plein,bat à 90, la langue est redevenue humide, les renvois ont disparu dépuis le lavage, les extrémités moins cyanosées, offrent une circulation meilleure et l'état général semble plus propice
à notre intervention.
Opéralion. — Anesthésie par rachicocaïne suivant notre technique, évacuation de 18 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien et injection de 2 eme. 1/2 de notre solution, soit 5 centigrammes de cocaïne ; — l’anesthésie est absolue pendant toute la durée de l'intervention: — durée pendant laquelle le malade ne ressent pas la moindre gène : une
fois remis dans son lit, notre malade présente encore une