‹ De la facilité d'opérer sous anesthésie générale par rachicocaïnisation lombo-sacrée les sujets très épuisés ou cachectiquesChapitre 25 sur 42 · LEA · texte numérisé non relu

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anesthésie générale, la tête en totalité est insensible, pas le moindre trouble respiratoire.

Après une incision de 12 centimètres suivant la ligne blanche à partir de l’appendice xyphoïde, j'ouvre le péritoine, et après écartement des lèvres de la plaie, je soulève le lobe gauche du foie assez volumineux et nous constatons, : les D Capmas, Risacher, Saison et moi, une grosseur d'un poing de femme, d'une couleur blanc-grisâtre qui correspond à la région pylorique de l'estomac; cette tumeur,peu mobile, semble adhérer assez fortement en arrière et se prolonge sur les deux tiers de la face antérieure de l'estomac qui nous apparaît comme cuirassée par cette infiltration qui comprend même la petite courbure où l'on remarque de nombreux ganglions. La partie haute de la grande courbure, la grosse tubérosité ainsi que le cardia, nous paraissent indemnes. L'épiploon gastro-colique et le côlon transverse sont ratatinés contre la partie attenante de la grande courbure et paraissent infiltrés au même degré que la face antérieure de l'estomac.

Le côlon transversale présente, comme tout le reste de l'intestin, un volume très réduit ; l’infiltration de sa séreuse, au-niveau de l’épiploon gastro-colique, lui donne l'aspect d'un gros bâton de racine de guimauve ; quand on renverse le grand épiploon et le côlon transverse celui-ci nous paraît sain sur toute la partie non recouverte par l’épiploon gastrocolique. Nous remarquons en outre une légère ascite abdominale.

Après cette exploration, nous perforons le méso-côlon transverse qui paraît sain, et je saisis le plus loin possible

‘de la tumeur, une partie de la face postérieure de l'estomac

qui paraïil souple en totalité ; cette partie d'estomac que je

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saisis entre mes doigts pour la ramener au dehors semble correspondre au point le plus déclive ; à cause de la rigidité de la face antérieure de l’estomac et des adhérences de la région pylorique, c'est avec beaucoup de difficultés que j'arrive à extérioriser cette partie de l'estomac pour la confier-à un aide.

Je saisis ensuite sur le côté gauche de la deuxième lombaire à côté de l'artère mésentérique supérieure, l'extrémité supérieure du jéjunum, j'en laisse glisser une vingtaine de centimètres et je ramène une partie de cet intestin pour l'anastomoser à ciel ouvert (en dehors de la cavité abdominale) avec l'estomac. L'anastomose faite aisément avec le bouton de Jaboulay, je refoule ma bouche gastro-jéjunale dans l'arrière cavité des épiploons, je m'assure qu'ilny a aucun tiraillement sur le jéjunum et je ferme la paroi sans drainage,

La durée de l'intervention comprenant l'ouverture de la paroi, l'exploration et la gastro-entérostomie a été exactement de douze minutes et de vingt minutes en tout, en comprenant la réfection de la paroiïi-abdominale.

L'anastomose proprement dite a duré sept minutes ; Jaboulay dit la faire en cinq minutes.

L'opération terminée, notre malade va très bien, le pouls est aussi bon qu'au début. Le soir, la température rectale est de 35 degrés 3/10,Le pouls meilleur encore à 85 et j'ordonne

simplement des lavages de la bouche.

Le lendemain matin, la température rectale est de 36°9, celle du soir 3702, et le pouls bat à 70 ; j’ordonne un peu de bouillon de légumes le matin et autant le soir ; le surlende-

main, l’améboration continue, j'ajoute du lait, et au troi-

sième jour des jaunes d'œufs. Le malade, dans la suite, væ aussi bien que possible ; les fils sont enlevés au huitième jour et M. V... se lève au dix-huitième jour pour sortir au vingtième, mais cette fois en marchant; c'est une véritable résurrection, il prend lait, bouillon, jaunes d'œufs, pâtes alimentaires, purées, jus de viande, etc., tous les aliments passent bien, les douleurs ont complètement disparu.

Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis un an moins quelques jours, notre opéré est heureux de vivre, il digère comme jamais il n'avait digéré depuis trente-cinq ans, son étatgénéral est aujourd'hui satisfaisant.L'appétit très bon est revenu presqueaussitôt après l’opération,iln'a plus de dégoût pour les viandes qu'il digère même facilement, les forces lui sont revenues comme autrefois, et depuis plus de six mois, il fait chaque jour à pied dans Paris 5 à 6 kilomètres. Son poids, il y a six mois, était passé de 58 à 65 kilos, et actuellement M. V.. pèse 68 kilos, c'est-à-dire a augmenté de 10 kilos depuis l'opération; en un mot il a retrouvé son poids normal.

Pour ce qui est de la tumeur, un mois après l'opération, {, juin 1911, elle avait déjà sensiblement diminué ; six mois après, elle était considérablement réduite et on ne la sentait que difficilement au palper ; à ce moment la pression sur le grand droit région pylorique ne détermine plus aucune douleur. Actuellement, un an après, il est impossible par le palper de dire si elle existe.

M. V.. est aujourd'hui heureux de vivre, et se porte si bien qu'il m'exprinait, il y a deux ans, comme aujourd'hui,

le désir de reprendre une occupation.

OBSERYATION XI

{Société médicale des praticiens 1905. Communication du D' Le Filliâtre.) >

Étranglement herniaire

. La malade D...,soixante et onze ans,117 kilos. Très artérioscléreuse. Étranglement herniaire datant de soixante-dixsept jours. Stercorémie depuis six heures.

Congestion pulmonaire intense, pouls petit, fréquent, à 117, nombreuses intermittences, langue sèche et rôtie, ventre très ballonné, péritonite herniaire, Opération à 2 heures du matin avec cure radicale. Injection de 2 centimètres cubes de notre solution après ponction.

Le volume de la ponction n'a pas été mesuré,

Les vomissements stercoraux continuent jusqu'à Ja onzième minute, instant où l’on lèvre la cause de l’étranglement. À ce même moment, sortie d’une grande quantité de gaz par l'anus.

Après l'opération: ni céphalée, ni vomissements, ni rachialgie.

La température tombe régulièrement chaque jour, pour atteindre la normale le huitième jour.

A la fin de l'opération,les réflexes plantaires et patellaires étaient exagérés.

Guérison complète quatre semaines après.

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