DE MONTS
Le Commandeurde Chattes étant mort durant l’expédition de Pont-Gravé, le Sieur de Monts obtint une Commission de Lieutenant-Général du Roi, en Novembre 1603, pour continuer cette entreprise et sollicita lesservicesde Samuel deChamplain qui fut l’âme de cette nouvelle expédition et de toutes celles qui se firent ensuite. Le Sieur de Monts éprouva bien des vicissitudes et des contretemps à cause de P'avidité des négociants. Sa première Cornmission fat révoquée,, mais il en obtint une autre et persévéra courageusement dans ses projets. Ce fut en qualité de son Lieutenant que M. de Champlain vint fonder Québec en 1608. Son privilège expira fe:1 Janvier 1609, et pour continuer son entreprise, il dut le faire avec la compétition des Marchands qui gâtèrent le commerce des pelleteries par la trop grande avidité du gain. Ces embarras ne découragèrent pas Champlain qui trouva le moyen de les surmonter: ‘ Il me sembla à propos, dit-il, ‘ de me jeter entre les bras de quelque grand, duquel l’au-
‘ torité peust repousser lenvie.”
Il s’adressa en conséquence à M. le Comte de Soissons, prince pieux, qui obtint Commission de Sa Majesté pout favoriser l'établissement de la Nouvelle-France.
pre LE COMTE DE SOISSON»
Unharies de Bourbon, Comte de Soissons, Pair et Grand Maître de France, donna une Commission de Lieutenant à M. de Champlain en date du 15 Octobre 1612. Dans cette C. Commission, il prend lui-même le tître de Lieutenant Gt- LLE, néral pour le Roi au pays de la Nouvelle-France. Moreau aen, de Saint Mery, dans son ouvrage sur les “ Lois et Constinan- tutions des Colonies Françaises” de l’Amérique sous le it le Vent, le met au nombre de ceux qui ont eu Commission de ada Vice-Roi ; et comme il donne la date précise de cette Commission, 8 octobre 1612, il doit avoir puisé à bonne source. De nos historiens lui donnent aussi ce titre et le représentent comme le premier de nos Vice-Rois; mais Charlevoix, tion comme on l’a vu déjà, cite une commission donnant ce n de titre à M. de Roberval dès l’an 1540. Selon lui, par conséonti- k quent, Soissons serait le 24 Vice-Roi. ham- Quoiqu'il en soit, le Comte de Soissons ne fut pas longbutes 1 temps Vice-Roi, la mort l'ayant frappé dès le 1er Nov. 1612, bien | âgé de 46 ans seulement.
ae LE PRINCE DE CONDE. | mais s ses . Henri de Bourbon Il, prince de Condé, premier prince du kde sang, pair et grand maître de France, à la sollicitation de Kpira M. de Champlain, voulut bien donner sa protection à l’enut le treprise de la Nouvelle-France après la mort du Comte de Une Soissons. Il fut nommé Vice-Roi le 20 Nov. 1612 et, comme gain. son prédécesseur, il choisit M. de Champlain pour son Gûve Lieutenant, lui conférant par À, dit Poirson, le gouverneit-il, ment militaire et poliique, et de plus, l’intendance ou l’adl’au- ministration civile de ces pays, et lui donnant charge de former une association entre les personnes qu'ils jugerait le plus capables de servir à la fois la colonisation ct le commerce. SSONS,. Champlain établit en peu de temps une nouvelle compagnie pout pour régulariser le commerce et les travaux d’établissement.
La faculté d'y entrer, au moment de sa formation, sous la
seule condition de contribuer au capital social, fut offerte non seulement à tous les marchands du royaume, mais encore à tous les bourgeois et à tous les nobles, puisque Champlain et deMonts, qui faisaient partie du corps de la noblesse, en devinrent membres et que de Monts donna procuration à Champlain ‘ de le faire entrer dans ces sociétés de telle somme qu’il adviseroit estre bon pour luy,” La compagnie, une fois constituée, devait avoir le privilége exclusif du commerce de l’Amérique en ce qui concernait les castors et autres pelleteries.
Après la mort de Henri IV, assassiné en 1610 par Ravaillac, il s’était formé des factions à la cour de France, à cause de la faiblesse du nouveau gouvernement. La Reine Marie de Médicis avait été nommée Régente et Concini, nommé Maréchal d’Ancre, exerçait sur elle un grand empire. L’alliance de Louis XIII avec une infante d’Espagne augmenta le mécontentement. Le Prince de Condé avait rendu publics ses griefs contre l’état de choses d’alors, dans un manifeste violent qui attaquait surtout le Maréchal d’Ancre. Il fut arrêté le ler Septembre 1616, au milieu du Louvre par Thémines qui fut alors nommé Maréchal de France.
Cependent, Charlevoix semble penser que Thémines et Condé agissaient de concert. Il se trompe vraisemblablement, au moins il est en désaccord avec les autres historiens, lorsqu’il dit : ‘“ Le prince croyait faire beaucoup en. « prêtant son nom; d’ailleurs, les troubles de la Régence, # qui lui coutèrent alors la liberté, et les intrigues qu’on fit ‘ jouer pour lui ôter le tître de Vice-Roy et pour faire révo- ‘ quer la Commission du Maréchal de Thémines, à qui î] ‘ avait confié le Canada pendant sa prison.”