Charles de Lauson de Charny
Nous avons vu qu'il était arrivé en Canada le 23 Juin 1652. Dès le 12 Août suivant, il épousa Marie-Louise Giffard, fille de Robert Giffard, seigneur de Beauport, et de Marie Renouard, sa femme. Louise Giffard était né
e en 1639. Du moins elle fut baptisée Je 30e jour de Mars de cette année,
sa femme,
De ce Mariage est née, le 14 0 baptisée le 16. Sa m Elle mourut le 30 Oct.
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» Pendant quelque temps, l’admi- Le Journal des ‘il partit pour France, à bord du vaisseau du Capitaine Poulet, le 18 Sept. 1657, et qu’il en premier Vaisseau, qui arriva le 16 rêtre en France, et aCCompagnait ada, où il exer a Le Journal
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mème année 1668; car le 21 Octobre 1668, il célèbre, à Québec, le mariage de Jean de Chambre et de Catherine Paul, Le 16 Février 1671, il fait le baptême de Fabien Badean. (Régistres de Québec.) Enfin il repasse en France en cette même année 1671, ou peut-être en 1672, pour ne plus revenir, selon l'Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, qui nous apprend que M. de Lauson Charny passa alors en France avec sa fille et la cousine germaine de celle-ci, Charlotte Magdelaine de la Ferté, et qu’il les conduisit toutes deux aux Hospitalières de la Rochelle où elles ont été Religieuses.
On a vu que dans la concession du 15 Déc. 1652, que lui fit son frère, on donne à M. de Lauson Charny la qualité de ‘ Grand-Maitre des Eaux et Forêts en la Nouvelle-France.” Devenu Prètre, il parait qu’il conserva cette qualité, ou plutôt ce même titre. En effet, le 7 Sept. 1661, nous voyons que ‘ Charles de Lauson, chevalier, seigneur de Charny, Grand-Maïire des Eux et Foréls en ni Nouvelle.
France, à tous ceux qui ces présentes Lettres verront, salut,” concède à Jean Juci-reau, Sieur de la Ferté, et à Nicclas Juchereau, Sicur de St. Denis, ‘la consistance des lieux qui ensuivent, en notre seigneurie de Charny (Isle d'Orléans), c’est À savoir, huit arpents de terre de front sur le fleuve de St. Laurent, du côté du Nuid, pour le Sieur Jean Juchereau et autres huit arpents pour ie dit Sieur Nicolas Juchereau, faisant le tout l1 quantité de seize arpents de terre de haut sur le dit fleuve St, Laurent, ete, cte.” Cette concession aux deux MM. Juchercau, se termine ainsi: { Car a été
ainsi accordé, en foi de quoi nous avons signé la présente concession, et à icelle fait apposer le cachet de nos armes, et contresigner par notre secrétaire à Québec, le 7 Sept. 1661 ; signé :—de Lauson Charny, plus bas, par Monsieur, P. Vachon, Secrétaire.”
14. L’Isle d'Orléans avait été concédée le 15 Janvier 1636, par la compagnie de la Nouvelle-France, à “ M. Jac-
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ques Castillon, bourgeois de Paris.” (‘ Titres des Seigneuries,”” p. 350). Un acte du dernier Février 1636, portait que la concession avait été faite tant pour le dit Sicur Castillon que pour Messieurs de Lauson et Fouquet, conseillers d'Etat, et six autres, chacun pour un huitième, du nombre desquels était le Sieur Cheffault ; et l’on ajoute : ‘ au moyen de ce que le dit Cheffault avait reconnu, par le dit acte susdaté, que les terres mentionnées par autre concession à lui faite (celle de la côte Beaupré, à lui concédée, le 15 Janvier 1636,” à ‘ Paris, en l’Hôtel de Monsieur de Lauson, conseiller du Roi en ses Conseils, Intendant de la dite compagnie,” (Titres des Seigneuries, p. 342), étaient tant pour lui que pour les dits Sieurs Fouquet, de Lauson, etc. etc., chacun pour un huitième.” Tout cela appert par l’acte de mise en possession, donné par le Gouverneur, M. de Montmagny, ‘ fait au Fort St. Louis, au dit Québec, le ler jour de Juillet 1638.” Cet acte se trouve au greffe de Québec.
Il résulte de tout ce qui vient d’être relaté, que M. le Gouverneur de Lauson, qui voulait établir ses enfants dans la Nouvelle-France, n’avait pas négligé les moyens de par: venir à ce but. En effet, dans plusieurs titres de concession de seigneuries, il est porté que les appellations des Juges des seigneurs, ressortiront ‘ purdevant le Grand Sénéchal de la Nouvelle-France, ou sou lieutenant en la Jurisdiction de Québec.” (Titres des seigneuries, p. 352, du 15 Nov. 1653 ; p. 383, du 8 Février 1652 ; p. 341, du ler Avril 1656 ; p. 390 , du 15 Déc. 1653. Et le fils était le Grand Sénéchal.
Dans quelques autres titres de concession, le Mandement ” de mettre les concessionnaires en possession, est adressé au “ Grand. Sénéchal de la Nouvelle-France, ou ses Lieutenants.” (Titres des seigneuries, p. 50, du 13 Mars 1651, fait à Paris ; p. 115, du 30 Déc. 1653 ; p. 341, du le Avril 1656 ; p. 75, du ler Juillet 1656 ; p. 68, du 5 Août
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Dans d'autres titres il est dit que la Foi et Hommage sera portée ‘ en la Sénéchanssée de Québec.” (Titres des seigneuries, p. 352, du 15 Nov. 1653 ; p. 383, du 8 Février 1652 ; p. 341, du ler Avril 1666.)
Toutes ces concessions me paraissent avoir Cté faites durant le gouvernement de M. de Lauson, à l'exception de celle du 13 Mars 1651, faile à Paris, par la Compagnie de la Nouvelle-France, avant l’arrivée de M. Lauson en Canada, mais après sa nomination comme gouverneur, puisque sa commission de gouverneur est en date du 17 Janvier 1651. (Ed. & Ord. t. 3, p. 16.)
15. C’est principalement dans les concessions faites par M. le Gouverneur de Lauson, que l’on voit la Coutume du Veæin-le-Français introduite.
Coutume de Paris, art. III.
Quand aucun fief échet par succession de père et mère, ayeul ou ayeule, il n'est dû au seigneur féodal du dit fief, par les descendants en ligne directe, que la bouche et les mains, avec le serment. de fidélité ; quand les dits père et mère, ayeul ou ayeule, ont fuit et payé les droits et devoirs en leurs tems;en ce non compris les fiefs qui relèvent et se gouvernent selon Ja coutume du Vexin-le-Français; esquels fiefs quise gouvernent selon la coutume du dit Vexin, est dù relief à toutes mutations ; et aussi ne sont dûs quints.
16. M. l’Abbé Ferland, qui nous promet une histoire remarquable du Canada, et surtout honnêtement écrite, a eu l’obligeance de me communiquer l’extrait suivant d’un mémoire qui est entre ses mains : ‘ Monsieur de Lauson, (le gouverneur,) ayant été prévenu qu’il ne pouvait plus être soutenu, il anticipa son rappel en repassant en France, où depuis, il a servi en qualité de Sous-Doyen du Conseil, logé au Cloistre de Notre-Dame (à Paris,) chez son fils, chanoine de la dite Eglise.”
Voici donc un autre fils de M. de Lauson. Ne serait-il pas, par hasard, cet Abbé de Lauson, dont il est fait mention
dans une concession donnée par le gouverneur de Lauson au sieur Jean Bourdon le 15 Décembre 1653? Cette concession comprend ‘ toute l’étendue de terre qui se rencontre sur le Fleuve St. Laurent du coté du nord depuis les bornes de la concession du sieur Abbé de Lauson jusques à celle du défunt sieur Des Chatelets.” (Titres des Seigneuries, p. 390.) La “ Liste des Prêtres du Canada,” publiée à Québec en 1834, ne fait pas mention de cet Abbé de Lauson,
17. Il faut convenir que M. de Lauson avait su faire à sa famille une part assez belle des terres du Carada : ‘ Les membres de la Société de Notre-Dame de Montréal,” dit M. PAbbé Faillon, Vie de Mademoiselle Mance, Introduction, pp. XXXIIIet XXXIV,” songèrent à acquérir la propriété de l’Ile de Montréal. Elle avait alors pour maître, M. Jean de Lauson, Intendant du Dauphiné, qui ne l’avait reçue que sous la condition expresse d’y établir une colonie. M. de Lauson ayant négligé jusque alors d’y faire passer des colons, et d’y entreprendre aucun défrichement, la prudence ne permettait pas aux Associés d’envoyer à grands fraïs, dans la même Ile, une recrue d'ouvriers avant d’en avoir assuré la possession à leur Compagnie. Il eut été à craindre en effet que les dépenses qu’ils se proposaient de faire pour cet objet, ne tournassent à l’avantage personnel du propriétaire, et ne missent par là un obstacle insurmontable à leur dessein. C’est pourquoi, conformément à la résolution qu’ils avaient prise de se cacher aux yeux du monde, et de faire leur œuvre en secret, ils obligèrent M. de la Dauversière et M. de Fancamp à aller trouver M. de Lauson en Dauphiné puar lui demander la concession de cette Ile.
‘ M. de Lauson, dont les vues n'étaient pas aussi pures ni aussi désinterressées que celles de la Compagnie, et qui même n’avait demandé la propriété de l’Ile de Montréal que dans lespérance d’en retirer un jour de grands avantages pour sa famille, ne put écouter paisiblement une proposition qu'il jugeait si contraire à ses intérêts ; ct à toutes les ins-
tances de M. de la Dauversière il ne répondit qué par des rebuts. Le mauvais succès de cette première négociation au lieu de ralentir le zèle des Associés, sembla n’avoir servi qu’à le rendre plus ardent. Ils arrétèrent entre eux que M. de la Dauversière ferait un second voyage en Dauphiné; que M. de Fancamp qui ne pouvait se joindre à lui cette fois, lui donnerait une procuration pour accepter la donation de l’Ile au nom des deux, ce qu’il fit le 12 Juillet de l’an 1640, et qu’enfin le P. Charles Lallemant, Jésuite, accompagnerait M. de la Dauversière, pour presser lui-même M. de Lauson. Ce voyage eut tout le succès qu’on s’en était promis : car M. de Lauson, par acte du 7 Août, passé à Vienne en Dauphiné, céda purement et simplement à M. de Fancamp et à M. dela Dauversière PIle de Montréal aux mêmes conditions qu’il avait reçue.”
18. Si mes données sont exactes, et j’ai toute raison de croire qu’elles le sont, (du moins j’en indique les sources,) il s’ensuit que le No. 1 sans nom de baptême, dans le ‘ Dictionnaire des Hommes Illustres” de M. le Professeur Bibaud, et de son “ Panthéon Canadien,” et le No. 2 du Dictionnaire, à l’article des Lauson, ne comprennent qu’un seul et même individu, et non pas deux, c’est-à-dire, comme l’exprime le susdit No. 2, “ Jean de Lauson, Gouverneur et Lieutenant-Général de la Nouvelle-France pour le Roi et la Compagnie ;”” que le No. 5 et le No. 6 du Dictionnaire sont erronés, en ce qu’ils nous présentent deux individus, tandis qu’il n’y a eu qu’un M. de Lauson de Charny, qui est le No. 4 du Panthéon Canadien. Mais ce No. 4 est aussi erroné, en ce qu’il fait revenir M. de Charny de France en 1657, tandis qu’au contraire c’est cette même année là qu’il passa en France, où il fut ordonné Prêtre, et d’où il ne revint qu’en 1659. Il s’ensuit encore que le No. 3 du Dictionnaire et le No. 2 du Panthéon, “ François Louis de Lauson,” ne sont
pas exacts, en ce qu’ils nous présentent un seul et même in-
dividu, tandis qu'ils devraient nous en présenter deux, Fran-
gois et Louis; François, qui est celui du No. 5 du Panthéon, Conseiller au Parlement de Bordeaux, qui n’est pas venu au Canada, et auquel fut originairement concédée la seigneurie de la Citière, mais qui ne fut jamais Seigneur de Gaudarville, quoiqu’en disent le susdit No. 3 et le susdit No. 5; et Louis, qui n’est appelé que Louis dans tous les actes que j’ai vus, qui fut seigneur de Gaudarville, et qui fut aussi appelé de la Citière, lorsqu'il vint en Canada. Où M. Bibaud at-il puisé pour faire l’article 2 du Panthéon ? François Louis de Lauson, Gouverneur et Lieutenant-Général de la Nouvelle-France pour le Roi et la Compagnie. Il se fixa en Canada, et eut la garde noble des enfants du suivant (le Sénéchal) après sa mort” Ce Gouverneur est encore à venir. Ce fut M. Jean de Lauson, ci-devant Gouverneur, qui eut, après la mort de son fils, le Sénéchal, la garde noble des enfants de ce dernier.
Le No. 3 du Panthéon, ‘“ Messire Jean de Lauson,” le Grand Sénéchal, est aussi erroné, en ce qu’il le dit fils de François Louis de Lauson, Gouverneur, et encore en ce qu’il le décrit Chevalier de Charny. Le Chevalier de Charny était M. Charles de Lauson qui, après la mort de sa femme, Louise Giffard, embrassa l'Etat Ecclésiastique. C’est le No. 6 du Dictionnaire. Le No. 4 de ce même Dictionnaire est exact : “ Messire Jean de Lauson, Chevalier, fils du Gouverneur, Grand Sénéchal de la Nouvelle-France, tué dans un combat contre les Iroquois.”
19. M. Bibaud dit que le Prêtre, M. Charles Lauson Charny est mort le 22 Avril 1673. Si c’est le cas, alors le “ Monsieur de Lauzon” dont il est fait mention dans la concession ci-devant citée du 20 Janvier 1676 par M. de la Martinière aux RR. PP. Jésuites, comme logeant alors “ au Collége de la Rochelle,” pourrait fort bien avoir été un des fils du Grand Sénéchal. L’on a vu que M. l’Abbé Ferland dit qu’un fils du Sénéchal passa en France.