‹ De la famille des Lauson [microforme]Chapitre 7 sur 24 · Depuis que ce qui précède a été écrit, j’ai eu occa · texte numérisé non relu

Depuis que ce qui précède a été écrit, j’ai eu occa

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Sion de voir deux actes qui concernent cette famille des Law son. Le premier, qui porte la date du 21 Octobre 1651, fait partie des minutes de M. Audouart, Notaire à Québec. Ce sont les articles de mariage entre Messire Jean de Lauson, Chevalier, Seigneur de la Coste, terre et Seigneurie de Lauson, Grand Seneschal de la Nouvelle-France, Lieutenant au Gouvernement de la Nouvelle-France, estendue du Fleuve St. Laurent, fils de Messire Jean de Lauson, Chevalier, Conseiller du Roy en son Conseil d’Estat, Gouverneur et Lieutenant-Général pour le Roi en la Nouvelle-France, et de défunte Dame Marie Godart, ses père et mère, d’une part, et de Demoiselle Anne Desprès, fille de feu noble homme Njicolas Desprès, et de Damoiselle Magdeleine Leblanc, ses père et mère :”?

“ Jouira la dite future épouse de la somme de quatre cents livres de pension viagère pour son douaire préfix, suivant la Coutume de Paris, à les avoir et prendre sur les biens du dit futur époux.”

À cet acte ont signé:

JEAN pg Lauson. Pauz RacuEnzau, ANNE Desprès. Supérieur.

De Lausox. BARTHÉLEMY VIMonr, TuiennèTE DeEsprès. Curé.

GENEvVIÈvE Després. Louis DE Lauson.

Durzessy QuErBopo. GuicrauMe DeEspPrès.

Le second acte est une transaction entre les ‘ héritiers et créanciers de défunt Monsieur de la Citière, et Jean Baptiste Peuvret, Sieur de Mesnu et Catherine Nau, sa femme,” du 6 Février 1662. (Audouart, Notaire.) Parmi les personnes, parties à cet acte, est M. ‘“ Charles de Lauson, Prêtre, Chevalier, Seigneur de Charny, Official de Monseigneur PEvêque de Pétrée, Vicaire Apostolique en ce dit pays de la Nouvelle-France, au nom et comme fondé de procuration de Mtre. Jean de Lauzon, Conseiller du Roi en ses Conseils d’Etat et Privé,” passée à Paris le 24 Mars 1660..,, je

dit Seigneur de Lauson, père et héritier bénéficiaire du dat défunt Sieur de la Citière....??

Cet acte constate, qu’en paiement du ‘ restant du préciput et de la pension viagère” stipulés au profit de la dite Catherine Nau, alors femme du dit Sieur de Mesnu, le Sieur de Lauson Charny en sa dite qualité et les créanciers de la succession de M. de la Citière, leur cédèrent : 10. le fief de Champigny, situé dans l’Isle d'Orléans, 20. tout le bétail, meubles, ustensiles et vivres fournis à Jean Foucher, fermier du dit lieu, 30. dix arpents de terre situés sur le Cap aux Diamants, 40. enfin, la terre et Scigneurie de Gauldarville, “ moyennant quoi le dit Sieur et Damoiselle de Mesnu se sont contentés, et ont icelles dites choses prises pour l’entier paiement du dit restant de préciput et extinction de la dite pension viagère.”

21. Voici, sur le compte des trois filles de M. le Grand Sénéchal, des renseignements que je dois à lobligeance de M. l’Abbé Ferland, et qu’il a eu la bonté d’obtenir pour moi des Dames Ursulines de Québec.

‘ Anno 1668 : Entrée de Dile. Marie Magdeleine de Lauson.” Elle n'avait fait que passer par le grand monde pour s’ensevelirdansla solitude ; elle prit le nom de Sœur St. Charles. Elle fut élevée par la fondatrice, toute jeune comme pensionnaire, et ensuite comme novice. En la présentant à la communauté, sa famille obtint qu’elle eût une sœur pour son service ; mais peu après l’on s’aperçut que Mlle. de Lauson ne se contentait pas de se servir elle-même, mais qu’elle allait en cachette faire louvrage de la sœur. Pour l'instruction des élèves sauvages, elle était infatigable, et elle s’y est livrée avec le plus grand succès tous les jours de sa longue vie. Elle mourut en 1731, à 77 ans (1), ayant 59 ans de profession religieuse.

(1) Cet âge répond à celui de Marie de Lauson, qui fut baptisee sous ce nom le 8 Juin 1654. Ayant, à sa mort, 59 ans de profession, elle a dù être reçue en 1672, à l’âge de 18 ans, (elle fut reçne le L4 Septembre 1672. Voir la suite.)

“ L'entrée de Dile. Angélique de Lauson, Sœur de la R. Mère St. Charles eut lieu en 1675. Cette bonne mère fut un prodige de vertu. Elle vivait si détachée du monde quelle avait peine à entretenir la moindre correspondance avec Mesdames de Lauson, ses tantes ; et quand M. de Champigny, Intendant où autres parents venaient lui faire visite, elle était toujours ingénieuse pour trouver le moyen de s'éloigner, Comme Madame de la Peltrie, elle lavait les filles sauvages, les peignait de ses propres mains, les instruisait avec une patience d’Ange, et les servait nuit et jour durant leurs maladies. Elle mourut en 1732, à 72 ans (1), 55 ans de profession. Après chaque élection, elle allait trouver la Mère Supérieure lui demander la grâce de lui donner lPoflice le plus bas qu’il y eut dans la maison.

‘ Dile. Marie Magdeleine de Lauson fut obligée, pour l’arrangement de ses affaires temporelles, de retarder sa profession religieuse. Cette cérémonie n’eut lieu qu’au 14 Septembre 1672. L’ainée (2) de ses sœurs, Marie Anne de Lauson, qui était alors pensionnaire, attendait l’âge requis pour lentrée du noviciat. Dieu la retira si subitement de ce monde, qu'on n’eut pas le temps de lui administrer les sacrements. Le 13 Novembre 1672, elle mourut à l’infirmerie des Religieuses.”

(1) Cet âge répond à peu près à celui d’Angélique de Lauson, qui fut baptisée sous ce nom le 23 Janvier 1661. Ayant, à su mort, 55 ans de profession, elle a dû être reçue en l'année 1677, à l’âge de 16 ans.

(2) 11 y a ici une erreur évidente. Cette Marie Anne de Lauson ne pouvait être autre que la dite Anne Catherine de Lauson, qui fut baptisée sous ce nom le 22 Avril 1659, Si, en 1672, elle attendait l'âge requis pour l'entrée du noviciat, elle ne pouvait ètre l’ainée ; elle était bien l’ainée d’Angélique, mais non de la Sœur St, Charles, qui fut reçue le 14 Septembre de cette même année 1672, et qui avait alors IS ans. Celle-ci était l'ainée de ses Sœurs,

Les trois filles du Grand Sénéchal n’ont donc point quitié leur pays natal. Il avait eu trois fils, Louis de Lauson, né le dernier jour d’Août 1652, mort deux semaines après ; puis Jean et Charles de Lauson. C’est, en toute probabilité, à ces deux derniers que peut s'appliquer ce passage de ‘* l’Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec,” p. 208 :

‘ Nous élevions depuis l’âge de 6 ans Mademoiselle de Lauson de Charny ; elle suivait les traces de sa famille qui s'était distinguée partout par sa vertu; celte jeune vierge ne soupirait qu'après la vie religieuse. Monsieur de Lauson, son père, notre Supérieur, ravi de voir que les inclinations de sa chère fille, favorisaient celle qu’il avait de nous faire du bien, passa un contrat avec nous, par lequel il nous donnait 12000 livres, monnaie de France, pour la dot de sa fille, à condition seulement, qu’attendu qu’elle était d’une complexion délicate, on lui servirait une entrée de table. Il avait dessein aussi de nous faire ses héritières, après avoir donné à ses neveux ce qui devait leur revenir ; mais quelques-unes de nos Religieuses craignirent que cette petite distinction que M. de Lauson demandait pour sa fille, ne causôt de la jalousie et du trouble dans la maison, elles en parlèrent à Monscigneur PEvêque qui entra dans leurs raisons, et voulut retrancher cet article du contrat. M. de Lauson s’opposa ; il eut là-dessus quelque différend avec M. de Laval. Enfin, pour terminer la dispute, il se résolut d'emmener en France sa fille. Elle partit cette année (1671) avec Mlle, Charlotte Magdeleine de la Ferté, sa cousine germaine ; il les conduisit toutes deux aux Hospitalières de Ja Rochelle, où elles ont été Religieuses, et ont beaucoup édifié et servi le couvent. M. de Lauson les gratifia de tout ce que nous aurions pu espérer.”

P. S. Une partie du plus ancien régistre de l’Etat civil, conservé à la cure de Québec, est rédigée en latin, d’une écriture et avec des abréviations qui en rendent la :s:trre très difficile. Dans un voyaye que je viens de faire à Québec, J'ai eu occasion d’examiner de nouveau ce régistre, et d’y dé

fe Anno Dni 1644, dis 29 Augusti, Ego Josephus Poncet, vices-agens parochi hujus ecclesie conceptionis imnaculats V. Mariæ, loci Quebec, baptisavi infantem pridiè natam ex Joanne Bourdon & Jacquelinà Pautel conjugibus cui impugitum est nomen annæ ; Patrini fuerunt Joannes de Lozon advena filius Dni de Lozon, Regi christianissimo à scçretioribus consiliis, et Maria LeBarbier conjux Nicolai Marsolet hnjns parochiæ."

ame pou vu Giant DENECTIAL 6 1àA Nouvelle France. Le Journal des Jésuites n’en fait pas mention. L’éfranger devait être jeune, et il ne parait pas avoir, à: ee premier voyage, fait un long séjour à Québec.

L'on voit, dans l’étude de Mtre. Audouart, Notuire à Québec, un acte du 16 Sept 1660, par lequel le Grand Sé-néchal Jean de Lauson ‘ à présent majeur de 25 ans,” confirme la renonciation par lui ci-devant faite à la succession de sa mère Marie Gaudart, par acte au Châtelet de Paris, du 24 Avril 1651, et renonce d’abondant etc., etc.

P. S. (No. 2.) Dans le même voyage récemment fait à. Québec, j’ai trouvé, dans un ancien régistre des insinuations, conservé au greffe de cette ville, copie d’un acte passé à la Rochelle, le 1er Juillet 1689, qui me porte à croire que M. Bibaud a commis une erreuren donnant le 22e jourd’Avril: 1673, comme étant le jour du décès de M. de Lauson de Charny, Prêtre ; erreur qui se rencontre par conséquent dans mon article sur la famille des Lauson, tel qu’il a été rédigé et tel qu’il est déjà imprimé, ayant cité cette date d’après M. Bibaud. Il paraît que M. de Lauson, Prêtre, vivait encore en 1689. La copie de l’acte du 1er Juillet 1689, a été enrégistrée au Grefle de la Prévoté de Québec, le 11 Novem-

nous faire du bivu,

il nous donnait 12000 livres, monnaie de France, pe

de sa fille, à condition seulement, qu’attendu qu’elle était d’une complexion délicate, on lui servirait une entrée de table. Il avait dessein aussi de nous faire ses héritières, après avoir donné à ses neveux ce qui devait leur revenir ; mais quelques-unes de nos Religieuses craignirent que cette petite distinction que M. de Lauson demandait pour sa fille, ne causât de la jalousie et du trouble dans la maison, elles en parlèrent à Monseigneur l’Evêque qui entra dans leurs raisons, et voulut retrancher cet article du contrat. M. de Lauson s’opposa ; il cut là-dessus quelque différend avec M. de Laval. Enfin, pour terminer la dispute, il se résolut d'emmener en France sa fille. Elle partit cette année (1671) avec Mlle. Charlotte Magdeleine de la Ferté, sa cousine germaine ; il les conduisit toutes deux aux Hospitalières de la Rochelle, où elles ont été Religieuses, et ont beaucoup édifié et servi le couvent. M. de Lauson les gratifia de tout ce que nous aurions pu espérer.”

P. S. Une partie du plus ancien régistre de l’Etat civil, conservé à la cure de Québec, est rédigée en latin, d’une écriture et avec des abréviations qui en rendent la lecture très difficile. Dans un voyaye que je viens de faire à Québec, Jai eu occasion d’examiner de nouveau ce régistre, et d’y dé

nir ; cette fille, elles leurs M. de ‘avec ne | :solut 1671) 54 usine res de coup de tout

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couvrir une entrée qui était passée inaperçue lors de mon premier examen. Je dois à une main habile à déchiffrer

. Jes vieilles écritures, la copie de cette entrée, que je trans-

cris ici :

Anno Dni 1644, die 29 Augusti, Ego Josephus Poncet, vices-agens parochi hujus ecclesiæ conceptionis immaculatæ *. Mariæ, loci Québec, baptisavi infantem pridiè natam ex Joanne Bourdon & Jacquelina Pautel conjugibus cui impositum est nomen annæ ;. Patrini fuerunt Joannes de Lozon advena filius Dni de Lozon, Regi christianissimo à secrctiübus consiloris, et Maria LeBarbier conjux Nicolai Marsolet hujus parochiæ.”?

Tout porte à croire que cet étranger qui n’était à Québec qu’en passant, advena, devait être le fils de M. Jean de Lauson, le même qui fut plus tard Grand Sénéchal de la Nouvelle France. Le Journal des Jésuites n’en fait pas mention.

L’étranger devait être jeune, etil ne parait pas avoir, à:

ee premier voyage, fait un long séjour à Québec. L'on voit, dans l’étude de Mtre. Audouart, Notaire à

Québec, un acte du 16 Sept 1660, par lequel le Grand Sé--

néchal Jean de Lauson “ à présent majeur de 25 ans,” con-

firme la renonciation par lui ci-devant faite à la succession

de sa mère Marie Gaudart, par acte au Châtelet de Paris, du 24 Avril 1651, et renonce d’abondant etc., etc.

P. S. (No. 2.) Dans le même voyage récemment fait à.

Québec, j'ai trouvé, dans un ancien régistre des insinuations, conservé au greffe de cette ville, copie d’un acte passé à la Rochelle, le 1er Juillet 1689, qui me porte à croire que

M. Bibaud a commis une erreuren donnant le 22e jourd’Avril

1673, comme étant le jour du décès de M. de Lauson de Charny, Prêtre ; erreur qui se rencontre par conséquent dans

mon article sur la famille des Lauson, tel qu’il a été rédigé

et tel qu’il est déjà imprimé, ayant cité cette date d’après M. Bibaud. Il paraît que M. de Lauson, Prêtre, vivait encore en 1689. La copie de l’acte du ler Juillet 1689, a été enrégistrée au Grefle de la Prévoté de Québec, le 11 Novem-

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mal

bre de la même année, (1) C’est un acte par lequel, M. Churles de Lauson, Prêtre, ‘“ demeurant en ectte ville, (c’est-àdire à la Rochelle), chez les Révérends Pères Jésuites, a déclaré que la terre de Beaumarchais, (c'est ainsi que je lis le nom), située dans la seigneurie de Beauport en la Nouvelle-France lui étant dévolue par substitution à cause du décès du Sieur Charles de Lauson, son neveu, il cédait, cède, donne et délaisse, par ces présentes, tous ses droits sur la dite terre, au Sieur Charles de Saint-Denis, son neveu, par alliance, cie.”

M. Nicolas Juchereau, Sieur de Saint-Denis, fils de Jean Juchereau, Sieur de Maure, et de Dame Marie Langlois, avait épousé, à Québec, le 22 Septembre 1649, Madetnoi: selle Marie Thérèse Gifard, fille du Sieur Robert Gilard, Seigneur de Beauport, et de Marie Renouard, sa femn.:. et sœur de Louise Giflard que M. de Lauson de Charny avait épousée le 12 Août 1652,

Du mariage du dit Sieur Juchereau de St. Denis avec la dite Marie Thérèse Giffard, naquit un enfant qui fut baptisé, sous le nom de Charles, le 26 Décembre 1655, et qui, par conséquent, était le neveu, par alliance, te M. Charles de Lauson, Prêtre, partie à l’acte du 1er Juillet 1689, c’est-àdire M. de Lauson de Charny qui avait aussi été son par-

(1) Entrée dans le Rézistre de la Prévôté de Québec, à la da e du 11 Novembre 1689, découverte depuis l'impression de mon article :

+“ Lecture faite, l'audience tenant, ‘un contrat de donation “ faite par Messire Charles de Lauson, Prêtre, “emeurant à la “ Rochelle en faveur de Charles de St. Denis, son neveu, l'acte “ de donation passé devant Zobusson, notaire eu la dite ville de la “ Rochelle, le 13 Juillet dernier, présenté par Nicolas Juchereau, ‘ Sieur de St. Denis qui en a requis l'insinuation ct déclaré qu: “ Je dit Charles de St. Denis est Charles Juchereau de St. Denis, “ son fils ; nous avons ordonné que le dit contrat sera insinué ès “ Régistres des Insinuations, de céans, pour valoir et servir ce # qu'il appartiendra, ”

rain. Le Sieur Charles de Lunson, son neveu, au décès duquel la terre sitnée à Beauport lui avait été dévolue par eubstitution, ne pouvait être autre que le fils du Grand S6néchal, baptisé, sous le nom de Charles, le 3 Août 1657 ; ct avec lui, s’est teinte, en toute probabilité, la descendance du Sénéchal, à moins qu’on ne puisse faire voir que le second fils, Jean, ait survécu à son frère, Ce serait là une preuve assez difficile à produire, D'abord, Pacte de donanation du 1er Juillet 1689 donne naturellement lieu de penser que le Sieur Charles de Lanson, du décès duquel il fait mention, n'avait plus de frère ; ensuite, son frère, Jean, devait être un enfant bien faible qui ne promettait pas d’avoir une longue vie, étant né le 6 Décembre 1655, ondoyé le 21 du même mois, et baptisé seulement le 1er Mars 1656 ; puis, le régistre des sépultures, à Québec, manque de 1669 à 1679. A moins de preuve au contraire, il est permis de supposer qu’il a pu mourir dans cet intervalle.

Puisque M. de Lauson de Charny vivait encore en 1689, et qu’il demeurait chez les R. P. Jésuites à la Rochelle, alors ce devait être lui, et non un fils du grand Sénéchal, auquel M. de la Martinière faisait allusion dans l’acte du 20 janvier 1676. (Voici ci-dessus No. 19.)

Anne DesPrès, femme du grand Senéchal vécut jusqu’en Mars 1689, ayant été inhumée à Québec le 14 de ce mois. Elle avait eu l’usufruit de la seigneurie de Lauson, ainsi qu’on peut le voir par les Régistres de la Prévoté de Québec, aux dates, entre autres, des 4 Sept. 1683, et 26 Juin 1684.

Le Sr. Charles de Lauson, le neveu de M. de Charny, avait épousé, en France, Dame Marguerite Gobelin. Dans les Régistres du Conseil Supérieur, il est fait une mention sommaire de leur contrat de mariage passé par devant Julien et Robillard, notaires au Chatelet de Paris, en date du 12 Janvier 1688. Dans ce contrat, le mari est appelé ‘ Charles Joseph de Lozon, écuyer, Seigneur de la Côte de Lozon, grand Senéchal de la Nouvelle-France.” Il ne vécut donc pas longtemps après son mariage, puisqu'il était décédé dès

avant le ler Juillet 1689. Il ne parait pas qu’il ait laissé aucun enfant. Le contrat de mariage comportait une donation universelle au profit de sa femme, ainsi que le constate la vente que la dite Dame Marguerite Gabelin fit de la seigneurie de Lauson, le 19 Mai 1690, au sieur Thomas Bertrand, bourgeois de Paris. Puis vient la mention des titres suivants :

lo. Vente par Thomas Bertrand à François Magdeleine Ruette Dauteuil de la dite seigneurie de Lauson, en date du 14 Oct. 1699 ;

20. Déclaration par le dit Sr, Dauteuil en faveur de George Régnard Duplessis. du 15 oct. 1699 ;

30. Vente par George Régnard Duplessis et Marie LeRoy sa femme au Sr. Etienne Charest, le 28 Mars 1714.

40. Vente par Etienne Charest, fils, et Catherine Trottier de la dite seigneurie de Lauson à Son Excellence sir James Murray, le 12 Février 1765. (Voir encore là-dessus l'arrêt du Conseil Supérieur du 20 Décembre 1706, Ed. et Ord. t. 2, p. 145.)

Enfin il y eut procès, au Conseil Supérieur, entre la dite Marguerite Gobelin et le Sr. Thomas Bertrand, en l’année

Par l’acte du 19 Mai 1690, la veuve du dit Charles Joseph de Lauson, et sa donataire universelle aux termes de leur contrat de mariage, a vendu au Sieur Thomas Bertrand :

lo. La susdite Seigneurie de la Citière, concédée, le 15 Janvier 1635, à François de Lauson, qui, dans l’acte de’ vente, est appelé, ‘ Sieur de l’Isle ;”?

20. La Seigneurie de Lauson, ‘ octroyée par la dite compagnie, par la délibération du 15 Janvier 1636, à Messire Jean de Lauson, Conseiller d'Etat, sous le nom de Mtre. Simon Lemaitre qui lui en a passé sa déclaration par devant Huguenier et Huart à Paris le 30 du dit mois de Janvier ;”

30. La rivière du Petit-Pré, consistant en 28 arpents de front sur le Fleuve St. Laurent, sur 14 lieue de profondeur,

te

avec le rivage de la mer, Isles, Islots et battures étant au devant des dits 28 arpents ct rivière du Petit-Pré, dont la concession avait été faite au Grand Sénéchal, Jean de Lauson, par son père, Gouverneur de la N.-F, le ler. Sept. 1652 ;

40. Une autre Seigneurie entre celle de Lauson et celle de Bellechasse, avec pareille profondeur dans les terres, concédée par le même au même, le 3 Oct. 1653 ;

5o. Dix arpents de terre, faisant partie de la ferme de la Grange, avec la cour et les bâtiments, concédés par le même au même, le 14 Août 1655;

60. La Seigneurie qui avait été concédée par le susdit Gouverneur de Lauson à son fils Louis de Lauson de la Citière et de Gaudarville, le 8 Février 1652 ;

To. Les terres concédées au même Louis de Lauson par son père le 3 Janvier 1653, près du Cap Rouge ;

80. Une étendue de terre de 3 lieues de front sur 3 lieues de profondeur, sur le Fleuve St. Laurent, comprenant la rivière au Saumon vis-à-vis l’Isle-Verte, concédée au dit Sieur de la Citière par son père, le 15 Avril 1653 ;

90. Plus 20 arpents de front sur le Fleuve St. Laurent sur une profondeur de 11 lieue, concédés au dit Sieur de la Citière par son père, le 51 Décuinbre 1653 ;

Et tout cela vendu ‘“ moyennant et pour demeurer par la dite Dame de Lauson quitte vers le dit Sieur Bertrand de la somme de quatre mille livres dont celle est, entre autres choses, débitrice envers lui”!!!

Il est vrai que plus tard elle adopta des procédés contre le dit Thomas Bertrand pour obtenir la rescision de la ven te; et un arrêt du Conseil Supérieur du 6 Oct. 1698, les renvoie au Parlement de Paris, ou en toute autre cuur ct Jurisdiction que les parties aviseraient bon être.

Le seul fait que, dans l’acte de vente du 19 Mai 1690, il. est dit que la Seigneurie de la Citière était ‘ vis-à-vis la ville de Québec,” démontre que la Dame venderesse ne connaissait pas ce qu’elle vendait.

Enfin, l’acte contient la déclaration Ne “ Appar-

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tenant à la dite Dame Venderesse en la dite qualité de donataire universelle entrevifs du dit défunt Charles Joseph de Lauson, son époux, suivant leur dit contrat de mariage ; auquel Sieur son époux tous ces biens appartenaient tant en qualité de seul et unique hérilier de Messire Jean de Lauson, son père, de Messire Jean de Lauson, Gouverneur de la dite Nouvelle-France, son ayeul, et des dits François et Louis de Lauson, ses oncles, qu’autrement à quelques titres que ce soit ou puisse être.??

Tel est le résultat de notes que j’avais recueillies sur les membres de la famille des Lauson, qui étaient venus en Canada, et qu’un voyage fait récemment à Québec m’a fourni l’occasion de rendre aussi complètes que possible. L'article est un peu long, il est vrai; mais il est bon de faire remarquer qu’il faut, pour convaincre certaines personnes, une surabondance de témoignagnes.

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