‹ De la famille des solanacées (volume 2)Chapitre 2 sur 11 · GENRE SOLANUM · texte numérisé non relu

GENRE SOLANUM

Le genre Solanum établi par Tournefort fut adopté par Linné (2), qui lui réunit les genres Melongena et fjycopersicum du même auteur. Adanson (3) conserva le genre Lycopersicum et le distingua des Solanum à cause de ses anthères adnées et de ses graines velues. Dunal (&) reconnut que chez le So^ lanum lycopersicum de Linné, les anthères ne s'ouvraient pas par des pores terminaux comme celles des autres plantes du même genre, mais que leur déhiscence était longitudinale, et comme Tavait déjà fait Mœnch (5), il se basa sur cette particularité d'organisation pour caractériser le genre Lycopersicum et pour le séparer du genre Solanum. Le même auteur fît rentrer dans le genre Wilheringia une autre espèce, le

(1) Tournefort, iMiitutiones rei Herhariœ^ p. 4 48, pi. 62.

(2) Linné, Gênera, édit. de Vienne, p. 400.

(3) Adanson, Familles nat. y t. II, p. 248.

(4) Dunal, Histoire des Solanum, 4843, p. 415.

(5) Mœnch, Methodus plantarum, p. 476 et 54 4.

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5. crassifolium de Lamarck, dool les anihères présenleut une déhiscence latérale. Quelques années après, il la replaça au milieu des Solanacées (1); en même temps, il coinpritdansle genre Solanum]es Aquartia (2), que Jacquin en avait séparés à cause de la disposition de leurs fleurs à symétrie quaternaire, les Nycterium (â) de Ventenat, dont les anthères sent légèrement arquées, et dont Tune d'elles est deux fois plus longue que les autres, les Androcera (û) de Nuttal, les Ceranthera (5) de Rafinesque. Enfin, il n'admit pas la séparation faite par Mœnch (6) des Dulcamara et des Pseudo-^Capsicum et celle des Psolanum proposée par Necker (7).

Tel que la plupart des botanistes le comprennent aujourd'hui, le genre Solanum se compose de plantes herbacées, sous-frutescéntes, frutescentes ou arborescentes, qui croissent dans toutes les régions tropicales et tempérées. Les feuilles sont simples, plus ou moins divisées ou découpées, alternes et solitaires ou rapprochées par paires ; les fleurs ordinairement blanches ou violettes, sont parfois jaunes. Les infloi*escences, normalement terminales, se trouvent souvent modifiées par la coalescence ou l'entraînement des rameaux, et paraissent alors axillaires, extra-axillaires, en cymes tantôt simples, tantôt dichotomes, en corymbes ou en panicules. Les fleurs hermaphrodites deviennent parfois stériles par l'avortement du pistil. Le principal caractère qui permet de dis- V tinguer toutes les espèces de ce genre réside dans les éta-

(4) Dunal, dans le Prodromus de De Gandolle, 4852, t. XIU, p. 77.

(2) Jacquin, Stirpium americanarum Historia, p. 4 5.

(3) Ventenat, Jardin de la àlaîmaison^ p. 85. ^

(4) Nuttal, Gen. of North- American plants^ pi. 429.

(5) Bafinesque, American tnonlMy reposU^ 484 8.

(6) Mœnch, loc, cit.

(7) Necker, Élém. boL, n*» 707, 708.

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mines dont les filets très*courts, et ordinairement égaux, supportent des anthères^conniventes, rarement connées, biloculaireSy eis'ouvrant à leur sommet par deux pores terminaux. \x fruit est une \me presque toujours biloculaire.

Ce genre est très-nombreux en espèces. En 1813^ Dunal en connaissait déjà près de 250; en 18&1, M. Steudel en citait plus de 500, dont M. Walpers réforma quelques-unes qui n'étaient que nominales, il en réduisit le nombre à &52. Depuis cette époque, la liste s^en est encore beaucoup accrue, et aujourd'hui on compte plus de 900 espèces de Solanum. Il est très-difficile d'y établir des subdivisions; car toutes ces plantes se ressemblent beaucoup, et les caractères qui permettent de les distinguer ne sont que d'une très-faible importance. Linné et la plupart des botanistes qui sont venus depuis se sont basés, pour diviser ce genre, sur l'existence ou sur Tabsence de piquants. Ce mode de classification est tout à fait artificiel, car certaines plantes pour\ues d'aiguillons les perdent quand on les transporte d'un climat à un autre ; un même semis peut présenter des individus aiguillonnés, tandis que d'autres n'en présentent pas. Ce mode de classification n'a pas d'autre avantage que de permettre d'arriver plus facilement à la détermination des espèces. Nous ne nous occupe* rons ici que des plus importantes au point de vue botanique, pharmaceutique, médical ou économique.

Le Solanum tuberosum (1), ou Pomme de terre, peut être pris comme le type de ce genre. Celte plante parait originaire du Pérou, où depuis des siècles elle est cultivée pour servir'à Talimentation ; elle est répandue aujourd'hui sur presque toute la surface du globe. C'est une plante herbacée,

(4) Linné, Spec, édit. 1, pi. <«, p. 4 85.

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à souche vivace , à tige anguleuse, rameuse, s'élevant de h5 à 50 centimètres; sa surface est légèrement velue. Les feuilles sont ailées avec impaire, à segments inégaux, ovales et alternativement grands et petits. Les fleurs sont tantôt blanches, tantôt d'un blanc rosé ou violacé; Taxe primaire, après avoir fourni un nombre plus ou moins considérable de feuilles disposées d'après Tordre 2/5, s'appauvrit et se termine en apparence par un corymbe de fleurs. Cet appauvrissement de la tige est le plus souvent masqué par le dévdoppement graduel d'un rameau avec lequel le pédoncule du corymbe se soude dans une certaine étendue, de sorte que l'on pourrait prendre au premier aspect cette extrémité de la tige pour un simple rameau florifère (1).

Les fleurs se composent d'un calice campanule, velu, à 5 divisions peu profondes et aiguës qui se développent dans Tordre qumconcial. La corolle est rotacée, découpée en 5 lobes anguleux, plissés, plus épais au milieu, disposés dans Tordre quinconcial, alternes avec les sépales et avec les étamines qui sont au nombre de 5, à filets courts et égaux, à anthères conuiventes, renflées à la base, et ayant dans leur ensemble la forme d'un cône tronqué. L'ovaire conique, glabre et biloculaire, est surmonté par un style qui dépasse les étamines et se termine par un stigmate globuleux, capité, bilobé. Le fruit est une baie biloculaire, presque sphérique, noirâtre, et portant des graines nombreuses sur des placentas saillants, attachés au milieu de la eloison.

Un des caractères principaux de cette plante réside dans la propriété qu'elle a de produire, sous terre, de gros tubercules oblongs ou arrondis, contenant une grande quantité de

{\) Voy. Naudin, loc, cit,^ p. 6.

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fécule, et portant à leur surface de petites dépressions en nombre variable, au fond de chacune desquelles se trouve un bourgeon. Anciennement on avait pris ces tubercules pour des dépendances de la racine, analogues à ceux du Dalhia; mais les observations de Knigbt, de Dupetit-Thouars, deDunal, de Dutrochet et de Turpin, ont montré que ces productions n'ont aucun rapport avec les racines; ce sont des réservoirs de fécule, accumulée à l'extrémité de branches ou de bourgeons souterrains : ce qui le prouve, c'est qu'on peut à volonté transformer les bourgeons normaux, ceux qui naissent à Tair, à l'aisselle des feuilles, en véritables tubercules. Pour cela il suffit d'arrêter le cours de la sève et de la diriger vers ces bourgeons en Tempêchant de $0 rendre dans les feuilles supérieures; c'est ce que l'on obtient en courbant la tige, ou en faisant une incision transversale un peu au-ifessus de la base; on voit alors les bourgeons axillaires se renfler en tubercules de couleur verte, qui portent de petites feuilles normales. Les tubercules souterrains présentent d'ailleurs une structure analogue à celle des tiges: si l'on en examine une coupe transversale, on trouve au ^centre uqe masse cellulaire analogue à la moelle et formant la plus grande partie du tubercule; autour sont quelques vaisseaux assez rares, mais disposés circulai rement avec régularité et représentant la zone ligneuse. Plus en dehors vient une zone celluleuse, comparable à l'écorce, recouverte par l'épiderme. Si ces preuves physiologiques et anatomiques ne suffisaient pas, on pourrait en trouver d'autres dans l'examen organographique ; en effet, si l'on étudie l'arrangement des yeux à la surface du lubercule, on voit qu'ils ne sont pas disposés sans ordre, mais placés régulièrement sur une spire analc^ue à celle des rameaux aériens.

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Le SoLANUM DutCAMARA (1), appelé vulgairement Doweamère^ Vigne de Judée ^ est très -répandu dans toute la France. C'est une plante ligneuse et grimpante qui croit dans les baies et sur le bord des bois ; la tige, qui atteint jusqu'à 2 mètres de hauteur, est cylindrique, pubescente, ligneuse à la partie inférieure, herbacée au sommet. Elle est divisée dès sa base en rameaux sarmenteux qui ne se soutiennent qu'à Taide des branches des arbres voisins. Les feuilles sont alternes, pétiolées, légèrement pubescentes; les unes trèsentières et ovale-lancéolées, les autres profondément auriculées à leur base, trilobées, le lobe médian étant bien plus grand que les latéraux ; elles sont très-irrégulières et parfois à 5 lobes. Les fleurs sont violettes et disposées en cyme unipare scorpioïde, bien qu'elles aient l'aspect de cymes bipares; mais en y regardant avec attention, on voit chaque axe se succéder l'un à l'autre sur un même côté. Le calice (fig. 3, a, b) monosépale ' est très - petit , à 5 divisions arrondies qui se développent en préfloraison quinconciale (a) ; la corolle gamopétale rotacée/ découpée en 5 grands lobes étroits, marqués à leur , naissance de deux taches vertes • glanduleuses; les pétales alternes avec les sépales se développent en préfloraison val- i vaire. I>es étamines ((;), au nombre de 5, alternent avec ' ^'^ ^

les divisions de la corolle

et s'ouvrent comme celles du

4)IinDé, Spee., édit.I, pi. 2, p. 264.

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Solanum ^wéeroswm. L'ovaire, allongé, entouré à la base d'un dfsque glanduleux, est Wloculaire, surmonté d'un style simple, terminé par une tôte bilobée stigmatifère (d). Les ovules sont anatropes et placés , dans chaque loge , sur un gros placenta saillant. Le fruit, protégé à sa partie inférieure par le calice persistant, est bacciforme, ovoïde» d'un beau rouge, contenant un grand nombre de graines dont chacune renferme un embryon courbé enlouré par l'albumen. La ÏDouce-Amère est une plante très-variable; les fleurs, ordinairement violettes, sont parfois blanches ou roses ; les lobes de la corolle sont plus ou moins allongés, les feuilles plus ou moins découpées. On a décrit, sous des noms particuliers, une quinzaine de variétés de cette espèce.

Le Solanum montanum (1 j est désigné sous le nom de Papa montana au Pérou , où on le rencontre dans les parties montagneuses. C'est une plante à racine tuberculeuse, à tige herbacée très-petite ; à feuilles ovales, dentées sur les bords, longuement pétiolées. Les fleurs sont portées sur des pédoncvXes solitaires ; le calice est vert et 5-partite : la corolle campanulée est rose et découpée en 5 lobes; les graines sont pourpres. On ne connaît pas le fruit.

Le Solanum muricatum (i) est originaire du Pérou. C'est une plante frutescente, rugueuse, couverte de poils simples, diaphanes jet blanchâtres; la tige ascendante porte des feuilles longuement péliolées, inégales â la base, et couvertes de poils disposés en série; les fleurs, portées sur de longs pédoncules, sont réunies en cymes; le calice présente 5 divisions inégales,

(4) Linné, Spec.^ édit. I, pi. 2, |^ S66.

(5) Aiton, JflorhiB KcWensis, 1. 1, p. 250, d'après Wildenow, Spec, 1789, pi. 4, p. 4037.

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ovales et acuininées; la corolle blanche, bordée de violet, est plissée, anguleuse à 5 divisions peu profondes; les étamines, au nombre de 5, alternent avec les pétales et s'ouvrent par des pores dont l'ouverture est large et bâillante; le style droit et dépassant les étamines, se termine par un stigmate bifide; l'ovaire se transforme en une baie pendante ovale, blanche tachetée de rouge ; le péricarpe en est très-charnu. On distingue deux variétés de Solarium muricatum : l'une, désignée sous le nom de parvifolium, se distingue par ses dimensions réduites, et se rencontre au Mexique; l'autre, appelée S. dissectum, présente des feuilles pennatiséquées.

Le SoLANUM CRispuM (1) cst trés-aboudant au Chili et au Pérou, où on le désigne vulgairement sous le nom de Notre. C'est un arbrisseau à feuilles souples, indivises, entières, cordiformes, légèrement crépues sur les bords ; les plus jeunes sont couvertes d'un fin duvet, les autres sont glabres. Les fleurs disposées, en corymbe, se composent d'un calice en forme de coupe tronquée à 5 dents subulées, courtes et vertes, d'une corolle d'ua bleu plombé, découpée en. 5 lobes ovales et aigus. Les étamines, en même nombre que les pétales et alternes avec eux, sont toutes égales , à anthères étroites. Le style filiforme dépasse les étamines, il s'infléchit à son extrémité. L ovaire se développe en une baie blanchâtre de la grosseur d'un pois.

Le SoLANUM NLGRUM (2), conuu sous le nom de M or elle notre, Mourelle^ Crève-chien^ est la plus commune des plantes du genre ; elle se rencontre le long des haies et près des lieux habités. Sa racine fibreuse et blanchâtre donne naissance à

(«) Ruii et Pa^OD, Flora P^ruviana, t. II, p. 31 , pi. 458;Ûg. a. (2) Lioné, Spee., édil. I, p. 266.

À. MILRE EDWARDS. ^

une lige d'environ 30 centimètres, herbacée, rameuse et pubescente. Les feuilles- sont pétiolées, ovales, dentées^ anguleuses, d'une consistance molle et d'un vert foncé. L'axe primaire, après avoir produit un certain nombre de feuilles, se bifurque, ou, pour parler plus exactement, se trouve supplanté par deux rameaux nés au-dessus des feuilles correspondantes, et $e termine lui-même en un corymbe qui est entraîné par le rameau usurpateur le plus vigoureux. Les fleurs sont blanches et petites, elles se composent d'un calice à 5 lobes courts et aigus, d'une corolle gamopétale, rotacée, divisée en 5 lobes pointus et rabattus en dehors. Les étaroines, au nombre de cinq, alternent avec les divisions de la corolle; les anthères sont conniventes. L'ovaire se transforme en une baie sphérique, luisante 'et noire à maturité, marquée d'un point au sommet et ressemblant beaucoup à un fruit de ca^is.

Le SoLAîcujf EscuLENTUM (1), conuu vulgairement sous les noms d'AuberginCy Mélongène, Melanzane^ Mayenne^ Verangeane, est originaire de l'Inde et se trouve sauvage à Java, à Ceylan et à Ttle Maurice. Elle a été introduite en Europe, et aujourd'hui on la cultive sur une grande échelle dans nos départements méridionaux. C'est une plante annuelle. La tige herbacée, mais résistante, s'élève rarement à plus de 50 centimètres, elle est parfois épineuse, plus souvent inerme et toujours glabre, verte ou rougeâtre. Les rameaux sont couverts de poils étoiles et sessiles. Les feuilles portées sur de longs pétioles sont grandes, ovales, sinuées sur le bord, à base iné^ gale; leur face inférieure est couverte de longs poils blanchâtres et' étoiles. Les fleurs sont grandes, blanches ou vio-

(I) Duoal, Solan.y p. 308. — Solanutn melongena (Linné, Spee., édit. I, p. 266).

lacées, marquées intérieurement d'une tache jaune et portées sur des pédoncules réfléchis et renflés au sommet. Le calice présente de 6 à 9 divisions longues, aiguës , subulées; la corolle est grande, ofirant de 6 à 9 lobes larges, aigus, tomenteux en dessous. Les étamines sont en même nombre que les divisions de la corolle et alternent avec elles. Le fruit est une baie pendante, charnue, glabre, luisante, ordinairement violette, quelquefois jaune, contenant une chaire blanche. On y compte A, 5 ou 6 loges, renfermant des graines petites, nues, blanches^ très- comprimées. Sous Tinfluencexle la culture le fruit prend des dimensions énormes, on en voit souvent qui ont plus de 20 centimètres de Jongueur.

Le SoLANUM gnâphauoides (1) croit au Pérou dans les en* droits froids et ombragés; c'est un arbuste à lige droite, arrondie, rameuse, portant des feuilles lancéolées, glabres, lisses et pétiolées. Les fleurs disposées en ombelles se composent d'un calice tomenteux, d'une corolle violacée, trois fois plus grande que le calice. Le fruit est une baie d'un rouge sombre, de la grosseur d'une amande.

Le SoLANUM FSEUBO GAPsicuM (2), OU Môrclle faux piment, appelé aussi Pommier d'amour^ Cerisette^ Petit cerisier d'hivei\ A morne des jardiniers^ est originaire de l'île de Madère. Cette espèce a été introduite, il y a de longues années, en France, on on la cultive dans les jardins. Il paraîtrait même que, dans le Béarn, au village d'Arette, elle se ressème d'elle-même et vit sauvage le long des murs. Au Brésil, elle s'est également natu raliséc. C'est un arbrisseau haut d'environ 1 mètre, à feuilles

(<) Persoon, Enchiridium, t. I, p. 223.

(2) Uoné, Spec. édit I, p. 263.

lancéolées, oblongues, étroites, pétiolées et persi^antes. Les fleurs sont portées sur des pédoncules solitaires courts et réuuis à deux ou trois. Le calice présente cinq divisions de couleur verte ; la corolle est découpée en cinq lobes ; le fruit e^ une baie globuleuse rouge et ressemblant à une cerise ; il persiste toute l'année.

Le SoLANUM PSEUDO-QUINQUINA. (1), Morelle faux quinquina ou Quina de SaintrPaul^ est originaire du Brésil. C'est un arbrisseau à feuilles entières, étroites et lancéolées, glabres i leur face supérieure, couvertes en dessous, dans les angles formés par la ramification des nervures, de faisceaux depoils. Le calice présente 5 dents légèrement inégales et persistantes. Sur les exemplaires de, cette espèce , conservés au Muséum de Paris, les fleurs et les fruits manquent. D'après Auguste Saint -Hilaire, le fruit serait une baie petite, globuleuse et glabre.

LeSoLANUM NEMORENSE (2)setrouvedanslesforôlsduPérou, où il se (jlistingue, parmi toutes les espèces que nous venons de passer en revue, par les aiguillons qui arment les liges, les rameaux et la face dorsale des nervures des feuilles. C'est un arbuste à tige anguleuse, rameuse, et portant des feuilles sessiles ou presque sessiles : les unes, plus grandes, sont oblongues, à lobés aigus; les autres, plus petites, sont ovales et entières. Toutes sont glabres, vertes, à nervures pourprées, inermes en dessus, épineuses en dessous. Les fleurs, disposées en cymes, se composent d'un calice en forme de coupe, glabre, divisé en 5 dents ; d'une corolle trois fois plus grande que le calice,

(4) Aug. Saint-Hilaire, Plantes usuelles, pi. 24.

(2) Dunal, Hist. des Solanum^ 48f3, p. 494, et De Gandolle, Prodromus, l. Xm, p.249.

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violacée, glabre et découpée en 5 lobes lancéolés. Les élamînes, longues et égalés, se composent d'un filet très-court et d'an* thères ventrues à la base et acuminées au sommet. L'ovaire, ovoïde et glabre, est surmonté d'un style cylindrique, droit, rougeâtre, et égalant les étamines; il se termine par un stigmate petit, suborbiculaire et concave. Les baies globuleuses protégées par le calice accru, sont de la grosseur d'une petite poire; leur couleur est d'un jaune doré.

Le SoLANUM SAPONACEUM (1), qiii se trouve aussi au Pérou, est un arbrisseau à tige droite, épineuse et légèrement anguleuse. Les épines, peu nombreuses, sont longues, droites, rigides, jaunâtres, éparses sur la tige , les rameaux , les pétioles et la face dorsale des feuilles. \^ feuilles, ordinairement géminées, sont ovales -oblongues, à bords sinueux. Les fleurs» disposées en corymbes^ se composent d'un calice en forme de coupe profondément 5-fide, à divisions lancéolées et aiguës; la corolle, violette et trois fois plus longue que le calice, est découpée en 5 dents profondes et aiguës. ' Les élamines sont égales, à filets très-courts, supportant des anthères conniventes, ovales, acuminées. Le style, plus long que les étamines, se termine par un stigmate bifide; la baie est globuleuse et orangée.

Le SoLANUM PANiGULATUM (2) crott au Brésil. C'est un arbrisseau dont les rameaux, d'un brun pourpre, portent des épines rares, droites, tomenteuses dans le jeune âge. Les feuilles sont larges, cordiformes, profondément anguleuses, aiguës, inermes et tomenteuses en dessous, glabres en dessus.

(l)DuDal, BiBtaire des Solanum, p. 206 — Prodromus, 4852, I. XIII, p. 274.

(2) liDDé, Spee., édit I, p. 267.

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Les fleurs, disposées en panicules terminales, sont d'une belle couleur violette; le calice, très-ouvert, est découpé en 5 dents réunies à leur base par une membrane transparente. La corolle, très ouverte et même réfléchie, est 5-fide; les étamines, frès-courtes, se composent d'un filet très-grêle, supportant dos anthères étroites, oblongues, jaunes dans le jeune âge, noires après la déhiscence. L'ovaire est globuleux, poilu au sommet.

Le SoLANUM ALBiDUM (1) est Originaire du Pérou ; il se rapproche beaucoup de l'espèce précédente. C'est un petit arbre à tige droite, épaisse et épineuse. Les feuilles sont solitaires ou géminées , les supérieures présentent [de 7 à 9 lobes, les inférieures sont sinueuses, inégales à la base, glabres et lisses en dessus, tomenteuses en dessous. Les fleurs, disposées en cymes, ont un calice petit, une corolle blanche très-ouverte, réfléchie, profondément [5-fide. Le style, articulé à la base, est flexueux, pourpre, et terminé par un stigmate à deux pointes filiformes. La baie est globuleuse et d'un jaune tirant sur le rouge; quelquefois elle est noire.

Le SoLANUM MAMMOSUM (2) a été trouvé au Mexique, dans la Virginie, dans la Caroline, la Guyane, etc. C'est une plante à tige herbacée, dont les rameaux sont couverts de poils longs, blanchâtres et mous, et d'aiguillons comprimés, droits ou dirigés en bas. Les feuilles sont pétiolées^ à bords lobés, à surface très-villeuse , à nervures armées de fortes épines. Les pédoncules floraux sont inermes quand ils portent des fleurs stériles, armés d'aiguillons sous les fleurs fertiles. Le

(1) Dunal, HisL des Solanim, p. 206.

(î) Linné, Spec, édit. I, p. 267.

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