CAPSULE S’OUVRANT PAR QUATRE VAI.VES
DATUREÆ.
GENRE DATÜRA (1),
Le genre Datura se compose de plantes herbacées, annuelles ou vivaces, et d’arbrisseaux à odeur vireuse et désagréable, originaires de l’Amérique et de l’Asie tropicale, d’où ils ont été introduits en Europe. Les feuilles sont pétiolées, oblonaues ou ovales, souvent dentées. Les fleurs, solitaires, grandes, blanches.ou violettes, se composent d’un calice tubuleux à 5 divisions, dont une partie seule persiste après la fécondation, d’une corolle in/undibuliforme à limbe grand et très-ouvert;
(1) Linné, üen., p, 246. '
les étamines, au nombre de 5, insérées au tube de la corolle, incluses ou subexserles, présentent des anthères à déhiscence longitudinale. Le fruit est une capsule plus ou moins épineuse à !i loges incomplètes, renfermant des graines nombreuses réniformes. Elle s’ouvre par k valves au point de jonction des cloisons.
Le Datüra stramonium, Lin. (l), ou Pomme épineuse, appelé aussi Slramoine, Endormie, Herbe aux sorciers, Herbe aux diables, croît communément en France, mais il se rencontre également dans presque toutes les parties du monde, à l’exception de l’Australie; on pense qu’il est originaire de l’Amérique et qu’il s’est propagé de là en Europe. Cependant on le trouve depuis des siècles, en France, en Grèce, dans la région Caucasique, dans la Syrie. Il croît dans les
lû.
(I) Stramonium vient probablement de orpuxvov pavij^ov, nom sous lequel Dioscoride désigne une Solanée dont l’ingestion est suivie de délire, et que l’on pense être soit la Relladone, soit la Stramoine.
décombres, dans les lieux arides et incultes. La tige, ronde, verte, très-rameuse, atteint de 1 mètre à 1 mètre et demi, tes racines sont blanches et flbreuses, les feuilles sont pétiolées, larges, anguleuses, pubescentes, aiguës. Leur couleur est verte sur les deux faces, leur odeur est vireuse. Les fleurs (fig t6, a, b) sont grandes, solitaires, terminales, extra-axillaires ; le calice, gamosépale, est en préfloraison valvaire, c’est-à-dire que les sépales se touchent par leurs bords contigus, comme les battants d’une porte, il se termine par 5 petites dents et est en partie caduc, car après la fécondation son extrémité supérieure se détache et tombe, tandis que son extrémité inférieure persiste et forme une courte collerette rabattue, qui supporte le fruit, La corolle est d’une couleur blanche violacée, elle est grande et beaucoup plus longue que le calice, les 5 pétales se développent en préfloraison tordue; le limbe est évasé, plissé et terminé par 5 dents petites et aiguës. L’androcée se compose de 5 étamines alternes, avec les divisions de la corolle, elles sont complètement incluses. L’ovaire est pyramidal, sa surface est hérissée de petites pointes et présente la trace de quatre sillons : un antérieur, un postérieur et deux latéraux ; le style e.st long et terminé par deux palettes stigmatifères. L’ovaire ne présente dans le principe que deux loges (fig. 16, c), l’une antérieure, l’autre postérieure, mais bientôt par le progrès du développement chacune se partage en deux fausses loges, d’abord incomplètes {d'y, mais qui ne tardent pas à se clore (e) à l’aide d’une cloison qui s’avance de plus en plus du centre vers la périphérie, mais qui n’atteint pas le sommet du fruit. Le fruit (f) est une capsule verte, de la grosseur d’une petite châtaigne, à laquelle elle ressemble par les piquants qui la hérissent. A ri'poquc do la maturité le fruit s’ouvre en 4 valves et
découvre les l\ loges sur le plaeenla desquelles sont des graines nombreuses, assez grosses, noires, réniformes, comprimées et un peu rugueuses. D’autres espèces de Datura, se cultivent communément dans les jardins. Les principales sont :
Le Datura tatula (1) du Pérou est une belle plante annuelle, qui ressemble beaucoup à la Stramoine, dont elle n’est peut-être qu’une variété; elle atteint une taille double. Ses tiges sont pourprées, ses feuilles ont des dentelures plus aiguës, ses corolles sont plus grandes, ses fruits et ses graines sont semblables.
Le Datura ferox (2) a les feuilles moins sinueuses, légèrement velues le long des nervures. Les fleurs sont plus petites, et par contre, les capsules sont armées de pointes plus fortes dont les quatre supérieures, plus robustes et plus longues que les autres, sont convergentes.
Le Datura inermis (3) se reeonnaît à ses capsules dépourvues de piquants et de poils.
Le Datura fastuosa (Zi) est remarquable par les dimensions des fleurs, blanches à l’intérieur, violettes à l’extérieur ; les capsules sont tuberculeuses, mais peu épineuses.
Le Datura mFtel (5) est originaire de l’Inde où il est 'connu sous le nom de Métiiel, ses fruits sont désignés par les Arabes .sous le nom de Noix de métliel; cette plante est
(!) Linné, loc. cit., p. 256. #
(2) Linné, Amæn. acad., t. III, p. 403.
(3) Jacqiiin, Horl. vind., t. III, p. 44, pi. 82.
(4) Linné, Spcc., p. 256.
(6) Linné, loc. cil,, p. 256.
t. MILNE EnWARDS.
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iuinuelle, couverte de feuilles entières, longuement pétiolées, pubescentes, ses fleurs sont placées dans la bifurcation des rameaux, leur couleur est blanche; les capsules sont globuleuses et très-épineuses.
Le Datüra auborea (1) est un arbrisseau du Pérou qui en quatre ou cinq ans atteint jusqu’à 2 et 3 mètres, ses feuilles souvent géminées, sont ovales lancéolées ou oblongues, glabres en dessus, un peu pubescentes en dessous, les fleurs sont axillaires, pendantes et longuement pédonculées, leurs dimensions sont remarquables; en effet, les corolles, de couleur blanche, ont parfois plus de 35 centimètres sur un diamètre limbaire équivalent. Ces fleurs exhalent en tout temps, et surtout vers le soir, une odeur des plus agréables.
Le Datüra süaveolens (2) du Chili se fait remarquer par la môme propriété odorante. Ses fleurs, de môme que les précédentes, sont blanches et très-longues.
Le Datüra pseudostramoniüm (3) a été découvert à la Martinique, cette espèce croît aussi à Saint-Domingue. Comme son nom l’indique, elle ressemble beaucoup au Stramonium, dont elle n’est probablement qu’une variété, elle s’en distingue cependant par les fortes épines qui hérissent le fruit.
genre SOLANÜRA (4). .
Le genre Solandra a été établi, par Swartz, sur une seule espèce, originaire de la Jamaïque, à laquelle il donna le nom
(1) Linné, loc. ci<.,p. 28G.
(2) liumb. et Bonpl., inéJit. — VVilldenow, Enumérai., p. 227.
t3) Siüb., Hcb. mari., p. 286.
(4) Swartz, Ad, holmiens. 1787, p. 300.
de Solandra grandiflora, depuis cette époque les limites de celte division ont été étendues et aujourd’hui elle renferme 9 espèces. Les Solandra présentent beaucoup d’analogie avec les Dalura, mais ils s’en distinguent par plusieurs caractères et particulièrement par leur fruit charnu, dont la saveur est agréable et acidulé. Ce sont des plantes frutescentes et sarmenteuses, qui ne se rencontrent que sous les tropiques; les feuilles sont alternes entières; les fleurs sont grandes, solitaires et terminales; le calice tubuleux est 2, 3, 5-tide, la. corolle infundibuliforme présente un limbe plissé, à 5 lobes ondulés; les étamines, au nombre de 5, alternent avec les divisions de la corolle et portent des anthères à déhiscence longitudinale; l’ovaire est incomplètement /i-loculaire, à placentas rnultiovulés et surmonté d’un style simple à stigmate en tète.
Les genres Ectozoma (1) et Dycliocalyæ (2) doivent se placer à côté des Solandra, ils sont peu connus et peu impoitants, chacun ne renferme qu’une seule espèce originaire de l'Amérique du Sud.