CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Beaucoup d’anciens auteurs, qui étaient à la fois botanistes et médecins, paraissent avoir pensé que les plantes qui se ressemblent par leurs formes extérieures se ressemblent aussi par leurs propriétés, et vers la fin du xvii“ siècle, cette opinion fut nettement énoncée par Camerarius, de Tubingue (1); à une époque moins éloignée de nous, elle fut soutenue aussi par Linné (3) et par Antoine Laurent de Jussieu (3), mais elle ne fut assise sur des bases larges et solides que par les travaux d’un illustre professeur de l’école de Montpellier, Auguste Pyrame De Candolle, qui, après l’avoir soutenue dans sa thèse inaugurale, la développa dans un ouvrage intitulé : Essai sur les propriétés médicinales des plantes, comparées avec leurs formes extérieures et leur classification naturelle (4). Dans ce travail. De Candolle s'appliqua à établir que les espèces appartenant à une même famille naturelle, se ressemblent entre elles, par leur mode d’action sur l’économie animale, aussi bien que par leurs caractères organiques. Cependant il ne put méconnaître que le groupe des Solanacées échappait à la règle, telle qu’il l’avait posée, car
( I ) De convenientia planlarum in fructificatione et viribus, 1699.
(2) Médicamenta graveoleiilia amaeuüates academicte, 1758, t, V, p, 1.18.
(3) Mém. de la Soc. de méd., 1786, p. 188. »
(4) l'ithlié en 1816.